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Afrique

Rabat empêche la publication d'un sondage sur le roi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/08/2009

Le ministère de l'Intérieur marocain a bloqué la sortie en kiosque de deux magazines qui avaient publié un sondage sur Mohammed VI. Et estimé que la monarchie "ne peut faire l'objet d'un débat, même par voie de sondage".

AFP - Le ministère de l'Intérieur marocain a ordonné samedi la saisie de deux magazines qui avaient publié les résultats d'un sondage sur le roi Mohammed VI, à l'occasion de ses dix ans de règne. Dans ce sondage, mené en partenariat avec le quotidien français Le Monde, les Marocains portent pourtant un jugement très positif sur leur monarque, bien qu'ils soient réservés voire sceptiques quant à son action contre la pauvreté et pour la promotion des droits des femmes.

 

Dans un éditorial publié à sa une, Le Monde critique lundi la saisie et la destruction de quelque 100 000 exemplaires de l'hebomadaire TelQuel et de sa version en arabe Nichane. "Pour les dix ans du règne de Mohammed VI, le régime marocain ne pouvait pas prendre décision plus contestable, plus arbitraire, plus incompréhensible et, osons l’écrire, plus absurde", affirme-t-il.

Le Monde s'était associé aux deux magazines pour mener un sondage, inédit dans la monarchie marocaine, sur le bilan du souverain, dix ans après son accession au trône. La monarchie au Maroc "ne peut faire l'objet d'un débat, même par voie de sondage", a avancé Khalid Naciri, le ministre de la Communication marocain.

 

Un bilan pourtant jugé positif


Selon ce sondage, les Marocains sont pourtant 91% à juger positif le bilan des dix premières années de règne (40% très positif et 51% plutôt positif), contre 6% qui le considèrent comme plutôt négatif et 2% très négatif. Ils sont également 49% à estimer que le Maroc est une monarchie démocratique, contre 33% qui la jugent autoritaire, tandis que 18% sont sans opinion.

Le sondage montre cependant que les Marocains sont très réservés sur l'action du roi dans la lutte contre la pauvreté et sur la réforme du code de la famille. Concernant la pauvreté, ils sont 37% à penser que la situation s'est améliorée dans les dix dernières années, mais également 37% à juger qu'elle n'a pas évolué, tandis que 24% d'entre eux estiment qu'elle s'est aggravée.

 

L'une des grandes réformes de la dernière décennie, celle du code de la famille qui, depuis 2004, fait des Marocaines les égales des hommes sauf en matière d’héritage, est loin de remporter l'adhésion des personnes interrogées. Elles sont 49% à penser que la réforme donne trop de droits aux femmes, 30% à juger qu'elle en donne suffisamment et ne doit pas évoluer, contre 16% qui jugent qu'il faut aller encore plus loin.

L'échantillon représentatif de Marocains a également été appelé à se prononcer sur les activités du roi dans les affaires. Selon le magazine Forbes, les affaires de Mohammed VI représentent environ 6% de la richesse de son pays. Les Marocains sont 17% à s'en offusquer, mais 69% y voient une "bonne chose" qui tire l'économie du pays "vers le haut".

 

L'enquête a été conduite du 27 juin au 11 juillet par l'institut LMS-CSA, filiale au Maroc de l’institut de sondages français CSA, auprès d'un échantillon représentatif de 1.108 Marocains de plus de 18 ans. Les questions ont été posées en arabe.
 

Première publication : 03/08/2009

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