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EUROPE

Le grand jeu des coalitions post-électorales

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/09/2009

À deux jours des élections législatives allemandes, que la chancelière Angela Merkel est presque assurée de remporter, les candidats échaffaudent déjà les différentes possibilités d'alliances en vue de dégager une majorité au Bundestag.

Angela Merkel certainement, mais avec qui ? Si la chef de file du Parti chrétien-démocrate (CDU) semble assurée, selon les derniers sondages, de se succéder à elle-même au poste de chancelière, nul ne sait avec qui sa formation, qui ne devrait pas obtenir de majorité absolue au Bundestag (chambre basse du Parlement allemand), va gouverner. À quelques jours des élections législatives du 27 septembre, les analystes politiques se perdent donc en conjecture, tant le jeu des petits arrangements entre amis  - ou ennemis... - peut recouvrir diverses réalités.

L'hypothèse d'une coalition entre les conservateurs de la CDU et les libéraux de centre-droit du FDP semble la plus probable. Pour une raison idéologique d'abord. Les deux formations se situent à la droite de l'échiquier politique allemand et se rejoignent sur la défense des vertus de l'économie de marché ainsi que sur la nécessité de baisser les impôts. Dans le magazine "Focus",  Guido Westerwelle, le chef de file du FDP, a d'ailleurs résumé sa position, affirmant : "Ce sera Merkel ou l'opposition". Pour une raison statistique ensuite. Le dernier sondage Stern/RTL montre qu'une coalition CDU-FDP remporterait 48 % des sièges du Bundestag, contre 47 % pour l'attelage SPD-Die Linke (La Gauche) - Die Grünen (les Verts).

 

"Coalition jamaïcaine"


Toutefois, un pur calcul arithmétique pousserait à reconduire la "Grande coalition" entre la CDU et le SPD qui dirige l'Allemagne depuis quatre ans. À elles deux, ces formations devraient récolter plus de 60 % des suffrages, selon le dernier sondage Stern/RTL. La formule n'a cependant guère de chance de voir le jour une nouvelle fois. "Les quatre dernières années ont montré que les compromis constants inhérents à cet attelage ne sont pas viables", estime ainsi l'ex-chancelier conservateur Helmut Kohl dans un entretien au magazine "Bild". Le secrétaire général du SPD, Hubertus Heil, ne dit pas autre chose dans le quotidien "Die Zeit", quand il affirme que quatre ans de plus serait une "peine capitale" pour l'Allemagne. Reste que si la CDU ne trouve pas de majorité suffisante avec le FDP, cette option reste, par défaut, la meilleure pour Angela Merkel.


En revanche, l'idée de ce qu'on a appelé, en 2005, une coalition "jamaïcaine" (du fait des couleurs emblématiques de la CDU, le noir, du FDP, le jaune, et des Verts... le vert) associant la CDU, le FDP et les Verts semble peu probable, même si les thèmes écologistes ont sensiblement gagné en importance. À l'époque, la  possibilité d'une telle alliance avait été évoquée pour débloquer l'absence de majorité chrétienne-démocrate ou sociale-démocrate. Mais aujourd'hui, la perspective de jouer la cinquième roue du carrosse n'enchante pas Les Verts. "Une coalition jamaïcaine est exclue", a tranché le chef du groupe au Bundestag, Jurgen Trittin, dans un entretien au quotidien "Die Welt".

Les écologistes ne perdent effectivement pas complètement espoir d'assister à une victoire surprise de la gauche, qui se traduirait alors par la mise en place d'une coalition avec le SPD et Die Linke. Leur atout ? À une semaine du Jour J, plusieurs sondages révélaient que près de 40 % des électeurs étaient encore indécis...

Première publication : 25/09/2009

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