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Economie

Henri Proglio devrait remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'EDF

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/09/2009

Le PDG de Veolia Environnement, Henri Proglio (photo), devrait remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'EDF. François Fillon a annoncé sa nomination sous réserve d'une décision favorable des organes sociaux de l'entreprise.

AFP - Henri Proglio, PDG du groupe de services Veolia Environnement, va remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'Electricité de France, alors qu'un rapprochement entre les deux groupes n'est pas écarté par le gouvernement.

Le départ de Pierre Gadonneix, 66 ans, qui dirigeait depuis 2004 après 17 ans passés à la tête de Gaz de France, a été entériné dimanche soir lors d'un conseil d'administration du groupe public. Son mandat arrivait à échéance le 22 novembre.

Comme le Premier ministre François Fillon l'avait annoncé dans le Journal du Dimanche, il n'a pas été renouvelé dans ses fonctions. Il aurait pu en théorie rester deux ans de plus à la tête d'EDF avant d'atteindre la limité d'âge (69 ans), mais ses déclarations intempestives cet été sur le prix de l'électricité l'ont notamment desservi.

A l'instar de M. Fillon, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a rendu hommage à M. Gadonneix pour le travail qu'il a accompli durant son mandat, tout en soulignant qu'il "faut parfois passer la main, changer d'équipe".

Henri Proglio était depuis des semaines donné favori pour remplacer M. Gadonneix à la tête du premier producteur européen d'électricité.

Administrateur d'EDF depuis 2004, M. Proglio, 60 ans, a l'avantage de bien connaître l'entreprise, est apprécié de la CGT et a une image de "capitaine d'industrie".

Fils de marchands de fruits et légumes, il dirige depuis 9 ans un groupe comptant 336.000 salariés pour un chiffre d'affaires annuel de 36,2 milliards d'euros.

Il a contribué à redresser l'ex-Compagnie Générale des Eaux, qui s'était lourdement endettée sous la présidence de Jean-Marie Meissier.

Sa gestion récente a cependant été contestée par les analystes, qui ont pointé des acquisitions coûteuses à l'étranger.

M. Proglio devrait prendre ses fonctions d'ici au 22 novembre.

Il inaugurera le tout nouvel article 13 de la Constitution, qui soumet certaines nominations présidentielles à l'approbation du Parlement.

Les députés et les sénateurs devraient notamment l'interroger sur la pertinence d'un rapprochement entre Veolia et EDF, souhaité par M. Proglio selon la presse.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé dimanche qu'elle jugerait "sur pièces" de l'intérêt d'un tel rapprochement.

Le ministre chargé du plan de relance, Patrick Devedjian, a lui estimé que "des synergies" pouvaient être "créées entre ces fleurons de l'industrie française".

"C'est pour nous l'occasion de prendre des parts de marché mondial", a-t-il ajouté.

M. Gadonneix - "Gado", comme l'appellent ses collaborateurs - était dans une situation délicate depuis qu'il avait demandé en juillet une hausse des prix de l'électricité de 20% en 3 ans, provoquant une tempête médiatique.

Handicap supplémentaire, il était particulièrement peu apprécié par la puissante CGT de l'Energie, qui lui reprochait un manque de vision industrielle et un climat social tendu au sein de l'entreprise publique.

Enfin, l'affaire d'espionnage informatique de Greenpeace, dans laquelle le groupe EDF a été mis en examen, a aussi contribué à ternir les derniers mois de sa présidence.

Ce polytechnicien aux convictions libérales laisse derrière lui un bilan riche, mais contesté. Sous son règne, EDF a procédé à de nombreuses acquisitions internationales, dont la plus grosse de son histoire avec le rachat de British Energy (13,5 milliards d'euros), au prix d'un endettement très lourd.

Première publication : 27/09/2009

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