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EUROPE

Obama jette les bases des nouvelles relations russo-américaines

©

Vidéo par Romain GOGUELIN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/07/2009

Dans un discours prononcé, ce mardi à Moscou, devant des étudiants russes, le président américain a proposé d'ouvrir une nouvelle ère de coopération entre Washington et Moscou. Tout en évoquant le respect des règles démocratiques.

AFP - Le président américain Barack Obama a tendu mardi la main aux Russes pour leur offrir une nouvelle ère de coopération sur les ruines de la guerre froide, tout en affirmant la nécessité du respect des règles de la démocratie.

Dans un grand discours devant la Nouvelle école économique qui forme une partie des futures élites russes, M. Obama s'est adressé, non plus seulement aux gouvernants comme la veille, mais à toute la société russe pour l'appeler à remettre les relations à zéro et à surmonter les vieilles conceptions d'un "jeu à tout ou rien" entre les Etats-Unis et la Russie.

"Cela doit être plus qu'un nouveau départ entre le Kremlin et la Maison Blanche, même si cela aussi est important. Cela doit être un effort soutenu entre les peuples américain et russe pour identifier les intérêts communs, étendre le dialogue et la coopération et paver la voie du progrès", a-t-il déclaré.

M. Obama effectuait sa première visite de président en Russie, destinée précisément à rompre avec des tensions qui, à la fin de la présidence Bush, ont renvoyé aux décennies de paix armée entre les deux puissances.

Dans ce discours exposant sa vision de l'avenir devant les représentants de la "dernière génération née quand le monde était divisé", M. Obama s'est livré à un exercice délicat.

Il a exprimé son "profond respect pour l'héritage immémorial de la Russie", exalté le sacrifice soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, et s'est employé à ne pas prêter le flanc au reproche souvent fait en Russie aux Américains de se poser en donneurs de leçons.

Mais il a aussi entendu ceux qui le pressaient de ne pas occulter les sujets qui fâchent : peu avant de rencontrer les dirigeants de l'opposition dans l'après-midi, il a appelé au respect des règles de la démocratie, il a pressé le gouvernement russe de combattre la corruption dans l'économie et de respecter la souveraineté des anciens satellites de l'URSS, comme la Géorgie et l'Ukraine.

"La courbe de l'histoire nous montre que les gouvernements qui sont au service du peuple survivent et prospèrent, pas les gouvernements qui ne sont au service que de leur propre puissance", a-t-il dit.

Mais "que les choses soient claires dès le départ : l'Amérique veut une Russie qui soit forte, pacifique et prospère", a-t-il dit dans ce discours qui s'inscrit dans la lignée de ceux déjà prononcés à Prague (sur la prolifération) et au Caire (à l'adresse des musulmans) sur la vision que M. Obama a du monde.

Il a exposé la multitude des intérêts communs, de la lutte contre la prolifération à l'environnement. Il a appelé une Russie jusqu'alors résistante à s'allier aux efforts américains face aux défis nucléaires iranien et nord-coréen.

Tous "ces défis réclament un partenariat mondial, et ce partenariat sera plus fort si la Russie occupe le rang de grande puissance qui doit être le sien", a-t-il dit.

Il a opposé cette vision à celle du 20è siècle dans laquelle "les Etats-Unis et la Russie (étaient) voués à être antagonistes", ou celle du 19è siècle dans laquelle ils étaient condamnés "à rivaliser pour des sphères d'influence et où les grandes puissances (devaient) forger des blocs concurrents pour se contrebalancer l'un l'autre".

"Malheureusement, on a parfois l'impression que les vieux présupposés doivent prévaloir, une conception de l'exercice du pouvoir enracinée dans le passé plutôt que le présent", a-t-il déploré.

Remettre les relations à zéro "ne sera pas facile. Forger un partenariat durable entre d'anciens adversaires, changer des habitudes ancrées dans nos gouvernements pendant des décennies est difficile", a-t-il dit.

Mais "le temps où des empires pouvaient manipuler des Etats souverains comme les pièces d'un jeu d'échec sont révolus", comme ceux où Roosevelt, Churchill et Staline pouvaient redessiner le monde en une rencontre, a-t-il dit.

Première publication : 07/07/2009

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