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FRANCE

La colère des producteurs de lait gagne l'Europe

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/09/2009

Les éleveurs organisent une distribution de lait à Paris, mardi, au douzième jour du mouvement de protestation contre la dérégulation des prix en Europe. Lundi, des actions d’épandage ont eu lieu en France ainsi qu’en Italie et en Suisse.

AFP - L'appel à la grève européenne du lait lancé le 10 septembre a donné lieu lundi à Bruxelles mais aussi en France, en Suisse ou en Italie, à une multiplication d'épandages de lait et d'actions pour dénoncer la crise d'un secteur en surproduction.
  
Devant les bâtiments de la Commission européenne à Bruxelles, des agriculteurs de la Confédération européenne des producteurs laitiers (EMB) ont déversé un "lac de lait" de quelques milliers de litres dans une bâche entourée de bottes de pailles.
  
"Cette action est symbolique, mais près de 40 millions de litres de lait seront déversés ailleurs en Europe aujourd'hui" par les agriculteurs en grève du lait, a affirmé le président de l'EMB, Romuald Schaber.
  
Un chiffre invérifiable, d'autant que la grève est inégalement suivie en Europe. Selon l'EMB, des agriculteurs d'au moins six pays de l'UE et de la Suisse avaient rejoint lundi le mouvement parti de France.
  
La France, où des producteurs ont encore bloqué lundi des laiteries et des sites de groupes agro-alimentaires dans plusieurs régions, reste en première ligne.
  
"Les objectifs n'ont pas bougé: il faut qu'on ait la certitude que la Commission européenne puisse changer la politique laitière pour réussir à garder un outil de régulation pour avoir des prix rémunérateurs", a expliqué Didier Galinou, de l'Organisation des producteurs laitiers (OPL) membre de l'EMB.
  
Le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire a appelé à la convocation pour début octobre d'un conseil extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture pour tenter de trouver une issue à la crise.
  
Les banques vont d'autre part accorder des prêts à remboursement différé de 250 millions d'euros aux producteurs de lait en France, a annoncé M. Le Maire pour tenter de désamorcer la colère des éleveurs.
  
Ces derniers ont également bloqué des bâtiments administratifs ou, comme dans le sud-ouest du pays, observé une minute de silence en hommage à "tous nos morts", en référence à des suicides de producteurs dont font état certains syndicats et élus.
  
En Belgique, où les agriculteurs devaient être reçus lundi soir par la ministre fédérale de l'Agriculture, Sabine Laruelle, la Fédération Unie de Groupements d'Eleveurs et d'Agriculteurs (FUGEA) estimait à quelque deux millions de litres les quantités déversées pendant cette journée dans la partie francophone du pays, le mouvement ayant peu d'écho en Flandre.
  
D'autres épandages de lait ont eu lieu en Suisse ou encore aux Pays-Bas.
  
Dans le nord de l'Italie, les éleveurs ont cessé lundi leurs livraisons à l'industrie. Le ministre des Politiques agricoles Luca Zaia a apporté son soutien aux producteurs, parlant d'"un coût de production de 35 à 40 centimes le litre payé par les industries à 28-30 cts".
  
C'est cette chute des prix, de plus 50% dans certains pays de l'UE entre 2008 et 2009, qui est à l'origine de la grogne.
  
"Les réflexions au niveau européen doivent aller plus loin, à savoir comment à l'avenir mieux limiter la volatilité des prix du lait", a déclaré lundi à Berlin la ministre allemande de l'Agriculture, Ilse Aigner.
  
La semaine dernière, la Commission a proposé de faciliter des aides à la reconversion pour les producteurs, via des rachat de quotas. Elle a augmenté le plafond des aides publiques autorisées dans l'UE pour le secteur laitier et accepté d'étudier un mécanisme de négociation des prix au niveau national entre producteurs et industriels.
  
Ces idées sont jugées insuffisantes par l'EMB, mais aussi par quelque 19 pays européens menés par la France et l'Allemagne.
  
Dans un texte commun auquel la Pologne a annoncé lundi son ralliement, ils demandent une "nouvelle régulation du secteur laitier" pour accompagner la suppression programmée des quotas laitiers à l'horizon 2015.
  

Première publication : 22/09/2009

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