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FRANCE

Jusqu'à trois ans de prison ferme requis contre les émeutiers

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/07/2009

Des peines allant jusqu'à trois ans de prison ferme ont été requises à l'encontre des dix prévenus poursuivis pour le caillassage d'agents de police lors des émeutes de Villiers-le-Bel, une commune de la banlieue parisienne, en 2007.

AFP - Des peines allant de 12 mois de prison avec du sursis à trois ans de prison ferme ont été requises vendredi à l'encontre des dix prévenus qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Pontoise pour le caillassage de policiers à Villiers-le-Bel en 2007.

Le jugement a été mis en délibéré au 17 juillet.

Dans ce premier procès consacré aux violences ayant éclaté à Villiers-le-Bel les 25 et 26 novembre 2007, après la mort de deux adolescents dans la collision de leur mini-moto avec une voiture de police, dix prévenus comparaissent libres depuis jeudi et jusqu'à vendredi soir.

Lors de ces violences, une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu et jets de projectiles, un commissaire roué de coups, des bâtiments publics et des commerces détruits.

Alors que l'enquête principale qui concerne les tirs par arme à feu contre les forces de l'ordre donnera lieu à un autre procès, aux assises fin 2009, les dix prévenus répondent uniquement des jets de projectiles sur des policiers, en réunion, avec guet-apens.

Les peines les plus fortes requises par le procureur Emmanuel Gerard concernent les prévenus en récidive légale. Il a ainsi demandé trois ans de prison et un mandat de dépôt contre Wilfried Fie, Terki Bouchiba et Mathieu Bozor qui seraient en état de récidive s'ils devaient être condamnés.

A contrario, les peines les plus "légères" ont été requises à l'encontre des prévenus sans casier judiciaire ou ayant reconnu, en partie, les faits qui leur sont reprochés. Douze mois de prison assortis "d'un large sursis" ont ainsi été requis contre le seul prévenu au casier vierge, Kevin Acar.

Les prévenus encourent jusqu'à sept ans d'emprisonnement.

"Il y a la volonté de tuer de la part de personnes qui ont prémédité leur action", a déclaré le procureur en insistant sur les "guet-apens" tendus à la police.

"Je ne vois pas le rapport entre un accident de la circulation et le fait d'incendier une école, ça m'échappe", a-t-il dit alors que l'incendie de l'école de Villiers donnera lieu à un autre procès.

Le procureur a aussi affirmé qu'"aucune faute pénale ne peut être retenue contre les policiers" à bord de la voiture qui a percuté les deux adolescents en mini-moto alors que l'instruction du dossier portant sur la collision mortelle n'est pas officiellement terminée.

Le procureur s'est ensuite tourné vers les policiers, parties civiles, pour leur dire : "Je vous remercie tous de ne pas avoir fait usage de vos armes, c'est un courage extraordinaire".

"Ce réquisitoire manipule la réalité d'autres dossiers auxquels nous n'avons pas accès. Il est très sévère dans la forme mais pas dans le fond puisque les peines requises correspondent aux peines réclamées dans ce genre de dossiers", a réagi Me Jean-Christophe Tymozko, avocat d'un prévenu.

Les avocats de la défense ont tous insisté sur le manque de preuves dans le dossier. "Les seuls éléments que vous avez ce sont des déclarations des prévenus. Sinon vous n'avez aucun élément à charge, vous n'avez que des doutes", a déclaré Me Adèle Vanhaecke avant de plaider la relaxe de Wilfried Fie.

"L'examen de ce dossier est quasiment impossible", a souligné Me Amar Bouaouh, pointant le décalage entre les "200 personnes" qui ont participé aux émeutes et les dix prévenus qui sont dans la salle.

Les deux avocats des 31 policiers parties civiles avaient réclamé peu avant entre 900 et 3.000 euros d'indemnisation pour chacun de leurs clients au titre du préjudice subi. Jeudi ces policiers avaient décrit des "émeutes particulièrement violentes" et "très organisées".
 

Première publication : 04/07/2009

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