AFP - Voici quatre cents ans, Galilée braquait vers le ciel une lunette astronomique et découvrait que la Lune pouvait avoir des montagnes comme la Terre et Jupiter des satellites, marquant le début de l'astronomie moderne.
Du 22 au 25 octobre, dans le cadre de l'année mondiale de l?astronomie, des Nuits galiléennes célébreront dans le monde entier l'anniversaire de ces premières observations. Dans de nombreux sites, des astronomes inviteront le public à regarder les cratères de la Lune ou le ballet des satellites de Jupiter.
"Galilée n'est pas l'inventeur de la lunette", mais il a peu à peu amélioré son nouvel instrument "très rudimentaire au départ", explique Jérôme Lamy, historien des sciences.
Des lunetiers des Pays-Bas auraient construits des sortes de longues vues à usage militaire.
Galilée, né à Pise en 1564, devenu en 1592 professeur de géométrie et d'astronomie à l'Université de Padoue, commence à s'intéresser à la lunette début 1609, avant de tenter d'en reproduire une qu'il présente le 21 août à la République de Venise comme une invention personnelle.
"La qualité de la lunette n'était a priori pas très bonne, donc c'était relativement normal qu'on mette en doute ce qu'on y voyait", précise M. Lamy.
L'opposition était aussi "philosophique" : les savants s'inquiétaient du fait que "l'on puisse améliorer nos sens", explique-t-il. Par ailleurs, les observations décrites par Galilée semblaient incongrues dans un ciel jusque là présenté comme immuable et parfait.
D'après le philosophe grec Aristote, dont l'influence restait déterminante, il y avait une séparation absolue entre le monde terrestre imparfait et changeant et le monde céleste parfait et éternel qui commençait à partir de l'orbite de la Lune. La Terre était supposée immobile au centre de l'univers.
Découvrir sur la surface de la Lune, "astre" présumé parfait, des accidents de terrain rappelant "une région comparable à la Bohème", selon les termes de Galilée, remettait en cause les thèses aristotéliciennes.
En janvier 1610, Galilée parvient à observer quatre satellites de Jupiter, ce qui lui va fournir des arguments pour défendre la théorie de Copernic, selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil. Si des satellites tournent autour de Jupiter, comme la Lune tourne autour de la Terre, cela prouve que celle-ci n'est pas le seul centre de rotation de l'univers.
Dès mars 1610, Galilée rend compte de ses observations en faveur de la théorie de Copernic, dans un ouvrage en latin Siderus Nuncius (Le Messager céleste) destiné aux savants.
A l'époque, les écrits de Copernic (1473-1543) défendant l'héliocentrisme, considéré comme un modèle mathématique et non une description d'une réalité, n'ont pas encore été mis à l'index par l'Eglise. Ils le seront en 1615. Galilée est alors convoqué à Rome par le pape qui lui demande de ne plus propager cette théorie.
Mais, en 1632, dans un livre accessible à un plus large public, (Dialogue sur les deux grands systèmes du monde), Galilée montre sa préférence pour le système copernicien, ce qui lui est reproché lors du procès que lui intente l'Eglise en 1633. Son ouvrage est interdit et Galilée doit abjurer ses prétendues erreurs.
Quatre siècles plus tard, Galilée est considéré comme "le premier moderne, en sciences", car il a utilisé des observations, y compris celles très précises des taches solaires, pour valider un modèle cosmologique, souligne M. Lamy.














