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EUROPE

L'ex-garde de camp nazi Demjanjuk renvoyé devant les assises

Vidéo par Carlotta RANIERI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/12/2009

L'état de santé de l'ex-gardien du camp nazi de Sobibor John Demjanjuk, soupçonné de complicité dans le meurtre de 27 900 Juifs, a été jugé compatible avec un procès. Il devrait bientôt comparaître devant la cour d'assises de Munich.

AFP - L'ancien gardien de camp nazi John Demjanjuk, 89 ans, devrait être prochainement jugé aux assises de Munich (sud de l'Allemagne) pour sa participation à quelque 27.900 assassinats commis au camp d'extermination de Sobibor en 1943.

L'accusé d'origine ukrainienne, soupçonné d'avoir officié pendant environ six mois comme gardien à Sobibor (aujourd'hui en Pologne), a été renvoyé lundi devant une cour d'assises, son état de santé étant jugé compatible avec un procès.

"Au vu des expertises médicales, l'accusé est considéré comme étant en mesure de comparaître. Les médecins recommandent cependant de limiter à deux fois 90 minutes par jour la durée des audiences", a précisé le parquet dans un communiqué.

Le ministère public ouvre ainsi la voie à ce qui devrait être l'un des derniers procès organisés en Allemagne contre un criminel nazi présumé, à une date qui n'a pas encore été fixée.

A Jérusalem, le directeur du Centre Wiesenthal, chargé de pourchasser les criminels nazis, s'est félicité de cette décision.

"Cette affaire envoie un message très important: que ceux qui se sont rendus coupables de crimes de guerre peuvent toujours être poursuivis à présent, et qu'ils tout autant coupables aujourd'hui qu'il y a des décennies", a commenté Ephraim Zuroff.

Demjanjuk, qui vivait aux Etats-Unis depuis les années 1950, en avait été expulsé le 11 mai vers Munich à l'issue d'une bataille judiciaire acharnée centrée sur son état de santé. Depuis, il est incarcéré à Munich.

Ses défenseurs assurent de longue date qu'il ne "survivra" pas à la détention - dont ils dénoncent le caractère "inhumain" - et à un procès. Récemment, ils se sont tournés vers la Cour constitutionnelle allemande pour dénoncer l'"atteinte aux droits fondamentaux" constitués par sa récente expulsion. Mais la Cour les a déboutés.

L'accusation repose principalement sur des témoignages écrits de survivants du camp de Sobibor. L'un d'eux, Thomas Blatt, 82 ans, avait expliqué en mai à l'hebdomadaire Der Spiegel que les gardiens ukrainiens de Sobibor "ont fusillé les nouveaux arrivants vieux et malades qui ne pouvaient plus avancer". "Et ce sont eux qui ont poussé les gens nus dans les chambres à gaz à coups de baïonnette", avait-il ajouté.

La défense du vieil homme nie tous les faits qui lui sont reprochés, jusqu'à sa présence à Sobibor.

Demjanjuk figure en première place sur la liste du Centre Simon-Wiesenthal des "criminels de guerre nazis les plus recherchés", tout au moins si l'on ne considère que les individus dont on est sûr qu'ils soient encore en vie.

Condamné à mort en Israël en 1988, sur la base d'accusations selon lesquelles il aurait été gardien au camp de Treblinka sous le sobriquet de "Ivan le Terrible", Demjanjuk avait ensuite été acquitté par la Cour suprême israélienne en raison de doutes sur son identité.

Jusqu'à présent, l'ancien soldat de l'Armée rouge ne contestait pas avoir été gardien du camp de Sobibor, mais il assurait y avoir été contraint par les nazis en tant que prisonnier de guerre.

En décembre 2008, la plus haute autorité judiciaire allemande avait estimé qu'un tribunal de Munich était compétent pour le juger, au motif que Demjanjuk avait vécu près de la capitale bavaroise en 1952 avant d'émigrer aux Etats-Unis.

La justice allemande avait ensuite en mars un mandat d'arrêt contre cet ancien ouvrier de l'industrie automobile de la banlieue de Cleveland, déchu de sa nationalité américaine en 2002 pour avoir menti sur son passé.
 

Première publication : 13/07/2009

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