Dernière modification : 17/12/2009 

- Maroc - Mohammed VI


Mohammed VI célèbre les dix ans de son accession au trône
Le roi du Maroc, Mohammed VI, célèbre, ce jeudi, les dix ans de son règne. Arrivé sur le trône en 1999 à l'âge de 35 ans, le souverain chérifien a su se défaire au fil des années de l'image de son père, Hassan II.
Par Dépêche (texte)
Jean-Marie LEMAIRE (vidéo)

AFP - Le roi Mohammed VI du Maroc passe jeudi le cap des 10 ans d'un règne caractérisé par des réformes importantes mais aussi des frustrations dans, notamment, les domaines de l'éducation, la santé, les droits de l'Homme et la justice.

"Une politique volontariste"
L. Slimani, journaliste à Jeune Afrique, le 23/07

Les célébrations officielles n'auront lieu qu'à la fin du mois, avec un discours très attendu le 29 juillet et, le lendemain, la traditionnelle et haute en couleurs cérémonie d'allégeance, la bey'a.

L'endroit où se déroulera cette Fête du trône, qui a lieu chaque année et correspond aussi à la fête nationale, n'est pas encore annoncé mais la presse marocaine penche pour Tétouan ou Tanger, deux villes du nord du pays.

A cette occasion, le souverain alaouite, tout de blanc vêtu, à cheval et protégé du soleil par un parasol tenu à bout de bras par un serviteur, traverse une foule de personnalités -oulémas (docteurs en théologie), ministres, hauts fonctionnaires, parlementaires, etc.- qui se courbent à son passage et font acte d'allégeance.

 

Les dix ans de règne de Mohammed VI en quelques dates
Le 23 juillet 1999, meurt Hassan II. Le 25 juillet, Mohammed VI (à dr.) enterre son père lors de funérailles populaires qui, pour nombre de Marocains, marquent la fin d'une ère.AFP
Mohammed VI quelques heures avant de donner son premier discours, le 30 juillet 1999, date, désormais, de la fête du Trône. Le souverain promet de poursuivre la politique d'ouverture amorcée par son père à la fin de son règne.AFP
Mars 2002, le roi célèbre son mariage avec la princesse Lalla Salma, ingénieur en informatique issue d'une famille modeste. Les photos de leur mariage feront le tour du pays. L’épouse de Hassan II n’avait fait aucune apparition publique.AFP
Novembre 1999, le jeune roi limoge Driss Basri, l'homme fort de Hassan II et symbole des "années de plomb" marocaines.FRANCE 24
Septembre 2000, l'opposant Abraham Serfaty est autorisé à rentrer au Maroc après près de neuf ans d'exil. D'autres opposants, contraints à la clandestinité sous le règne de Hassan II, seront autorisés à rentrer au pays.FRANCE 24
En 2004, Mohammed VI crée la commission "Instance équité et réconciliation" chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme durant les "années de plomb". Le souverain rase la prison secrète de Tazmamart (Sud-Est).AFP
Façade de l'hôtel Farah de Casablanca après les attentats perpétrés, le 16 mai 2003, par des kamikazes issus des bidonvilles de Sidi Moumen.AFP
2004, naissance du nouveau code de la famille. Elaborée sous l'égide du roi afin de garantir le respect des droits de la femme et de l’enfant, la fameuse "Moudawana" est jugée, par certains, insuffisante et contournable au niveau de la pratique.FRANCE 24

    C'est le 23 juillet 1999 au soir que Mohammed VI, alors âgé de 35 ans, a succédé à son père Hassan II, décédé le même jour.

    Dix ans ont passé et, indéniablement, le Maroc bouge.

    En 2008, le pays a obtenu de l'Union européenne un "statut avancé" qui lui permettra à terme d'accéder librement au marché européen et se dote d'infrastructures (routières, ferroviaires, portuaires) sans commune mesure au Maghreb.

    Sur le plan économique, les trois principaux postes de recettes budgétaires -tourisme, transferts de fonds des MRE (Marocains résidant à l'étranger) et exportations de phosphates- accusent des baisses sensibles, "impactés" par la crise mondiale.

    Malgré cela, le Maroc enregistre une croissance annuelle de son PIB d'environ 5%, un taux qui ferait la joie de nombre d'économies occidentales.

    Sur le plan des libertés, le bilan est contrasté.

    Les victimes des "années de plomb" du règne précédent ont été indemnisées à l'issue d'un travail important -à défaut d'être complet, puisque les tortionnaires n'ont été ni nommés ni inquiétés- de l'Instance équité et réconciliation (IER).

    Un nouveau code de la famille (Moudawana) a été adopté en 2004, donnant aux femmes (presque) les mêmes droits qu'aux hommes, rendant plus difficile la répudiation et la polygamie. Et ce, malgré l'hostilité des islamistes radicaux.

    Commandeur des croyants (Amir Al-Mouminine), Mohammed VI a aussi initié une ambitieuse reconquête du champ religieux destinée à promouvoir un islam tolérant.

    Enfin, la presse écrite jouit d'une liberté enviable dans le monde arabe, dès lors qu'elle ne remet pas en cause la religion (rite sunnite malékite officiel), la monarchie ou l'intégrité territoriale (le Sahara occidental, annexé par le Maroc en 1975).

    Une vingtaine de quotidiens et hebdomadaires marocains sont toutefois sortis sans éditorial le 10 juillet pour protester contre de récentes décisions de justice prononcées à l'encontre de trois journaux arabophones et d'un mensuel économique francophone, condamnés à de lourdes amendes pour diffamation.

    L'indépendance de la justice est régulièrement critiquée par la presse et les ONG marocaines, qui affirment que torture et détentions arbitraires continuent.

    Et, en dépit des efforts des autorités, la corruption reste largement pratiquée à tous les niveaux. Selon l'Instance centrale de prévention de la corruption (officielle), le Maroc a "régressé de la 37ème place sur 90 Etats en 2000 à la 80ème place sur 180 en 2008".

    Enfin, plus de 40% de la population est encore analphabète et les inégalités sociales perdurent. Et, dans le rapport mondial sur le développement humain 2007-2008 du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), le Maroc occupe une peu flatteuse 126ème place.
     

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