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Afrique

Malgré ses attaques contre Mugabe, Tsvangirai reste au gouvernement

Vidéo par Shirli SITBON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 17/10/2009

Accusé de terrorisme, l'opposant Roy Benett a été libéré vendredi soir. Sa mise en détention, cette semaine, avait provoqué l'ire du Premier ministre du gouvernement d'union, Morgan Tsvangirai (photo).

REUTERS - Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai a annoncé sa décision de boycotter le parti au pouvoir au sein du gouvernement d'union nationale.

Tsvangirai a précisé qu'il ne se retirait pas du gouvernement constitué en février avec le président Robert Mugabe mais qu'il "se désengageait" par rapport à la Zanu-PF, le parti du président.

"C'est notre droit de prendre nos distances par rapport à un partenaire malhonnête et peu fiable. A cet égard, tout en faisant partie du gouvernement, nous allons sur le champ nous tenir à l'écart de la Zanu-PF, en particulier du cabinet et du conseil des ministres, jusqu'à ce que la confiance et le respect soient rétablis", a dit le Premier ministre aux journalistes.

Les tensions à la tête du pays ont été attisées par le placement en détention cette semaine de Roy Bennett, le trésorier blanc du MDC, et son renvoi devant la justice pour terrorisme, ce qui pourrait lui valoir la peine capitale.

Il a été remis en liberté sous caution vendredi soir. "Oui, je viens juste d'être relâché. J'ai été informé de ce que mon procès débuterait lundi", a déclaré Bennett à Reuters.

De nouvelles élections ?

Pour Morgan Tsvangirai, cette arrestation illustre le mépris de la Zanu-PF pour son partenaire politique, ce qui augure mal de la survie du gouvernement d'union.

Si cette crise ne peut être résolue, il faudra organiser de nouvelles élections sous la supervision des Nations unies et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), a-t-il averti.

Réagissant à cette annonce, un responsable de la Zanu-PF, Didymus Mutasa, a fait savoir qu'il s'agissait d'une affaire qui "devait être examinée avec sérieux et nécessitait une réponse collective du parti".

Le ministre des Finances, Tendai Biti, l'un des dirigeants du MDC, doit présenter le mois prochain le projet de budget 2010 mais la décision de son parti risque de paralyser l'action gouvernementale.

Pour Eldred Masunungure, politologue à l'université du Zimbabwe, l'initiative du MDC ne devrait pas amener la chute du gouvernement d'union mais va forcer la SADC, qui a contribué à la mise au point de l'accord de partage du pouvoir, à intervenir pour aider à régler le conflit.

Le président Robert Mugabe est au pouvoir, sans interruption, depuis l'indépendance de cette ancienne possession britannique rebelle en 1980.

 

Première publication : 17/10/2009

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