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Pyongyang choisit la fête nationale américaine pour tirer sept missiles

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/07/2009

Pour la deuxième fois en une semaine, la Corée du Nord a procédé à sept tirs de missiles de courte portée en mer du Japon. Les États-Unis, qui célèbrent ce samedi leur fête nationale, appellent le pays à "ne pas aggraver les tensions".

AFP - La Corée du Nord a procédé samedi, pour la deuxième fois de la semaine, à une série de tirs de missiles, vraisemblablement pour adresser un message aux Etats-Unis qui célébraient le même jour leur fête nationale.

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, sept engins de courte portée (entre 400 et 500 kilomètres) ont été tirés en mer du Japon depuis la côte orientale du pays communiste.

Ces tirs constituent une violation flagrante de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU interdisant au régime tout essai nucléaire ou tir de missile.

L'agence de presse sud-coréenne Yonhap a annoncé qu'il s'agissait de Scud ou de Rodong-1, dont la portée théorique (1.000-1.300 kilomètres) aurait été bridée.

Pyongyang avait testé jeudi quatre missiles, mais dont le rayon d'action n'avait été estimé qu'à 120 kilomètres.

Déjà en 2006, la Corée du Nord avait privilégié la date de la fête nationale américaine pour tirer sept missiles, dont un Taeopodong-2 à longue portée (6.700 kilomètres) censé pouvoir atteindre l'Alaska. L'engin avait explosé peu après le décollage.

"La Corée du Nord devrait éviter toute action pouvant aggraver les tensions et se concentrer sur les négociations de dénucléarisation et la mise en oeuvre de ses engagements", a déclaré un porte-parole du département d'Etat américain, Karl Duckworth.

"Ce que la Corée du Nord doit faire, c'est remplir ses obligations et ses engagements internationaux", a-t-il dit.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a exprimé son "profond regret" face aux actions décidées par Pyongyang "au mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU".

Le Japon, sur les dents à chaque regain de tension avec Pyongyang en raison de sa proximité géographique et du passif entre les deux pays, a condamné "un grave acte de provocation".

Pour la Russie et la Chine, la seule solution est la reprise des négociations à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Japon, Russie, Chine, Etats-Unis) sur le nucléaire nord-coréen, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères à l'issue de consultations russo-chinoises.

"Les parties sont convaincues qu'il n'y a pas d'alternative aux négociations à six, qui restent un instrument efficace pour régler le problème nucléaire de la péninsule coréenne, et appellent à leur reprise le plus vite possible", selon un communiqué du ministère russe.

Londres a dénoncé les "nouvelles provocations" de Pyongyang. "Je condamne les tirs de missiles effectués par la Corée du Nord en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré dans un communiqué le ministre britannique des Affaires étrangères britannique, David Miliband.

"La France condamne les essais de missiles" de samedi, a aussi déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. "Elle appelle la Corée du Nord à s'abstenir de toute nouvelle provocation et à mettre en oeuvre sans délai les résolutions du Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.

En Israël, un ministre a jugé trop timide la réaction de Washington. "Je suis très inquiet de la réaction des Etats-Unis aux grossières provocations de la Corée du Nord", a déclaré Binyamin Ben Eliezer, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Emploi.

Pour le professeur Kim Yong-Hyun, de l'université Dongguk à Séoul, la nouvelle série de tirs de missiles à courte portée constitue "un avertissement voilé adressé aux Etats-Unis et à la communauté internationale leur signifiant que, la prochaine fois, cela pourrait être un missile longue portée".

Les Etats-Unis ont déjà annoncé qu'ils envisageaient la possibilité d'un tir de missile à longue portée nord-coréen en direction de Hawaï.

Ulcéré par les manoeuvres annuelles entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, le régime de Kim Jong-il argue de son droit à "l'auto-défense". Il procède régulièrement à des exercices et des tirs de missiles.

Ces tirs sont extrêmement coûteux pour le pays communiste, où une grande partie de la population vit dans la famine, la terreur et le sous-développement.

La Corée du Nord, l'un des pays les plus secrets et fermés au monde, s'est engagée ces derniers mois dans une escalade qui a culminé quand le régime communiste a lancé un nouveau défi en effectuant, le 25 mai, son deuxième essai nucléaire depuis 2006.

Cet essai, suivi de plusieurs tirs de missiles, a été condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU qui a alourdi les sanctions déjà en vigueur contre Pyongyang.

Les Nord-Coréens ont réagi avec une extrême virulence, menaçant de ne jamais renoncer à leurs ambitions nucléaires et d'utiliser leur plutonium à des fins militaires.
 

Première publication : 04/07/2009

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