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Economie

Soupçonné de délit d'initié, l'ex-patron de Kerviel démissionne

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/08/2009

Jean-Pierre Mustier (photo), le responsable du service de la Société générale dans lequel travaillait l'ancien trader Jérôme Kerviel, a quitté ses fonctions à la suite de l'ouverture d'une enquête pour délit d'initié.

REUTERS - La Société générale a annoncé jeudi la démission de Jean-Pierre Mustier, le responsable de la gestion d'actifs et des services aux investisseurs de la banque, soupçonné de délit d'initié par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

 

Dans un communiqué, la banque précise que Robert Day, membre du conseil d'administration de la Socgen, est également visé par la procédure ouverte par la Commission de l'AMF pour "manquement d'initié", terme administratif utilisé pour désigner l'infraction de délit d'initié.
 

"La nouvelle procédure de l'AMF qui vise Jean-Pierre Mustier n'est pas liée à l'affaire Kerviel", a précisé à Reuters une porte-parole de la Socgen, sans néanmoins vouloir préciser les griefs précis reprochés à Jean-Pierre Mustier et à Robert Day.
 

Selon le nouvelobs.com, Jean-Pierre Mustier aurait vendu la moitié de son portefeuille d'actions, dont des titres Société générale, à la fin de l'été 2007, c'est-à-dire au début de l'éclatement de la crise des "subprime".  Il aurait, selon l'hebdomadaire, réalisé un bénéfice éstimé entre 50.000 et 200.000 euros.
 

"L'AMF m'a envoyé une lettre des griefs et ouvert une procédure de sanction, car elle estime que j'aurais pu détenir une information d'initié lorsque j'ai vendu des actions Société générale le 21 août 2007", écrit Jean-Pierre Mustier dans un message aux collaborateurs du pôle gestion d'actifs et services aux investisseurs (GIMS) de la banque française, que s'est procuré le Nouvel Observateur.
 

Ni la Société générale ni l'AMF n'ont souhaité commenter ces informations.
 

 

Cabannes remplace Mustier à la tête de GIMS

 

La banque présidée par Frédéric Oudéa souligne que le départ de Jean-Pierre Mustier, qui était à la tête de la banque de financement et d'investissement (BFI) de la Socgen au moment de l'affaire Kerviel, était initialement prévu pour la fin de l'année mais a été avancé en raison de la procédure de l'AMF.
 

Âgé actuellement de 48 ans, Jean-Pierre avait été écarté de la direction de la BFI à la suite de l'affaire Kerviel, avant de prendre en septembre dernier la direction des activités de gestion d'actifs dont il a piloté la fusion avec celles du Crédit agricole en janvier 2009.
 

Une porte-parole de la banque a dit à Reuters que Séverin Cabannes remplacera Jean-Pierre Mustier à la tête du pôle GIMS, en plus de ses fonctions actuelles de directeur général délégué de la Socgen.

 

Après la révélation de l'affaire Kerviel en janvier 2008, qui a valu à la banque une perte record de trading de 4,9 milliards d'euros, l'AMF avait lancé une enquête sur l'information financière de la banque et sur des transactions visant les actions de la Socgen.
 

A cette époque, des rumeurs de délit d'initié avaient concerné Robert Day, le président de la société de gestion californienne TCW racheté en 2001 par la Société générale.

 

Robert Day avait vendu 1,5 million d'actions Société générale entre les 9 et 18 janvier 2008, soit quelques jours avant que la banque ne révèle la perte liée à l'affaire Kerviel, à des cours compris entre 90 et 95,9 euros.

Première publication : 06/08/2009

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