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Economie

La BNF se laisse séduire par Google

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/09/2009

Après avoir organisé la contre-offensive en 2005, à l'annonce du projet du géant Google de numérisation massive d'ouvrages, la Bibliothèque nationale de France (BNF) envisage désormais de faire appel au célèbre moteur de recherche.

AFP - La Bibliothèque nationale de France (BNF) n'exclut plus de faire appel au moteur de recherche américain Google pour la numérisation de ses fonds, en raison du coût élevé de l'opération.
   
Des "négociations" en ce sens engagées avec Google "pourraient aboutir d'ici à quelques mois", a estimé le directeur général adjoint de la BNF Denis Bruckmann dans une interview publiée mardi par le quotidien économique La Tribune.
   
Après l'annonce en 2005 du projet Google de numérisation massive d'ouvrages conservés notamment dans de prestigieuses bibliothèques internationales, le président de la BNF de l'époque, Jean-Noël Jeanneney, avait pris la tête de la résistance au géant américain et appelé à une contre-offensive européenne.
   
Le changement de stratégie de la BNF tient en particulier au coût de la numérisation, que Google prend à son compte dans le cadre de son programme. "Nous n'arrêtons pas pour autant notre propre programme de numérisation. Mais si Google peut nous permettre d'aller plus vite et plus loin, pourquoi pas ?", poursuit Denis Bruckmann, également directeur des collections de la BNF.
   
Dans un communiqué, la BNF a précisé mardi qu'elle "n'a pas signé d'accord avec Google pour la numérisation de ses fonds" et rappelé qu'elle n'a "jamais exclu un partenariat privé, qui serait conforme à la stratégie du ministère de la Culture en matière de contenus numériques et respecterait les principes de gratuité et de liberté d'accès aux oeuvres exclusivement libre de droit".
   
La secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a pour sa part précisé à l'AFP que des discussions ont lieu "parce que c'est en ce moment que se structure le marché du livre numérique et la discussion de la BNF et Google participent de ça". "Au moment ou le marché du livre numérique se structure, il faut que les acteurs français soient présents", a-t-elle souligné.
   
Selon elle, "un accord avec Google devrait forcément respecter intégralement le droit d'auteur, ce qui n'est pas actuellement la démarche de Google, et serait forcément différent pour les livres sous droits et les livres tombés dans le domaine public".
   
En cas d'accord, la BNF emboîtera le pas à la bibliothèque municipale de Lyon qui a choisi Google en juillet 2008 pour numériser 500.000 documents de son fonds. L'actuel président de la BNF, Bruno Racine, avait alors estimé que la crainte d'un "monopole" de Google sur la numérisation des livres exprimée par son prédécesseur deux ans plus tôt n'était plus d'actualité.
   
Google a déjà passé des accords avec une trentaine de bibliothèques internationales, comme celles du Congrès américain, des universités d'Harvard ou de Oxford, et numérisé une dizaine de millions d'ouvrages. Ces derniers sont accessibles, au moins partiellement, gratuitement sur le site de sa bibliothèque numérique, Google search book.
   
En 2008, la BNF a lancé pour sa part un programme de numérisation de 300.000 ouvrages en trois ans. Outre le site de sa bibliothèque numérique Gallica 2, une partie de son fonds numérisé est accessible sur celui de la bibliothèque européenne Europeana lancée en novembre.
   
Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, la question de la numérisation et de la valorisation des contenus doit être posée "dans le cadre de l'emprunt national, parce que ça nécessite des moyens supplémentaires par rapport à ce que l'on a pu affecter, même si la politique de numérisation des contenus fait déjà l'objet d'un financement non négligeable".
   
 

Première publication : 18/08/2009

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