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Culture

Un cinquième tour pour départager Farouk Hosni et sa rivale bulgare

Vidéo par Claire BONNICHON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/09/2009

Le très controversé candidat égyptien à la direction de l'Unesco n'est pas parvenu à récolter plus de voix que son adversaire bulgare Irina Bokova, lors du quatrième tour du scrutin. Un cinquième round devra être organisé.

REUTERS- L'Egyptien Farouk Hosni est arrivé à égalité lundi avec la candidate bulgare pour le poste de directeur général de l'Unesco au quatrième tour de scrutin, a-t-on appris auprès de l'organisation internationale.

 

Il faudra un cinquième tour mardi pour départager le ministre de la Culture égyptien, favori controversé en raison de ses positions anti-israéliennes, voire antisémites selon ses détracteurs, et la Bulgare Irina Gueorguieva Bokova.
 

Tous deux ont chacun obtenu 29 voix sur les 58 que compte le conseil exécutif de l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture), dont le siège se trouve à Paris et qui regroupe 193 pays.

Le troisième candidat encore en lice, Mohammed Bedjaoui, un Algérien dont la candidature était présenté par le Cambodge, n'a une nouvelle fois obtenu aucune voix.
 

Parti avec un capital (22 voix) au premier tour, Farouk Hosni, 71 ans, peine donc à s'imposer et se voit rattrapé par Irina Gueorguieva Bokova, 57 ans, une diplomate de carrière ambassadrice en France et déléguée de son pays à l'Unesco.

La commissaire européenne Benita Ferrero-Waldner, arrivée en seconde position lors du second tour, avait retiré sa candidature dimanche, après trois tours de scrutin, pour désigner le successeur du Japonais Koïchiro Matsuura.
 

La diplomate autrichienne a expliqué avoir jeté l'éponge "dans l'intérêt supérieur de l'organisation et de l'unité européenne", sans donner de consigne de vote précise.

Au total, cinq tours de scrutin sont possibles. Tous les candidats peuvent se maintenir de tour en tour sauf à l'issue du quatrième, pour lequel ne se qualifient que les deux candidats arrivés en tête.
 

"UN BEAU SIGNAL"
 

Proche du président Hosni Moubarak, soutenu par l'Union africaine et la Ligue arabe, Farouk Hosni serait, s'il était élu, la première personnalité arabe à diriger l'organisation.
 
Sa candidature est vivement combattue par la communauté juive. En France, elle a été dénoncée par tribunes de presse interposées par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel et les intellectuels Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy.
Evoquant la candidature d'Irina Gueorguieva Bokova, Claude Lanzmann estime dans Le Monde daté de mardi que l'élection "pour la première fois d'une femme à ce poste prestigieux serait (...) un beau signal".
 

Candidat d'un pays dont Amnesty International épingle chaque année les pratiques répressives, notamment en matière de liberté d'expression, Farouk Hosni avait déclaré en 2008 qu'il brûlerait lui-même les livres en hébreu s'il en trouvait dans les bibliothèques égyptiennes.
 

Il a ensuite à plusieurs reprises regretté ses propos, prononcés dans l'enceinte du Parlement égyptien lors d'une altercation avec un député des Frères musulmans.

La France n'a pas exprimé officiellement de préférence, avançant son statut de pays hôte pour expliquer sa neutralité.

Nicolas Sarkozy a cependant expliqué début septembre que Farouk Hosni avait fait amende honorable et a insisté sur le rôle prépondérant joué par l'Egypte, l'un des rares pays arabes à avoir normalisé ses relations avec Israël.

 

Première publication : 22/09/2009

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