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Asie - pacifique

Fin de l'assaut du QG de l'armée à Rawalpindi, une vingtaine de personnes tuées

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/10/2009

Des commandos pakistanais ont réussi à libérer 39 personnes retenues par des militants islamistes dans un bâtiment militaire de Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Trois otages ont été tués, ainsi que huit militaires et huit assaillants.

AFP - L'attaque, lancée 24 heures plus tôt par les talibans, du quartier général de l'armée pakistanaise près d'Islamabad, suivie d'une prise d'otages, a pris fin dimanche sur un bilan très lourd: huit militaires, trois otages et huit assaillants ont été tués.
   
Les insurgés islamistes liés à Al-Qaïda avaient intensifié ces derniers temps une vague d'attentats --essentiellement suicide-- qui a fait déjà plus de 2.200 morts en plus de deux ans. Samedi et dimanche, ils ont démontré qu'ils avaient la capacité de frapper au coeur même du dispositif le plus sécurisé de ce pays, seule puissance nucléaire militaire avérée du monde musulman.
   
Près de 24 heures durant, ils ont tenu en haleine le monde entier dans une attaque très médiatisée suivie d'une longue prise d'otages, 42 (bien 42) militaires et civils employés par l'armée ayant été retenus dans un bâtiment jouxtant le QG de la plus puissante institution pakistanaise, l'armée, dans la ville-garnison de Rawalpindi.
   
L'assaut a été donné à l'aube, quelques secondes avant que les premiers muezzins n'appellent à la prière du matin. Un journaliste de l'AFP a entendu au moins deux explosions, suivies de coups de feu.
   
Trente-neuf otages ont été libérés en deux vagues mais le bilan de l'assaut est lourd: trois ont perdu la vie et deux soldats ont péri, tandis que quatre ravisseurs ont été tués, a indiqué le général Athar Abbas, porte-parole de l'armée. Le cinquième assaillant, blessé, a été capturé quatre heures après le début de l'assaut.
   
Tout avait commencé samedi en fin de matinée: des hommes armés et vêtus d'uniformes militaires s'étaient présentés, à bord d'un minibus, à l'entrée principale du Grand Quartier Général (GHQ), qui abrite, entre autres, l'état-major au grand complet.
   
N'ayant pas réussi à déjouer la vigilance des gardes, ils ont ouvert le feu et lancé des grenades.
   
Dans les violents combats qui ont suivi, plus d'une heure durant, six militaires ont perdu la vie, dont un général de brigade et un colonel, selon des responsables des forces de sécurité.
   
Quatre assaillants ont été tués samedi dans ces combats assez intenses, et les images des commandos se ruant vers les lieux et des hélicoptères de combat bourdonnant au-dessus du QG ont fait le tour du monde.
   
Cinq autres insurgés avaient réussi à prendre la fuite et prendre des otages dans un bâtiment contigu.
   
Le véhicule des assaillants, contrairement à la technique couramment utilisée par les kamikazes islamistes dans plus de 275 attentats ces deux dernières années, n'était pas piégé, selon les militaires.
   
Dès samedi, l'armée a dénoncé une attaque du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), qui a fait allégeance à Al-Qaïda et combat Islamabad pour son alliance avec Washington dans sa "guerre contre le terrorisme".
   
Ce groupe, dont le fief sont les zones tribales du nord-ouest frontalières avec l'Afghanistan, a d'ailleurs revendiqué l'attaque, selon plusieurs chaînes de télévision.
   
Par crainte de nouvelles attaques, la sécurité avait pourtant été renforcée à Islamabad et à Rawalpindi, déjà transformées depuis de longs mois en véritables camps retranchés, constellés de check-points de la police et de l'armée.
   
Car le nouveau chef du TTP, Hakimullah Mehsud, a juré de multiplier les attaques contre "l'Amérique et le Pakistan" pour venger la mort de son prédécesseur Baïtullah Mehsud. Ce dernier avait été tué le 5 août par un des nombreux missiles tirés par les drones américains qui s'abattent très fréquemment sur les zones tribales, visant les cadres d'Al-Qaïda et des talibans afghans et pakistanais.
   
Et, sous la pression intense de Washington, l'armée pakistanaise a lancé récemment des offensives dans le nord-ouest.
   
Ces derniers jours, les collaborateurs du président américain Barack Obama ont signifié que sa nouvelle stratégie pour le conflit en Afghanistan ferait une place importante au Pakistan, son porte-parole Robert Gibbs soulignant que "la plupart, sinon presque tous" les membres du réseau d'Oussama ben Laden qui chercheraient à s'en prendre à nouveau aux Etats-Unis étaient au Pakistan.

Première publication : 11/10/2009

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