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Asie - pacifique

Les chrétiens de Gojra face à la colère des extrémistes religieux

Texte par Marc LELLIÈVRE , , correspondant à Islamabad

Dernière modification : 03/08/2009

Les chrétiens de Gojra (est) ont été pris pour cible samedi après-midi. Épaulés par un groupe terroriste pakistanais, selon les habitants, des centaines d'émeutiers ont pillé et incendié des maisons, faisant au moins six morts.

Au lendemain des émeutes anti-chrétiennes qui ont fait au moins six morts à Gojra, dans l'est du Pakistan, le calme est revenu. Alors que les paramilitaires patrouillent dans la ville, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées.
 
Tout a commencé lorsqu'une rumeur s'est répandue, selon laquelle un chrétien aurait profané le Coran. Les violences ont débuté jeudi, puis ont pris de l'ampleur samedi après-midi, à l'issue d'un rassemblement organisé par plusieurs partis religieux radicaux, selon Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités.
 
Quelque centaines de manifestants ont ouvert le feu dans le quartier chrétien de Gojra, et ont pillé et incendié des habitations à coup de cocktails molotov. Une cinquantaine de maisons ont été détruites et six personnes ont été brûlées vives. La police a tenté de disperser les émeutiers avec des gaz lacrymogènes, mais elle a vite été débordée.
 
Abolir la loi anti-blasphème
 
Les violences anti-chrétiennes sont courantes au Pakistan : les chrétiens sont souvent forcés de se convertir à l'islam et des églises ont déjà été profanées par le passé. C'est la deuxième fois en un mois que les chrétiens sont attaqués dans cette région du pays. Mais les émeutes de samedi sont inhabituelles par leur ampleur.
 
Plusieurs habitants de Gojra assurent que les manifestants étaient épaulés par des hommes du Sipah-e-Sahaba, un groupe islamiste radical pakistanais pourtant interdit depuis 2002. Violemment anti-chiite, le Sipah-e-Sahaba réclame que le Pakistan soit proclamé État sunnite et s'en prend régulièrement aux minorités religeuses. Suheil Johnson, qui est membre de la Commission des droits de l'Homme du Pakistan, accuse aussi les chefs religieux locaux : "Des oulémas et des imams, lors de leur prêche, ont appelé la foule à s'en prendre aux chrétiens."
 
Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, ainsi que le Premier ministre Yousouf Raza Gilani, ont condamné ces attaques. Mais pour Suheil Johnson, si le Pakistan veut en finir avec les violences anti-chrétiennes, il doit abolir la loi anti-blasphème.
 
Instaurée en 1988, elle punit de mort toute personne accusée de blasphémer l'islam. "Au fond, cette loi légitime les violences contre les minorités religieuses qui sont accusées à tort d'avoir insulté l'islam", explique Suheil Johnson. Au Pakistan, les chrétiens représentent moins de 2% d'une population estimée à 170 millions d'habitants.

Première publication : 02/08/2009

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