17 septembre 2009 - 18H40

Assassinat d'Hariri: La Syrie accuse les premiers enquêteurs de coup monté

La Syrie a accusé la première équipe d'enquêteurs internationaux sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri d'avoir monté un coup contre elle pour l'incriminer délibérément, et a demandé à l'ONU d'ouvrir une enquête.

Dans une lettre au Conseil de sécurité rendue publique jeudi, le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Mouallem, affirme qu'un des quatre généraux libanais détenus de 2005 à avril 2009 à Beyrouth dans l'enquête sur cet assassinat, a fait des déclarations à la presse après sa libération, qui incriminent l'ancien chef de la commission d'enquête et son adjoint, les Allemands Detlev Mehlis et Gerhard Lehmann.

Selon la lettre, ces déclarations du général Jamil Sayyed, ex-directeur de la Sûreté générale libanaise, à des médias arabes "montrent clairement que l'objectif de la Commission d'enquête indépendante internationale (IIIC) dirigée par Detlev Mehlis et son adjoint Gerhard Lehmann, était, depuis le début, d'impliquer la Syrie coûte que coûte dans l'assassinat de Rafic Hariri."

La lettre affirme que les deux magistrats ont tenté de forcer le général Sayyed "à persuader la Syrie d'identifier une victime officielle qui avouerait le crime, puis serait découverte morte des suites d'un suicide ou d'un accident de voiture, après quoi un arrangement serait conclu avec la Syrie".

"Quand Sayyed a refusé, il a été emprisonné pour quatre ans", ajoute le texte.

"La Syrie regrette cet abus de pouvoir par le président de la Commission" et "estime que le secrétaire général (de l'ONU, Ban Ki-moon, NDLR) devrait ouvrir une enquête sur ces faits", dit encore la lettre.

Les services de renseignements syriens et libanais avaient été mis en cause par les premiers rapports de l'enquête internationale pour l'assassinat de Rafic Hariri, tué avec 22 autres personnes dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth le 14 février 2005. Damas a toujours nié toute implication.

Quatre généraux libanais, dont Jamil Sayyed, avaient été emprisonnés en 2005 à la suite des premiers rapports de la Commission dirigée à l'époque par M. Mehlis. Ils ont été libérés le 29 avril dernier suite à une décision du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) à La Haye.

Cette décision avait été prise à la suite d'une requête du dernier chef de la Commission d'enquête, devenu procureur du TSL, le Canadien Daniel Bellemare, qui demandait "la mise en liberté avec effet immédiat" des généraux en raison de l'absence d'"éléments de preuve suffisants".

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