06 juillet 2009 - 16H20

L'Europe pas prête à se contenter d'un seul siège au FMI

Les Etats de l'Union européenne ne sont pas encore disposés aujourd'hui à se contenter d'une représentation unique au sein du Fonds monétaire international (FMI) pour faire de la place aux pays émergents, a estimé lundi le président de la Commission européenne.

"Sont-ils prêts à avoir une représentation unique de l'Union européenne (au FMI)? Honnêtement, je ne le pense pas", a déclaré José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse organisée en vue du sommet des grandes puissances du G8, cette semaine en Italie.

En revanche, il a jugé que les pays de l'UE étaient "probablement" d'accord pour accepter une représentation "plus cohérente" au sein de ce type d'institutions financières internationales.

Les grands pays émergents en Asie, comme la Chine ou l'Inde, ou en Amérique du Sud, comme le Brésil ou l'Argentine, demandent à avoir davantage voix au chapitre au sein des institutions internationales telles que le FMI ou la Banque Mondiale.

Pour leur faire davantage de place, un débat a été lancé ces dernières années sur l'opportunité de rationaliser la représentation des différents pays européens en la limitant à un siège au nom de l'Union européenne. Ce débat existe aussi pour des enceintes comme les forums du G7, du G8, du G20, voire du Conseil de sécurité de l'ONU.

La Commission européenne est favorable à un siège unique au moins de la zone euro au sein des institutions financières internationales.

Mais "les Etats membres concernés gardent jalousement leurs sièges", regrettait récemment le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, l'Espagnol Joaquin Almunia.

Par ailleurs, M. Barroso a affirmé que les Européens se rendraient au sommet du G8, mercredi à L'Aquila en Italie, avec la ferme intention d'obtenir des engagement chiffrés de leurs partenaires, notamment les pays émergents, sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Les pays européens membres du G8 (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) ainsi que la Commission européenne et la présidence suédoise de l'UE veulent afficher clairement l'objectif de limitation du réchauffement global à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels.

"Nous allons insister sur le respect de l'objectif de 2°C Nous réaffirmerons la nécessité d'un objectif mondial de réduction d'au moins 50% des émissions d'ici à 2050. Ce qui suppose que les pays développés doivent réduire leurs émissions d'au moins 80%", a dit M. Barroso.

"L'Europe veut être à la pointe" de la lutte contre le réchauffement climatique, "mais elle ne veut pas être toute seule", a précisé l'un de ses collaborateurs, sous couvert de l'anonymat.

Les pays de l'Union européenne arrivent en position de force après s'être mis d'accord pour réduire d'au moins 20% leurs émissions en 2020 par rapport à 1990.

La même source a "salué" le changement de ton aux Etats-Unis sur le climat depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Barack Obama.

Mais il a souligné que les Etats-Unis devraient se mettre "au même niveau" que les Européens en termes d'objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Et il a jugé indispensable que les pays émergents participent à l'effort.

"Si tout l'effort est concentré sur les pays développés et que rien n'est fait du côté des pays émergents, cela ne sert à rien", a-t-il fait valoir.

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