Le président égyptien Hosni Moubarak a accusé Israël d'avoir fait échouer un accord qui allait déboucher sur la libération du soldat israélien Gilad Shalit, capturé il y a trois ans par des groupes palestiniens, dans une interview à paraître vendredi dans un journal israélien.
M. Moubarak, dont le gouvernement déploie des efforts pour obtenir la libération de Shalit, a indiqué au quotidien Yediot Aharonot que le soldat était sur le point d'être remis à la garde des Egyptiens lorsqu'Israël avait modifié les conditions pour un échange de prisonniers.
"Il existe des conditions pour mettre fin au problème de Gilad Shalit et nous étions sur le point d'y arriver mais vous avez retardé l'affaire", indique M. Moubarak, selon une transcription de l'interview reproduite jeudi soir par l'agence officielle égyptienne Mena.
"Nous étions sur le point de recevoir Shalit du Hamas et de le garder avec nous jusqu'à ce que vous relâchiez des (détenus) Palestiniens", a-t-il dit, en référence au groupe islamiste qui contrôle la bande de Gaza.
"Vous n'avez pas arrêté de dire +on va relâcher celui-ci mais pas celui-là+ et l'affaire s'est compliquée quand vous avez introduit de nouveaux éléments", a-t-il ajouté.
Gilad Shalit, 22 ans, qui détient aussi la nationalité française, a été capturé le 25 juin 2006 par des groupes armés palestiniens, dont la branche armée du Hamas, qui avaient mené une opération de commando en territoire israélien, en bordure de la bande de Gaza.
Israël et le Hamas mènent des discussions indirectes via l'Egypte pour un échange de Gilad Shalit contre des centaines de prisonniers palestiniens.
M. Moubarak a ajouté que Gilad Shalit était en bonne santé, même si des propos similaires qu'il avait tenus récemment avaient été rejetés par un responsable du Hamas, estimant que le président égyptien "prend ses rêves pour la réalité".
A la question de savoir quand l'accord aurait dû avoir lieu, M. Moubarak n'a pas répondu.
Les médias arabes et israéliens ont fait état le mois dernier d'un transfert imminent de Shalit en Egypte, où il serait resté jusqu'à ce qu'Israël commence à relâcher les détenus palestiniens.
Israël comme le Hamas avaient fermement démenti de telles informations.
Dans l'interview, M. Moubarak indique avoir conseillé aux responsables israéliens de ne plus parler ouvertement de Shalit.
"Plus vous considérez l'affaire Shalit importante et plus ils (Hamas) durcissent leur position", a-t-il dit. "J'ai dit aux dirigeants israéliens: +ne parlez pas de l'affaire Shalit et elle sera résolue peu à peu+".
Deux responsables israéliens se sont récemment rendus en Egypte pour discuter du dossier.
L'émissaire Amos Gilad a rencontré jeudi des responsables égyptiens au Caire, selon la Mena, deux jours après une visite du président israélien Shimon Peres dans la capitale égyptienne où il a rencontré le président Moubarak.













