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Asie - pacifique

La ville d'Hiroshima appelle le monde à se dénucléariser d'ici 2020

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/08/2009

À l'occasion de la célébration du 64e anniversaire du bombardement d'Hiroshima, le maire de la ville martyre, Tadatoshi Akiba, a appelé, devant près de 50 000 personnes, à l'abolition totale des armes nucléaires d'ici 2020.

AFP - Le maire d'Hiroshima, la ville martyre de l'ouest du Japon, a appelé à l'abolition totale des armes nucléaires d'ici 2020, à l'occasion du 64e anniversaire de la première attaque atomique de l'histoire.
  
Quelque 50.000 personnes, parmi lesquelles figuraient des survivants de la bombe larguée par les Etats-Unis, étaient rassemblées au mémorial dédié aux victimes, en présence du Premier ministre Taro Aso et de représentants d'une soixantaine de pays.
  
Tadatoshi Akiba, le maire de la ville, a fait l'éloge du président américain Barack Obama pour ses positions antinucléaires, lors d'un discours prononcé à quelques mètres du "Dôme de Genbaku", un ancien hall d'exposition, dont il ne reste plus que la carcasse calcinée et qui fût le seul bâtiment à rester debout près de l'endroit où la bombe a explosé au matin du 6 août 1945.
  
Le maire a rappelé les propos du président Obama, qui a souligné qu'en tant que seule puissance nucléaire ayant eu recours à l'arme suprême, les Etats-Unis avaient "la responsabilité morale d'agir" pour parvenir à un monde dénucléarisé.
  
"L'abolition des armes nucléaires est le souhait non seulement des hibakusha (survivants de la bombe atomique) mais aussi de la majorité des peuples et des nations sur cette planète", a dit M. Akiba.
  
"Nous, la grande majorité dans le monde, nous nous qualifions de +Obamajorité+ et nous appelons le reste du monde à se joindre à nous pour éliminer toutes les armes nucléaires d'ici 2020", a-t-il ajouté.
  
A 08H15 (23H15 GMT), moment précis où la première bombe atomique de l'histoire a explosé au-dessus de la ville, les participants à la cérémonie se sont levés et ont prié en silence à la mémoire des dizaines de milliers de victimes, hommes, femmes, enfants, vieillards, déchiquetés par le souffle de la déflagration ou atrocement brûlés par la chaleur et les radiations.
  
"Je promets à nouveau aujourd'hui que le Japon sera à l'avant-garde de la communauté internationale pour l'abolition des armes nucléaires et la réalisation de la paix éternelle", a dit le Premier ministre Aso à l'issue de la cérémonie.
  
Entre le 6 août et le 31 décembre 1945, au total 140.000 morts ont été dénombrés à Hiroshima.
  
Le 9 août, les Etats-Unis ont largué une deuxième bombe sur la ville de Nagasaki, plus au sud, qui a fait 70.000 morts.
  
Le Japon a accepté la reddition le 15 août et est depuis devenu une nation officiellement pacifiste, ainsi que l'un des plus proches alliés des Etats-Unis.
  
En revanche, le gouvernement américain n'a jamais présenté d'excuses pour les victimes innocentes.
  
Le débat se poursuit entre historiens et hommes politiques pour savoir si les deux attaques atomiques étaient nécessaires pour mettre fin à la guerre ou bien s'il s'agissait surtout de tester un nouvel armement et étudier ses effets sur la population.
  
Selon un sondage rendu public cette semaine par l'université Quinnipiac (Connecticut, nord-est), près des deux-tiers des Américains continuent de penser que les Etats-Unis ont eu raison de recourir à l'arme atomique.
  
Morris Jeppson, 87 ans, l'un des membres de l'équipage du bombardier B-29 qui a largué la bombe sur Hiroshima, a déclaré que même le président de l'époque, Harry Truman ignorait tout des radiations, dans une interview au quotidien japonais Mainichi Shimbun.
  
Il a toutefois estimé que le président Obama partait sur "une mauvaise piste" et que son appel était "naïf". Il lui a reproché d'attendre que la plupart des vétérans de la Deuxième Guerre Mondiale aient disparu pour dire que les Etats-Unis ont eu tort d'utiliser la bombe atomique.

Première publication : 06/08/2009

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