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Afrique

Investi président, Ali Bongo nomme Biyoghé Mba Premier ministre

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/10/2009

Ali Bongo a prêté serment ce vendredi, prenant ainsi officiellement la succession de son père à la tête du pays. Il a reconduit Paul Biyoghé Mba comme Premier ministre.

AFP - Investi président du Gabon lors d'une cérémonie boycottée par l'opposition vendredi, Ali Bongo, 50 ans, a promis de préserver l'héritage de son père, Omar Bongo décédé en juin, mais aussi de grands changements notamment sur la lutte contre la corruption et la pauvreté.
   
"Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais (...) et d'être juste envers tous. Je le jure!", a déclaré M. Bongo lors de la cérémonie, ponctuée par 21 coups de canon.
   
Impassible dans son costume paré de l'écharpe rouge, Ali Bongo a toutefois montré quelques signes d'émotion en perdant le fil des feuilles de son discours pour finalement improviser une conclusion en hommage à son père, décédé en cours de mandat alors qu'il était au pouvoir depuis 41 ans.
   
Se plaçant dans la continuité de Léon Mba, premier président du Gabon, et de son père, il a pris "l'engagement de s'inspirer et défendre en toutes circonstances cet héritage précieux", consistant notamment en "l'amour de la patrie, la paix, l'entente, la dialogue et le pardon".
   
Le nouveau président s'est présenté comme un garant de la paix et de l'union, au-delà des clivages ethniques réapparus pendant la campagne électorale et auxquels il a fait allusion, sans jamais les citer.
   
Mais Ali Bongo a surtout promis des "réformes courageuses et ambitieuses afin d'opérer une véritable révolution (des) mentalités", évoquant lutte contre la corruption et meilleur partage des richesses dans un pays producteur de pétrole où le clientélisme et la corruption sont très répandus et dont la majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté.
   
"Je veux un Gabon exempt de la corruption et de l'injustice. Je veux un Gabon où la justice est au service de tous", a-t-il martelé soulevant les applaudissements des invités au palais présidentiel.
   
"Je veux un Gabon où les plus méritants sont récompensés et où la sanction juste est infligée à ceux qui commettent des fautes", a-t-il poursuivi.
   
"J'ai bien compris qu'il y avait urgence d'agir vite pour redonner confiance et favoriser l'émergence d'un nouvel espoir. L'espoir de voir disparaître le chômage, la précarité et toutes les inégalités (...), l'espoir d'aller dans de bonnes écoles, se faire mieux soigner, d'être bien logé, de circuler sur nos routes en toutes saisons, de recevoir sa juste part des fruits et des richesses", a-t-il continué.
   
Auparavant, le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, s'était placé dans la même logique. "Vous avez promis +paix, développement, partage+. Les politiques ont suffisamment ergoté: il faut transformer le quotidien de manière palpable".
   
M. Nzouba Ndama qui a cité Napoléon, Karl Marx, Félix Houphouët-Boigny ou Omar Bongo, a utilisé un proverbe africain pour résumer la situation d'Ali Bongo appelé à gérer l'héritage tout en menant des réformes: "+Celui qui suit les traces d'un éléphant n'a pas à se plaindre de la rosée+, mais à côté de ce nom (Bongo), il reste à vous faire un prénom".
   
Et de prévenir des menaces pesant sur la politique du nouveau président: "D'une main, on vous exigera des réformes, de l'autre, on vous demandera de ne pas aller trop loin et de maintenir les équilibres antérieurs. La tâche est herculéenne."
   
L'opposition, qui conteste les résultats de la présidentielle tenue le 30 août et ne reconnaît pas la décision de la Cour constitutionnelle de valider l'élection d'Ali Bongo avec 41,79% des voix après examen de nombreux recours, n'a pas assisté à l'investiture.
   
La cérémonie s'est déroulée en présence d'une dizaine de chefs d'Etat africains, mais pas du voisin camerounais Paul Biya. La France a dépêché son secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet.

 

Première publication : 16/10/2009

  • GABON

    La Cour constitutionnelle valide l'élection d'Ali Bongo

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