Dernière modification : 16/07/2009 

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Les cadres de Nortel se rebiffent
Les cadres de Nortel se rebiffent
Les cadres et les ingénieurs de Nortel France, filiale du groupe de télécommunications canadien du même nom, ont emboîté le pas aux ouvriers de New Fabris et JLG qui ont menacé de faire sauter leur usine si leur voix n'était pas entendue.
Par Clea CAULCUTT (texte)




Une banderole tendue à l'entrée de l'usine Nortel, portant l'inscription : "Nous voulons récupérer notre argent."C. Caulcutt
"La crise financière n'est qu'un alibi, la société était mal gérée depuis 2001", estime Frédéric Ploneis, responsable recherche et développement.C. Caulcutt
Les grévistes de Nortel gribouillent la photo de leur PDG, Michel Clément.C. Caulcutt
"J'ai dû virer des gens. C'était écœurant, surtout pour quelqu'un qui a donné dix ans de sa vie à Nortel", regrette Charles-Henri Descours, responsable des opérations.C. Caulcutt
Le département de recherche et de développement a érigé un cimetière pour symboliser les pertes d'emplois.C. Caulcutt
"Neuf jours de grève, c'est un record pour des cadres", déclare l'ingénieur Lies Chouiter.C. Caulcutt

    Mercredi, des salariés en grève de JLG, un fabriquant de chariots élévateurs et d'engins de levage, ont également annoncé qu’ils étaient prêts à détruire une partie de leur production en région bordelaise s’ils n’obtenaient aucune compensation pour la perte de leur emploi.

     

    À Nortel France, les grévistes disent s’être inspirés des actions conduites ces derniers mois, afin de souligner les tensions croissantes qui se manifestent dans le monde du travail, sur fond de crise économique globale.

     

    Avec ces menaces de démolition, une nouvelle étape dans les conflits sociaux a été franchie en France, alors que le pays a déjà été marqué par une série de séquestrations de dirigeants. Dans plusieurs entreprises, des salariés ont réussi à retenir l’attention des médias en enfermant leurs patrons, afin de les obliger à négocier des plans sociaux.

     
    Une expérience enrichissante
     

    Pour les cadres et dirigeants de l'usine de Châteaufort, peu habitués aux actions sociales et au syndicalisme, la grève est aussi une nouvelle expérience. Après quelques jours d’hésitation, le bureau de recherche et de développement s’est finalement transformé en atelier bricolage, où les employés produisent des posters, des banderoles, et même un petit cercueil à la mémoire de Nortel France. Les salariés affirment même avoir battu le record national de la grève de cadres.

     

    “C’est quelque chose d’insolite, des cadres qui font une grève pendant plus de sept jours, du jamais vu ! Mais cela montre qu’on est mal !", déclare Lies Chouiter, un ingénieur trentenaire installé à côté d’un barbecue, près de l’entrée du site.

     

    Les dirigeants de Nortel ont, eux-aussi, été surpris par les méthodes employées par le personnel. “Le premier jour, le PDG [Michel Clément] a rigolé. Le deuxième jour, quand il m’a vu distribué des tracts, il ne riait plus. Et le troisième jour, on ne l’a plus vu", raconte Descours.

     
    L’esprit d’équipe
     

    Les salariés ne se font pas d’illusions quant au sort de leur site. En revanche, ils estiment être en droit de recevoir une compensation "décente" pour leurs années de bons et loyaux services. Pour cela, ils sont prêts à se battre - certains ont même dressé des tentes pour camper à l'usine.

     

    De leur côté, les administrateurs affirment que les coffres sont vides. "La difficulté essentielle, c'est que les salariés posent comme revendication d'avoir une aide au départ d'un montant élevé. Or, la trésorerie disponible de Nortel ne permet pas de verser cette somme", a déclaré à l'AFP Me Franck Michel.

     

    Le 10 novembre 2008, Nortel a annoncé la suppression de 1 300 postes et le gel des augmentations de salaires, après avoir annoncé 3,4 milliards de dollars (américains) de pertes au troisième trimestre de 2008.

     

    Mais à Châteaufort, le sentiment d’avoir été trompé pendant des années prévaut. "Le groupe Nortel a asséché la trésorerie de Nortel France avant d'engager la procédure de liquidation judiciaire, privant notre filiale de la possibilité de nous offrir un plan social décent", affirme le collectif, soutenu par la CFTC. “Les dirigeants de Nortel ont touché 45 millions de dollars (américains) de bonus après avoir déclaré la mise en faillite”, s’indigne de son côté Lies Chouiter.

     

    “L’esprit Nortel, c’était l’intégrité, l’éthique. Nous, on y croyait. Mais quand l’intégrité ne l'arrange pas, la direction s’assoit dessus", renchérit Charles-Henri Descours.

     

    La situation pourrait évoluer dès le 20 juillet, date à laquelle le comité d’entreprise de Nortel doit remettre un avis sur le plan de liquidation du site. Avant que le tribunal de Versailles ne statue sur le dossier et fixe les 480 employés sur leur sort...

     

    Commentaires (2)

    N'importe quoi...

    C'est proprement scandaleux. La séquestration des cadres, faire sauter des usines... et puis quoi, assassiner le président? Je suis bien d'accord avec le précédent commentaire, le simple fait de préparer un tel acte devrait envoyer directement ces personnes par la case prison.

    La crise, elle ne touche pas que les pauvres ouvriers maltraités des usines. Les cadres aussi se font virer. Moi aussi je me suis fait virer de mon boulot. Je ne suis pas cadre, je ne suis pas ouvrier et pourtant j'ai perdu mon boulot. Incroyable non!
    Qu'on les envoie en cabane, ils seront logés et nourris. C'est ce qu'ils veulent non?

    Employés qui menacent de faire sauter leur usine

    Comment on fait les grèves 101 : Décidément les français continuent à innover en la matière. Tout simplement, menacer de faire exploser une usine serait un acte terroriste ici au Canada et aux USA; par conséquent, les instigateurs seraient arrêtés juste pour avoir déclaré et préparé de tels actes. De plus, aucun Canadien ne va soutenir un pareil geste. Donc chers frères Français, nous compatissons avec votre situation, mais sachez qu'ici il y a pire. Alors vos actions nous étonnent de l'autre côté de l'atlantique; dans le mauvais sens évidemment.

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