Dernière modification : 21/10/2009 

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Moubarak derrière Abbas dans le plan de réconciliation interpalestinienne

Moubarak derrière Abbas dans le plan de réconciliation interpalestinienne

Alors que le Hamas a une nouvelle fois repoussé la signature du plan de réconciliation interpalestinien proposé par l'Égypte, le président de l'Autorité palestinienne (photo) doit rencontrer Hosni Moubarak pour tenter de débloquer la situation.

Par Sarah LEDUC (texte)
 

Arrivé lundi soir au Caire, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit aborder, ce mardi, avec le chef de l'État égyptien Hosni Moubarak, la question de la réconciliation interpalestinienne, a indiqué l’ambassadeur palestinien en Égypte.

Mahmoud Abbas, qui a reçu lundi le soutien du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, s’apprête à recevoir, une nouvelle fois, celui d’Hosni Moubarak.

"L’objectif est de soutenir Abbas, malmené dans les sondages à cause de la décision sur le rapport Goldstone, et de souligner que c'est le Hamas qui refuse la réconciliation et bloque l'avancée du processus de paix interpalestinien", explique Ygal Saadoun, correspondant de FRANCE 24 au Caire.

La cote de popularité du président Mahmoud Abbas a chuté après que l'Autorité palestinienne a apporté son soutien au report du vote d'une résolution du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU portant sur le rapport Goldstone.

Ce rapport, qui accuse Israël et le Hamas de "crimes de guerre" lors du conflit à Gaza en décembre et en janvier derniers, a finalement été adopté la semaine dernière à Genève.

L’Égypte perd patience

La visite d’Abbas intervient alors que l'Égypte, engagée dans une médiation en vue d'aboutir à une réconciliation du Hamas et du Fatah, accuse ouvertement le mouvement islamiste de bloquer toute chance de parvenir à un accord.

Pour la quatrième fois depuis le début de l’année, le Hamas a repoussé, ce week-end, la signature d’un accord de paix avec ses rivaux du Fatah.

L’Égypte a signalé qu’elle n’attendrait pas "indéfiniment" le Hamas, estimant que ses "tergiversations" mettent en péril "une réconciliation historique" avec le Fatah, selon une source anonyme égyptienne.

La signature de l’accord de paix interpalestinienne devait avoir lieu le 26 octobre au Caire. Les deux parties, en rupture totale depuis le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza en 2007,  avait jusqu’à dimanche 18 octobre pour accepter une proposition d’accord minimal : la création d’un comité commun de coordination entre la Cisjordanie et Gaza, et le maintien du contrôle du Hamas et du Fatah sur leurs territoires respectifs.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait accepté la proposition mercredi dernier et remis le texte signé aux médiateurs égyptiens.

Simple prétexte

Pour l’Égypte, l’heure n’est plus aux négociations. “Le plan de réconciliation égyptien, que le Fatah a déjà signé, doit être présenté en vue d’être signé, et non négocié", a déclaré dimanche Husam Zaki, le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.  

Mais le Hamas demande un délai "pour plus de consultations internes". "Le Hamas attend de l'Europe qu'elle reconnaisse le prochain gouvernement élu par les Palestiniens, quel qu'il soit ; il demande aussi la levée du blocus israélien sur Gaza et l'ouverture du passage de Rafah", explique Natheer Taha, correspondant de FRANCE 24 à Ramallah.

Le mouvement islamiste a différé, dimanche, sa visite prévue le jour même en Égypte pour apporter sa réponse sur le plan de réconciliation, en raison de l'absence du principal médiateur égyptien, Omar Suleimane.  

Un simple prétexte selon Ygal Saadoun qui précise qu’Omar Suleimane était de retour dans la capitale égyptienne à 14 heures.

Alors que l’annonce de la date des élections palestiniennes approche, les scénarios de sortie de crise restent incertains. "Le moyen de pression pour l’Égypte est de menacer de se retirer des négociations. Mais il est peu probable qu’elle le fasse," reprend Ygal Saadoun, "car il s'agit de l'un des seuls dossiers dans lequel les Égyptiens jouent un rôle central."

 La signature d'un accord a été reportée sine die... et avec elle les perspectives de réconciliation palestinienne.

 

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