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La Cour suprême se saisit d'un recours déposé par des détenus de Guantanamo
Des Chinois ouïghours, innocentés mais emprisonnés depuis sept ans à Guantanamo, ont déposé un recours devant la Cour suprême américaine : ils demandent leur libération sur le sol américain.
Après cinq mois de silence, la Cour suprême américaine a accepté de se saisir d’un recours déposé par des Chinois ouïghours emprisonnés depuis sept ans à Guantanamo, demandant leur libération sur le sol américain.
Une dizaine d'Ouïghours, ethnie chinoise turcophone et musulmane, sont depuis des années au cœur d’un ubuesque dilemme judiciaire et administratif. Fin 2001, vingt-deux Chinois ouïghours, fuyant les bombardements américains et alliés contre les Taliban, sont capturés à la frontière pakistanaise par des chasseurs de prime. Persécutés en Chine, ils avaient trouvé refuge dans les montagnes afghanes. Ils sont ensuite été vendus aux autorités américaines qui les accusent d’être des "combattants ennemis" entraînés dans des camps d’Al-Qaïda. Ils sont transférés dans la toute nouvelle base américaine de Guantanamo, à Cuba.
La fermeture de Guantanamo pourrait être retardée
Le Pentagone et plusieurs tribunaux fédéraux les innocentent dès 2004. Neuf d’entre eux ont été relâchés : cinq ont été accueillis en Albanie en 2006, quatre aux Bermudes en juin dernier.
Mais une dizaine d’entre eux n’ont pas encore été libérés : Washington refuse de les renvoyer en Chine où ils pourraient subir des persécutions, et aucun autre pays n’a voulu les accueillir. Ces hommes ont obtenu en octobre 2008 d'un tribunal fédéral le droit d'être libérés sur le sol américain, à Washington où vit une communauté ouïghoure, dont la leader en exil de cette minorité, Rebiya Kadeer. Mais en février, ce jugement a été cassé en appel. Dans les mois qui ont suivi, le Congrès a interdit la libération du moindre détenu de Guantanamo sur le sol américain.
L’archipel pacifique de Palau a offert d’accueillir les 13 derniers hommes mais seuls six ont accepté. Le Canada, l’Allemagne et l’Australie ont été sollicité par l’administration américaine, en vain. La Cour suprême américaine devrait examiner leur recours pendant le premier semestre 2010.
La décision des neuf sages de se saisir de la demande des Ouïghours détenus risque de retarder une fois de plus la fermeture de Guantanamo, promise pour 2010 par le président améticain Barack Obama pendant sa campagne électorale.
























