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EUROPE

Silvio Berlusconi s’attire les foudres du Vatican

Texte par Benjamin DODMAN

Dernière modification : 01/09/2009

Après avoir déclaré la guerre à une presse internationale friande de ses multiples frasques, Silvio Berlusconi s'en prend désormais à l’Église de Rome. Une bataille qu'"Il Cavaliere" n'est pas sûr, cette fois-ci, de pouvoir remporter.

En Italie, personne ne s’en prend impunément au Vatican. Pas même le Parti communiste n'avait osé, à l’époque où il rassemblait un tiers des électeurs. Mais le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, une fois de plus, fait figure d’exception.

 

Le 28 août, le quotidien détenu par son frère Paolo, "Il Giornale", s’est attaqué à l’éditeur du principal quotidien catholique du pays, "L’Avvenire", coupable d’avoir critiqué le style de vie dissolu du "Cavaliere".

 

Selon "Il Giornale", le rédacteur en chef de "L’Avvenire", Dino Boffo, fait preuve d’hypocrisie, étant lui-même prétendument impliqué dans une histoire de harcèlement sur fond de relation homosexuelle avec un homme marié. Une affaire qualifiée de pure invention par Boffo.

 

L’attaque du quotidien de la famille Berlusconi s’est aussitôt attirée les foudres du Vatican, balayant d’un coup les efforts de l’entourage de Silvio Berlusconi pour rassurer un clergé alarmé par les rumeurs persistantes touchant à sa vie sexuelle.

 

Le soir même, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, annulait une rencontre très attendue avec Berlusconi. Lequel renonçait au pèlerinage du Pardon organisé chaque année sur la tombe de Célestin V, pape-moine de L’Aquila, la ville ravagée, en janvier dernier, par un tremblement de terre.

 

Si la grande majorité des médias italiens était restée jusque-là silencieuse sur les récits concernant la vie privée du président du Conseil italien, la brouille avec l’Église de Rome a aussitôt fait les grands titres de la presse nationale.

 

"Tant que la bataille n’impliquait qu’une poignée de quotidiens de gauche, Berlusconi pouvait facilement faire taire le reste des médias", explique Sandro Gozi, député du Parti démocrate et membre de l’opposition, dans un entretien téléphonique accordé à FRANCE 24. "Mais maintenant que l’Eglise se trouve en ligne de mire, même Berlusconi est incapable d’imposer le silence".

 

Seul contre tous

 

Entre temps, l’armée d’avocats déployée par "Il Cavaliere" a ouvert un second front contre la presse étrangère, coupable d’avoir porté un regard critique sur les méthodes du chef de gouvernement italien.

 

A ce jour, ses avocats ont porté plainte contre le quotidien espagnol "El Pais" et l’hebdomadaire français "Le Nouvel Observateur", en plus du journal de centre-gauche italien "La Repubblica", critique implacable, et souvent solitaire, de Berlusconi, dans un pays où le président du Conseil contrôle la plupart des médias et la majorité des sources de revenus publicitaires.

 

Niccolo Ghedini, avocat et député du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi, a également annoncé avoir demandé à un collègue britannique "d’évaluer la possibilité de poursuites" en Grande-Bretagne.

 

La presse britannique, en particulier, surveille de très près les frasques du chef du gouvernement italien et, surtout, leur absence des médias transalpins. Dans un éditorial daté du 26 juillet, "The Observer" affirmait que "le vrai scandale est la façon dont cette histoire a été refoulée".

 

Les déboires du Cavaliere ont débuté en mai dernier à l’annonce de la demande de divorce de sa femme, Veronica Lario. Dans une lettre rendue publique, celle-ci justifiait son choix en citant notamment les liens présumés entre son mari et une jeune apprentie mannequin, mineure de surcroît, qui l’appelait "papounet".

 

L’affaire a enflé en juin après qu’une prostituée de luxe a affirmé avoir passé une nuit avec Berlusconi dans sa résidence romaine, une information démentie à plusieurs reprises par le principal intéressé.

 

Première publication : 01/09/2009

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