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FRANCE

Le ramadan en France, une affaire privée

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/08/2009

Vivre le ramadan en France se révèle bien différent pour les musulmans que dans leur pays d'origine. Sans horaires aménagés et loin de la famille, le mois du jeûne dans l'Hexagone perd de sa convivialité.

Alors que, d'après un sondage CSA de 2006, près de 88% des musulmans de France font le ramadan, il n’est pas question de bouleverser le fonctionnement de la société le temps de cet événement dans la très laïque République française.

 

"Ici, on le fait seul. Dans la vie quotidienne, rien n’indique que le ramadan a commencé. En ville, il faut aller dans les quartiers les plus mélangés comme Barbès, à Paris, où les gens font leurs courses pour la rupture du jeûne et où l’on trouve de nombreux commerces orientaux, pour savoir qu’il a lieu", déplore la plupart des croyants, à l’instar de Sinaly Diakité, un Malien de 33 ans.

 

Les horaires de travail ne sont pas aménagés par les autorités

 

"Au Maroc, les gens se réunissent pour manger. Mais ici, en France, ce n’est pas le cas : je vis seul et ma famille ne se rassemble pas à cause de nos horaires de boulot différents", renchérit Hassan, un Marocain installé dans l’Hexagone. Au mieux, les rituels du mois sacré se partage en petit comité. "Nous servons 100 ftour [repas pris au moment de la rupture du jeûne, ndlr] par jour pendant le ramadan", explique Zouheir Brek, imam de la mosquée des Mureaux dans la banlieue de Paris, qui, au téléphone, salue son interlocuteur d’un "salam aleikoum" très chaleureux.

 

S’ils nourrissent une certaine nostalgie du "pays" à l’occasion du ramadan, les musulmans de France ne cherchent toutefois pas à fuir leur pays d’adoption quand il se profile à l’horizon. Dans un récent sondage, 60 % d’entre eux vont même jusqu’à dire qu’ils se sentent bien intégrés dans l’Hexagone, à l’image du Turc Mourat Erpuyan, qui habite Nancy : "Comme la Turquie, la France est un pays laïc. Les horaires de travail ne sont pas aménagés par les autorités pendant le mois sacré. Et à Nancy, nous avons la chance d’avoir deux mosquées où le prêche est en langue turque, alors que l’essentiel de la prière se fait en arabe. Je ne ressens donc que peu de différence entre les deux pays."

 

 

Première publication : 17/08/2009

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