Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait promis de lancer une longue bataille diplomatique pour discréditer le rapport Goldstone. Il n’a pas perdu de temps.
Une réunion extraordinaire du cabinet de sécurité israélien a eu lieu, hier, pour débattre des conséquences du rapport qui accuse Israël de "crimes de guerre" pendant l’offensive de Tsahal à Gaza, en décembre et janvier derniers.
Selon un responsable israélien cité par Reuters qui a requis l’anonymat, le gouvernement israélien n’aurait même pas abordé la question de la création d’une commission d’enquête indépendante - ce que demande la communauté internationale.
Il a, en revanche, mis en place une équipe spéciale chargée de faire face à d’éventuelles poursuites à l’étranger.
Elle aura pour mission d'obtenir des États-Unis qu'ils utilisent leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour empêcher le déclenchement d’une action juridique contre des hauts gradés de Tsahal ou des dirigeants politiques israéliens.
"Le Premier ministre a demandé aux organes gouvernementaux compétents d'étudier la mise en place d'une initiative pour amender la législation internationale sur la guerre afin de l'adapter à l'expansion du terrorisme mondial", ont indiqué les services de Benjamin Netanyahou dans un communiqué.
Les dirigeants israéliens redoutent, en effet, que le rapport Goldstone soit adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU, puis transmis à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.
Richard Goldstone rejette les arguments israéliens
Israël a essuyé une sévère défaite diplomatique après la publication du rapport. Des voix se sont élevées en Israël et à l'étranger pour demander la création d'une commission d’enquête indépendante.
Selon l’ultranationaliste ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, cette approbation internationale du rapport Goldstone représente un obstacle à la signature d'un accord de paix avec les Palestiniens. Une injonction rejetée par le juge sud-africain Richard Goldstone...
"C’est une déclaration superficielle et absolument fausse, a déclaré ce dernier lors d’une conférence téléphonique avec des rabbins américains, reprise par la BBC. De quel processus de paix sommes-nous en train de parler ? Il n’existe pas. Le ministre des Affaires étrangères n’en veut pas."
Dans une interview radiophonique, Avigdor Lieberman avait déclaré, au début du mois d'octobre, que le conflit israélo-palestinien n’était pas prêt de se résoudre et que les gens devraient "apprendre à vivre avec".
Un rapport à charge
Commandité par l’ONU, le rapport rédigé par le juge sud-africain Richard Goldstone accuse l'armée israélienne, ainsi que les groupes armés palestiniens, d'avoir commis "des crimes de guerre" durant l'offensive de Tsahal, baptisée "Plomb durci", dans la bande de Gaza en décembre et janvier derniers.
Selon un mouvement palestinien de défense des droits de l'Homme, 1 417 Palestiniens, dont 926 civils, ont été tués pendant l'offensive. Selon Israël, 709 combattants palestiniens, 295 civils et 162 personnes dont le statut n'a pu être établi ont péri.
Dix soldats et trois civils israéliens avaient, pour leur part, été tués lors de l'assaut.















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