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La mort de Ted Kennedy relance le débat sur le système de santé

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Jon FROSCH

Dernière modification : 13/09/2009

Objet de vifs débats, l'examen du projet de réforme du système de santé américain revient sur le tapis avec la rentrée. Mais le décès du sénateur Ted Kennedy, l'un de ses plus fervents supporteurs, change la donne...

La réforme la plus controversée de la politique intérieure des États-Unis, celle qui touche au système national de santé - dont 47 millions d’Américains sont actuellement exclus - se trouve à la croisée des chemins, alors que Barack Obama et le Congrès s’apprêtent à remettre l'ouvrage sur le métier.

Bien que, en la matière, le président américain n’ait pas proposé de plan très défini, il pousse depuis plusieurs semaines les parlementaires à esquisser un projet de loi qui rénoverait, en profondeur, le système de santé avec, notamment, l'introduction d'une assurance publique concurrente de celles proposées par le secteur privé.

La mort récente du sénateur Ted Kennedy, qui avait fait de ce dossier la "cause de sa vie", pourrait permettre de relancer les négociations entre démocrates et républicains.

Un débat plus courtois ?


L’été 2009 a effectivement vu les deux partis se recroqueviller sur des positions très tranchées.


Les républicains, furieux à l'idée que l'État puisse intervenir dans le secteur, ont brandi des affichent variant de "Touche pas à mon système de santé" à... "Destituez le fasciste" ["Impeach the fascist" en anglais, l’"impeachment" étant, aux États-Unis, une procédure permettant au pouvoir législatif de destituer un haut fonctionnaire du gouvernement pour faute grave], n'hésitant pas, parfois, à en venir aux mains avec les partisans de la réforme.


De leur côté, les démocrates n'ont cessé de dénoncer l’attitude des pontes du Parti républicain, telle celle de l'ex-gouverneur de l'Alaska, Sarah Palin, les accusant de mettre de l’huile sur le feu en affirmant que cette réforme s’apparente à un putsch socialiste.


Kennedy ayant été un fervent supporteur de la réforme, certains espèrent que son décès permettra, comme l'explique le sénateur démocrate Robert Byrd, de "faire taire les insultes" et de mener à "un débat plus courtois". Mais d'autres estiment, au contraire, qu'il était la seule personne capable de garantir un large soutien bipartisan à Obama pour mener à bien cette réforme.


Le sénateur républicain Orrin Hatch, qui a travaillé avec Kennedy sur plusieurs projets de loi, se souvient de lui comme d'une personne "prête au compromis" pour faire avancer les choses.


Reste que même si Kennedy comptait des amis chez les républicains, leur soutien à la réforme du système de santé semble peu probable, compte tenu du nombre croissant d'électeurs qui y sont hostiles.


Nouvelle détermination des Démocrates

 

Face à la ligne dure adoptée par le Parti républicain et le décès d’un allié précieux, les démocrates pourraient bien renoncer à trouver un compromis sur la question et faire passer la réforme en usant de l’avantage que leur confère leur majorité.


À gauche, d’aucuns veulent d'ailleurs faire de son entrée en vigueur un hommage à Kennedy. "Le rêve d’un système de santé égalitaire cher à Ted Kennedy sera réalisé cette année", déclarait Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, quelques heures après la mort du sénateur du Massachusetts.


La partie s'annonce pourtant loin d'être facile. Les démocrates sont divisés jusque dans leurs propres rangs sur la réforme, notamment sur la question de l'assurance de santé publique. En outre, même si tous votaient pour sa mise en oeuvre au Sénat, la mort de Ted Kennedy les prive de la "supermajorité" de 60 sièges dont ils disposaient jusqu'à présent, qui leur aurait permis de contrer une possible attaque procédurière des républicains. Les démocrates espèrent donc qu'un remplaçant temporaire sera rapidement désigné pour occuper le siège vacant...


 
Obama, “chef d’orchestre”


À Washington, nombreux sont ceux qui pensent que le président Obama devrait faire preuve de plus d’autorité.


Le républicain Bob Dole a notamment relayé cette critique, reprochant à Barack Obama d’être “une pom pom girl en chef”, avant de l'enjoindre à reprendre la réforme du système de santé à zéro et de soumettre au Congrès un plan détaillé de ses intentions.


Côté démocrate, des voix se sont élevées contre une réforme à minima, qui se contenterait simplement de petites améliorations.


Ex-protégé de Ted Kennedy, Barack Obama a fait de la réforme du système de santé l’objectif de sa première année de mandat. Un enjeu crucial pour l’héritage politique de son mentor, mais aussi pour lui...

Première publication : 02/09/2009

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