Dernière modification : 20/10/2009 

- Cédéao - Élections législatives - Mamadou Tandja - Niger


Le pays mis au ban de la Cédéao après des législatives contestées

Le pays mis au ban de la Cédéao après des législatives contestées

Malgré des appels de la communauté internationale à reporter les élections législatives boycottées par l'opposition, le président nigérien a maintenu le scrutin, entraînant la suspension du Niger de la Cédéao.

Par FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

Malgré les appels répétés de la communauté internationale à reporter les élections législatives, le Niger a bel et bien organisé le scrutin ce ce mardi. Au total, 113 membres du Parlement doivent être élus.

Selon plusieurs médias indépendants sur place, les bureaux de votes étaient presque vides à la mi-journée. Au bureau de vote 47 de Gamkalé, à la périphérie sud de la capitale Niamey, la pile de bulletins de la douzaine de candidats en lice est, par exemple, restée quasi-intacte. Deux heures après le début du vote, on ne pouvait voir que deux enveloppes dans l'urne transparente dans ce bureau où 500 électeurs sont inscrits.

Une vingtaine de formations politiques sont en lice. Mais toutes, ou presque, sont proches du parti présidentiel, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD). L’opposition, les ONG et les syndicats ont appelé au boycott des élections.

"Je souhaite que cette journée soit bonne pour le Niger, que les opérations de vote se déroulent dans la sérénité et que les députés soient de vrais patriotes", a déclaré le président Mamadou Tandja, en glissant son bulletin dans l’urne mardi matin. Les résultats préliminaires sont attendus d’ici trois à cinq jours.

Menaces de sanctions internationales

Quelques heures à peine après l’ouverture du scrutin, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a suspendu le Niger de ses rangs. L’organisation, tout comme l’Union européenne et la France, avait menacé le pays de sanctions si Mamadou Tandja refusait de repousser la date des législatives pour permettre de renouer un dialogue politique avec l’opposition, qui depuis des mois dénonce un "coup d'Etat" constitutionnel du président.

Le pays traverse une crise politique depuis le 26 mai, date à laquelle Mamadou Tandja a dissous le Parlement. Celui-ci s’était opposé à l’organisation d’un référendum constitutionnel visant à prolonger de trois ans le mandat présidentiel. La Cour constitutionnelle, qui avait elle déclaré le référendum illégal, a été dissoute un mois plus tard. Ses membres ont été remplacés par des proches du président Tandja.

Le référendum a finalement eu lieu le 4 août. La réforme constitutionnelle abolissant la limite du nombre de mandats et prolongeant de trois ans le mandat de Tandja a ainsi pu être adoptée.

La tenue du référendum avait été fermement condamnée par la Communauté internationale et l’opposition nigérienne.
 

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