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EUROPE

Un débat en demi-teinte entre Merkel et Steinmeier

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/09/2009

À deux semaines des élection législatives, la chancelière allemande Angela Merkel (CDU) et son ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (SPD) se sont affrontés lors d'un débat télévisé très consensuel.

AFP - A deux semaines des élections législatives allemandes, Angela Merkel et le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier se sont livrés à un pas de deux dimanche soir à la télévision, à l'issue duquel la chancelière conservatrice a semblé conserver son net avantage.

A la question "Qui voulez-vous comme chancelier?", posée à la fin du débat, 55% des personnes interrogées répondaient Mme Merkel, 38% M. Steinmeier. Dans un autre sondage, 58% des personnes interrogées estimaient que Mme Merkel était mieux à même de diriger le pays, contre 28% M. Steinmeier.

Sortie de crise économique ou sauvetage d'Opel, Mme Merkel et son rival, qui gouvernent ensemble depuis 2005 et font traverser à l'Allemagne sa pire récession depuis la guerre, ont peiné à faire entendre leurs différences.

Ils ont par exemple tous les deux souhaité une moralisation et une régulation plus forte du monde de la finance, question que l'Allemagne veut défendre au sommet du G20 à Pittsburgh le 24.

Tout au plus ont-ils réaffirmé leur opposition sur le salaire minimum et le nucléaire, et tenté d'effrayer l'électeur avec les possibles partenaires de coalition de l'un et de l'autre: les Libéraux (FDP) pour les Unions chrétiennes (CDU/CSU) de Mme Merkel, ou la gauche radicale Die Linke pour le SPD.

"Cela sonne plus comme un duo que comme un duel", a lancé l'un des journalistes animant ce débat en direct, devant quelque 20 millions de téléspectateurs d'après les prévisions des chaînes.

"Vous avez l'air d'un vieux couple, très harmonieux", a commenté un autre en fin d'émission, alors que les duettistes défendaient la nécessité du très impopulaire déploiement de la Bundeswehr en Afghanistan, tout en ouvrant chacun la porte à un retrait progressif.

"Nous en avons beaucoup accompli ensemble", a dit M. Steinmeier, 53 ans, ministre des Affaires étrangères et dont le parti se traîne à une quinzaine de points derrière le camp conservateur de Mme Merkel dans les intentions de vote.

"De fait, cette grande coalition a bien travaillé", a jugé Mme Merkel, 55 ans, qui dirige depuis quatre ans un gouvernement alliant conservateurs (CDU/CSU) et sociaux-démocrates (SPD) et à qui tous les sondages prédisent une reconduction à la chancellerie après le scrutin.

Tous deux ont tenté de s'attribuer le mérite du sauvetage du constructeur automobile Opel et la baisse du chômage au cours des quatre dernières années.

"Nous pouvons continuer dans cette direction, mais de préférence avec un nouveau gouvernement", a dit Mme Merkel, en souhaitant publiquement une coalition avec les libéraux du FDP, ce qui n'est pas mathématiquement acquis, selon les sondages.

Quant à la baisse du chômage, elle s'est déroulée "sous ma direction", a affirmé la chancelière.

M. Steinmeier a adopté un ton parfois plus offensif. "Il y a un autre choix, meilleur, pour la chancellerie: moi", a-t-il lancé, Mme Merkel se gardant de répliquer, fidèle à l'attitude souveraine qu'elle a adoptée durant toute la campagne électorale.

Les deux prétendants à la chancellerie, qui pourraient avoir à gouverner de nouveau ensemble à l'issue du scrutin, ont réaffirmé leurs différences sur le nucléaire --le SPD s'en tenant à la fermeture programmée des centrales pour 2020, les conservateurs voulant un allongement de leur durée de vie--- ou le salaire minimum, souhaité par le SPD alors que la CDU défend les actuelles négociations salariales de branche.

Ce débat de 90 minutes était le seul d'une campagne atone et seulement le quatrième du genre en Allemagne. Son impact devrait être limité: seuls 14% des téléspectateurs interrogés à la fin du débat estimaient qu'il pourrait avoir une influence sur leur vote le 27.


Première publication : 14/09/2009

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