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EUROPE

La Libye s'était engagée à réserver un accueil "discret" à Megrahi

Vidéo par Mariam PIRZADEH

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/08/2009

Tripoli avait promis que l'arrivée d'Abdelbaset al-Megrahi, le Libyen libéré jeudi qui avait été condamné pour l'attentat de Lockerbie, serait "discrète", selon le ministre écossais de la Justice. Il a été acclamé en revenant au pays.

AFP - La Libye s'était engagée à ce que l'accueil d'Abdelbaset al-Megrahi, le Libyen condamné pour l'attentat de Lockerbie et libéré jeudi par l'Ecosse, soit "discret", a affirmé lundi le ministre écossais de la Justice, Kenny MacAskill.
   
"Des assurances avaient été données qu'un retour (de Megrahi, ndlr) serait traité de manière discrète et sensible", a déclaré M. MacAskill, en défendant devant le parlement écossais sa décision de le libérer pour raisons de santé.
   
Le ministre a souligné avoir prévenu à l'avance les autorités britanniques et américaines de sa décision, afin qu'elles puissent obtenir des "assurances similaires".
   
"C'est une source de profond regret que M. Megrahi ait été reçu de manière aussi inappropriée", a-t-il ajouté. Avec cet accueil, la Libye "n'a montré aucune compassion ou sensibilité à l'égard des familles des 270 victimes de Lockerbie."
   
Megrahi, 57 ans, atteint d'un cancer de la prostate en phase terminale et qui n'aurait plus que trois mois à vivre, avait été reçu triomphalement à Tripoli par des centaines de personnes, agitant des drapeaux libyens et écossais.
   
Cette réception avait suscité les réactions indignées de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, le président américain Barack Obama le jugeant "tout à fait répréhensible". Un porte-parole de la Maison Blanche avait auparavant évoqué un spectacle "scandaleux et dégoûtant".
   
M. MacAskill a répété devant les députés écossais avoir pris cette décision seul, sans céder aux pressions, et en respectant scrupuleusement la loi écossaise qui autorise la libération de prisonniers pour des raisons médicales.
   
"Cela n'était pas basé sur des considérations politiques, diplomatiques ou économiques", a-t-il affirmé. "C'était ma décision et uniquement ma décision. Je ne la regrette pas."
   
"Les Ecossais sont des gens fiers de leur humanité (...) Une atrocité perpétrée (...) ne peut pas et ne doit pas être l'occasion de perdre de vue ce que nous sommes", a-t-il estimé.
   
 Megrahi avait été condamné en 2001 à la prison à vie avec une peine de sûreté de 27 ans pour l'explosion d'un avion de la Pan Am le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant 270 personnes.
 

Première publication : 24/08/2009

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