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FRANCE

Perpétuité pour Fofana, les peines des complices contestées

Vidéo par Pauline PACCARD

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 15/07/2009

Le chef du "gang des barbares" a été condamné à la peine maximale requise contre lui : la prison à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Mais l'avocat de la famille Halimi dénonce l'"indulgence" des juges à l'égard de certains coaccusés.

La cour d'assises des mineurs de Paris a condamné Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares", à la peine maximale, la prison à perpétuité avec 22 ans de sûreté, pour le meurtre du jeune Ilan Halimi.

 

Le criminel de 28 ans, originaire de Côte d'Ivoire, avait reconnu avoir porté seul les coups fatals à la victime.

 

A l'énoncé du verdict, Youssouf Fofana a eu pour seule réaction de tapoter dans ses mains.

 

Ses deux complices jugés les plus actifs, Samir Aït Abdelmalek, 30 ans, et Jean-Christophe Soumbou, 23 ans, ont, eux, respectivement écopés de 15 et 18 ans de réclusion.


La jeune fille qui avait servi d'appât, mineure au moment des faits et aujourd'hui âgée de 21 ans, a été condamnée à neuf ans de prison.

 

Pour les 24 autres accusés, la cour a prononcé des peines allant de six mois de prison avec sursis à 18 ans de réclusion. Deux d'entre eux ont été acquittés.

L'avocat de la famille Halimi a fait savoir qu'il souhaitait un nouveau procès, regrettant la "bienveillance" du verdict de la cour d'assises.
  

Il en a appelé à la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, souhaitant qu'elle "invite le procureur général à faire appel" des peines infligées notamment à six geôliers d'Ilan écopant de 10 à 15 ans de réclusion, et à la jeune fille ayant servi d'appât.

Le verdict a été rendu publiquement après plus de 48 heures de délibérations, mettant un point final à un procès qui s'est tenu à huis clos car deux des 26 accusés étaient mineurs au moment des faits.

 

À l'époque des faits, l’affaire, à caractère antisémite, avait ému l’opinion publique du fait de leur extrême violence.

 

De l'enlèvement au calvaire

 

Ilan Halimi, un jeune juif de 23 ans, vendeur de téléphones portables à Paris, avait été enlevé le 20 janvier 2006. Le gang a expliqué son geste en expliquant qu’il supposait que le jeune homme était riche parce qu'il était juif, et que leur but initial était de réclamer une rançon.

 

C’est pourtant un tout autre sort qui a été réservé à Ilan Halimi. Durant 24 jours, il a été séquestré et torturé dans une cité HLM de Bagneux, dans le département des Hauts-de-Seine.

 

Il a été retrouvé le 13 février 2006 au bord d’une voie ferrée de l’Essonne, nu et agonisant, des traces de brûlures et de tortures sur le corps. Il est mort dans l’ambulance qui le transportait à l’hôpital.

 

Crime crapuleux ou antisémite ?

 

Rejetant les motivations antisémites des complices, les avocats de la défense ont, eux, dépeint un groupe de "petits voyous" "embarqués" par Fofana pour des motifs "totalement crapuleux", selon des témoins des débats.

  

Arrêté à Abidjan, Youssouf Fofana a, durant tout le procès, multiplié les provocations, tenant des propos antisémites et allant jusqu’à lancer ses chaussures sur les parties civiles.

 

Contrairement à celui qui fut leur chef, la plupart des accusés ont adressé des excuses ou des regrets à la famille d'Ilan, présente sur le banc des parties civiles.


Première publication : 11/07/2009

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