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FRANCE

L’UMP fixe les priorités du grand emprunt

Texte par Thibault LIEURADE

Dernière modification : 20/10/2009

Le parti de la majorité a avancé, ce mardi, ses propositions sur le grand emprunt lors d’une convention nationale. Face aux risques d’alourdir les déficits, l’UMP préconise de cibler les secteurs les plus porteurs pour réinvestir l’argent levé.

La majorité tient à son grand emprunt. Elle a tenté, mardi lors d’une convention, de déminer les critiques avant que la commission présidée par Alain Juppé et Michel Rocard ne rende sa copie début novembre.

"Je trouve très bien que nous prenions le temps de réfléchir aux virages technologiques et stratégiques que la France ne peut pas manquer", s’est félicité Eric Besson, secrétaire national à l’Avenir des Français au sein de l’UMP, en ouverture de la convention.

Annoncé par Nicolas Sarkozy le 22 juin, cet emprunt prévu pour 2010 vise, parallèlement au plan de croissance, à doper l’économie à plus long terme. Il est en particulier critiqué parce qu’il alourdirait automatiquement les déficits publics déjà creusés par la crise économique. "On ne paye les dettes d’hier qu’avec les revenus de demain" a tenté de rassurer à la tribune le conseiller spécial du président, Henri Guaino, par ailleurs à l’origine de l’idée.

Dans le reste de la majorité, on reste plus mesuré. Ainsi, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a lancé l’idée "d'une règle budgétaire nouvelle [...] qui interdirait, sauf période exceptionnelle de crise, d'adopter un budget présentant un déficit au-delà d'un certain pourcentage du PIB" - pourcentage qu'il n'a pas voulu préciser.

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a, de son côté, prôné un ciblage des priorités. "On ne doit pas se disperser", a-t-il déclaré. "Il faut faire des choix en fonction de la rentabilité", a-t-il ajouté, en refusant de donner une idée du montant levé par l’emprunt.

L’emprunt sera-t-il a minima ? Le président de la commission sur le grand emprunt a estimé, lundi dans une interview au journal "Les Echos", que son montant ne devrait pas excédé les 30 milliards d’euros. C’est moins que ne le souhaitait le "père" du projet Henri Guaino. Quant à savoir si cet emprunt sera lancé auprès des institutions financières ou du public (ou bien les deux), le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a, ce mardi, botté en touche. "Ce n'est pas l'objet du débat", a-t-il déclaré. L’idée de lever des fonds auprès des ménages français semble, elle, avoir fait long feu.
 

Première publication : 20/10/2009

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