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Eric Woerth, Ministre du Budget
Roselyne Febvre reçoit Eric Woerth, Ministre du Budget, pour débattre du budget 2010. Au cours de cet entretien, le ministre s'est engagé à compenser le manque à gagner de la suppression de la taxe professionnelle pour les collectivités locales.
Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans "Politiques" avec notre invité, Eric Woerth, ministre du budget. Bonjour.
Eric WOERTH.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Merci d'être sur ce plateau. On va parler d'un sujet très, très sérieux qui est la taxe professionnelle puisque, dans le cadre du projet de loi sur le budget 2010 qui est discuté en ce moment à l'Assemblée nationale avec des députés quand même très remontés, vent debout, sur les conséquences de la suppression de cette taxe professionnelle, il y aura de la casse, prévient un ancien ministre de l'Economie centriste, Jean Arthuis pour pas le nommer. Par quoi vous allez compenser le manque à gagner pour les collectivités locales ? Est-ce que ça veut dire qu'il va y avoir des hausses d'impôts ?
Eric WOERTH.- C'est normal qu'il y ait des discussions. On est en train de faire une réforme de l'impôt très spectaculaire. On n'a jamais fait de réforme fiscale comme ça depuis des dizaines d'années : supprimer la taxe professionnelle parce que c'était un mauvais impôt qui empêchait les entreprises d'investir. Donc l'objectif déjà initial, c'est un objectif vers l'entreprise. Ne pas faire peser des charges qui n'existent pas dans d'autres pays et donc qui nuisent à la compétitivité de nos entreprises et de nos emplois. Par ailleurs, cette taxe professionnelle, elle permettait aux collectivités locales d'avoir des recettes importantes. L'Etat dit: "Je remplace la taxe professionnelle par une cotisation sur la valeur ajoutée, sur les biens fonciers, sur les terrains, sur les bâtiments mais d'une façon très inférieure à ce qu'était la taxe initiale." Donc on va compenser vis-à-vis des collectivités locales d'une certaine façon ce manque à gagner en 2010 et en 2011.
Roselyne FEBVRE.- Donc aux impôts ?
Eric WOERTH.- Voilà. On compensera par des dotations budgétaires ce qui revenait aux collectivités locales et en même temps on dit aux collectivités : "Modérez la hausse de vos dépenses."
Roselyne FEBVRE.- Oui, c'est-à-dire que vous considérez... Ces collectivités locales, elles veulent leur autonomie mais est-ce qu'elles ne font pas des dépenses inconsidérées ?
Eric WOERTH.- Leurs dépenses augmentent beaucoup plus vite que les dépenses de l'Etat. L'Etat, il a quasiment gelé l'augmentation de ses dépenses depuis deux ans alors que les collectivités augmentent leurs dépenses de 4 %, 5 %, 6 % par an. Le Premier ministre, moi-même l'avons dit à plusieurs reprises: "Il faut modérer la dépense locale, c'est indispensable." C'est indispensable. On peut pas avoir un Etat global avec toutes les dépenses que nous avons (sociales, économiques etc.) en déficit et puis en même temps avoir des collectivités qui continuent à avoir des dépenses parfois trop importantes.
Roselyne FEBVRE.- Ils ne sont pas responsables, d'après vous ?
Eric WOERTH.- Je ne vais pas dire ça parce que ce n'est pas vrai. Les collectivités locales, elles essaient de faire leur travail de proximité. Mais en même temps elles peuvent quand même bien modérer leurs dépenses. C'est très important. Mais on doit le faire dans un débat serein.
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est une façon de les responsabiliser ?
Eric WOERTH.- Il faut de la responsabilité. L'Etat doit être responsable vis-à-vis des collectivités. On joue le rôle d'amortisseur. Pourquoi les collectivités souffrent moins de la crise aujourd'hui que l'Etat ? C'est parce que c'est l'Etat qui a amorti au fond le choc de la crise pour les collectivités locales.
Roselyne FEBVRE.- Mais ça coince quand même la majorité. Ça fait mauvais genre, non ?
Eric WOERTH.- Les élus sont des élus locaux aussi, donc ils regardent leurs budgets. Ils regardent les budgets de leur ville, de leur département. Mais ils doivent vraiment essayer de se dire : "Au fond, comment j'essaie de freiner la dépense locale ?" et puis de se dire aussi que, quand une entreprise existait et qu'elle partait, il y avait plus de taxe professionnelle, donc il faut bien essayer de consolider d'abord les entreprises sur notre territoire.
Roselyne FEBVRE.- Autre sujet, les banques. Un député socialiste propose de surtaxer les bénéfices des banques. Visiblement, c'est non pour le gouvernement.
Eric WOERTH.- D'abord ce n’est pas parce que le système financier va aujourd'hui mieux, que le crédit repart plutôt correctement qu'il faut commencer à taxer tout de suite ce qui va un peu mieux et qui sort de convalescence. Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. En plus, si on le fait au niveau français et que ce n'est pas fait au niveau européen ou mondial, on crée une distorsion énorme.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais l'Etat a joué le rôle d'assurance. Est-ce qu'il n'y a pas une sorte de remboursement, on va dire ?
Eric WOERTH.- C'est vrai mais l'Etat a été rémunéré pour ça. On a diverses façons puisqu'on a aidé les banques de deux manières. Quand on cumule les revenus tirés par cette aide, au fond, par les intérêts qu'on en a retiré, par les bénéfices que le contribuable a retiré, c'est presque 2 milliards d'euros. C'est presque 2 milliards d'euros. Donc les banques, elles ont remboursé et en plus elles ont payé pour le service, au fond, de garantie qu'a offert l'Etat français. Donc il y a bien eu un avantage, un bénéfice retiré par l'Etat de l'aide qu'il a faite aux banques.
Roselyne FEBVRE.- Vous voulez pas "plomber" le système bancaire français, comme le dit Christine Lagarde ?
Eric WOERTH.- Je crois que ce serait une erreur. Ce serait vraiment une erreur de se dire: "Ça repart." Surtout en 2010 avec une reprise légère mais qu'il faut accompagner. Tout ça est fragile. Ce serait vraiment une erreur considérable de se laisser aller à tout simplement de l'émotion.
Roselyne FEBVRE.- Ce serait une erreur de croire que ça repart ? Donc ça veut dire que ça ne repart pas complètement ?
Eric WOERTH.- C'est une erreur de croire que la reprise qui commence à se faire jour est solide. Elle est fragile. Elle est fragile en France comme elle est fragile dans les autres pays, donc il faut l'accompagner, donc il faut pas faire ça. Par contre, que les banques participent au financement de l'organisme notamment qui va contrôler, réguler l'ensemble du système bancaire, que ce soit les banques qui paient cela, oui, bien sûr. Et ça, ça va être fait.
Roselyne FEBVRE.- Donc un projet de loi sur fond d'explosion des déficits publics. Dans les pays industrialisés, les façons de lutter contre la crise sont différentes. Pour, par exemple, la Grande-Bretagne, c'est la rigueur. En Espagne, c'est les impôts qui augmentent. En Allemagne, on consolide les finances publiques. La France, elle, a choisi de laisser filer les déficits. Est-ce que c'est un pari risqué ? Est-ce que ce n'est pas irresponsable quand même ?
Eric WOERTH.- Mais les autres pays font la même chose. Les autres pays, ils ont relancé, plutôt moins vite que nous, d'ailleurs, et souvent à plus grands frais. Les autres pays connaissent des augmentations de déficit public qui sont plutôt plus importantes que la nôtre. Alors, parfois, on partait de plus bas. Enfin, eux partaient de plus bas et nous de plus haut. Mais la plupart des pays ont le même type de déficit que nous. Les Allemands ont le même type de déficit aujourd'hui, enfin, d'évolution.
Roselyne FEBVRE.- Ils ont 3,5 % de déficit, nous 8,5 %.
Eric WOERTH.- Oui mais l'évolution... D'accord mais ils étaient à zéro. Ils sont passés de 0 % à 3,5 %. Ça veut dire qu'ils ont augmenté de 3,5 % leur déficit.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais la récession est plus forte chez eux.
Eric WOERTH.- Je ne sais pas. Nous, on l'a augmenté de 3,6 %, ils l'ont augmenté de 3,5 %. Et l'année prochaine, notre déficit, il va augmenter un petit peu, les Allemands augmentent aussi, exactement de la même manière, leur déficit
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est proportionnel ?
Eric WOERTH.- C'est proportionnel. Ce qu'il y a, c'est que les réponses des Etats sont différentes selon les circonstances. Les Espagnols, par exemple, disent : "On va augmenter les impôts." Les Espagnols, ils ont assez peu d'impôts, donc ils ont plus de marge. Les Français, eux... Nous, en France, on a des impôts très élevés. On est le cinquième pays au monde en termes d'impôts, donc ce n'est pas une bonne solution. Si on augmente les impôts, on diminue la chance de reprise. Donc il faut à la fois limiter les dépenses, toutes les dépenses. C'est ce qu'on fait plutôt bien. Dans le domaine de la Sécurité sociale, pour la première fois depuis - je sais pas - 1997 on tient l'objectif de dépenses de l'assurance-maladie, on respecte ce qu'on avait prévu. Et comme on avait prévu quelque chose de - en plus - assez serré, c'est vraiment très bien. Et l'Etat, il maintient sa dépense quasiment égale. Donc on doit maintenir ça et puis on doit retrouver de la croissance. Le chemin pour la France, c'est de retrouver de la croissance par des réformes de structure.
Roselyne FEBVRE.- C'est le pari que vous faites.
Eric WOERTH.- S'il n'y a pas de croissance, on ne sait pas financer notre modèle économique et social.
Roselyne FEBVRE.- Les Européens se sont concertés sur un plan de soutien aux banques pendant la crise. Est-ce qu'il ne faut pas une même coordination de plan pour la relance et les moyens d'un retour à la croissance ? Est-ce qu'il ne faudrait pas harmoniser tout ça ?
Eric WOERTH.- Si. D'ailleurs, à Pittsburg, au moment du G 20, les Etats se sont dit : "Il faut qu'on aide à la reprise."
Roselyne FEBVRE.- Oui mais c'est : "faut qu'on".
Eric WOERTH.- Oui mais c'est déjà pas mal de dire : "Attention, tout ça est très fragile." Il faut que les plans de relance dans les différents Etats, qui ont été différents parce que la France n'est pas l'Allemagne, n'est pas les Etats-Unis, on a chacun notre modèle, que ces plans de relance, il fallait pas les débrancher trop vite." Si vous débranchez la prise électrique du plan de relance, le truc, ça s'arrête, quoi. Donc il faut faire très, très attention à ça. C'est pour ça que nous, dans notre budget, on a remis à peu près 5 milliards d'euros en crédit et puis... Enfin, quand on regarde tout ce qu'on fait encore au niveau de la reprise, pour aider à la reprise, c'est 15 milliards dans le budget de l'Etat cette année. Pour accompagner cette reprise. Parce que, si la reprise n'est pas là, au fond, les recettes fiscales ne rentreront pas etc. Moi, je crois à l'augmentation des recettes. Il faut que l'Etat ait évidemment plus de recettes, comme la Sécurité sociale, mais pas par l'augmentation des impôts, par l'augmentation de l'activité. C'est pour ça qu'il nous faut de la croissance.
Roselyne FEBVRE.- Nicolas Sarkozy avait nommé pendant la crise un ministre de la Relance. Est-ce qu'on peut imaginer de nommer un ministre de la Réduction de la dette ? Est-ce que ce serait pas une bonne idée ?
Eric WOERTH.- Mais c'est moi, le ministre de la Réduction de la dette. Alors vous pouvez me dire : "Elle se réduit pas beaucoup."
Roselyne FEBVRE.- Ah, c'est vous ?
Eric WOERTH.- C'est le ministère du Budget ; c'est Christine Lagarde, le ministère de l'Economie. La réduction de la dette, c'est d'abord la réduction des déficits. La dette française, c'est l'accumulation d'un certain nombre de déficits depuis des années.
Roselyne FEBVRE.- Enfin, quand on voit le grand emprunt, ça va pas améliorer les choses.
Eric WOERTH.- Oui mais je voudrais juste vous dire quelque chose. On est sur une chaîne qui diffuse partout dans le monde. La dette française, la dette de l'Etat français, elle est inférieure à la moyenne des dettes de l'Union européenne. Personne ne le sait. C'est comme ça. Et la dette française, elle est inférieure à la dette des Etats de l'OCDE. On est inférieurs de 15 points. A la fin de l'année 2010 on sera inférieurs de 15 points de PIB par rapport à l'ensemble des Etats de l'OCDE. Donc la dette française, elle est inférieure à la plupart des dettes des autres Etats.
Roselyne FEBVRE.- Et c'est censé nous rassurer ?
Eric WOERTH.- Non, je ne dis pas ça pour vous rassurer mais quand même, quand on est dans un monde mondialisé, il faut se comparer. Si on ne se compare pas, on comprend plus rien. Donc la dette française, elle est inférieure à la plupart des dettes. Et quand on prend la dette publique, la dette de l'Etat français, plus la dette des ménages... La crise est venue de l'endettement privé. Alors la dette française, privée plus publique, est infiniment inférieure à beaucoup d'autres dettes.
Roselyne FEBVRE.- Donc, en quelque sorte, quand je me regarde, je me déçois et quand je me compare, je me rassure. C'est ça ?
Eric WOERTH.- C'est un peu ça. Alors ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le combattre. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire quelque chose. Et ce qu'il faut faire, c'est la réduction des déficits. Nous avons trop de déficits structurels. Je ne parle même pas de la crise. Des déficits structurels dus à trop de dépenses publiques
Roselyne FEBVRE.- Ajoutés aux conjoncturels !
Eric WOERTH.- On a trop de dépenses publiques. Il faut réduire le niveau des dépenses publiques en France.
Roselyne FEBVRE.- Je voudrais vous poser une question un peu personnelle. Est-ce que cette politique qui consiste à laisser filer les déficits reflète franchement votre conviction profonde, Eric Woerth, ou ce sont les instructions de l'Elysée que vous appliquez ?
Eric WOERTH.- Mais moi, je laisse rien filer. Il y a une seule chose qu'on laisse filer. Et ça, c'est pas des instructions. Enfin, on travaille tout le temps. Je vois le président de la République trois fois par semaine avec le Premier ministre, donc c'est un travail collectif. On ne laisse pas filer. Je ne pense pas que ce soit la bonne manière de dire. On accepte la chute des recettes. La crise, c'est une chute des recettes. Les recettes fiscales françaises, c'est 20 % de chute. L'impôt sur les sociétés, c'est 30 milliards d'euros de moins. Comment peut-on éviter de laisser tomber ces recettes ? On ne peut pas. Parce que, si on essaie d'éviter ça... Dans une crise comme celle-là, vous êtes sur un toboggan. Eh bien on essaie d'inverser le toboggan pour que ça remonte. Ou alors vous augmentez les impôts. Les socialistes, ils voudraient qu'on augmente les impôts. Ils nous disent ça tout le temps. Je suis à l'Assemblée en ce moment, j'ai quitté l'Assemblée pour venir parler avec vous. Mais les socialistes disent tout le temps : "Il faut augmenter les impôts."
Roselyne FEBVRE.- Pourtant, eux, ils les baissaient quand ils étaient... Laurent Fabius, par exemple...
Eric WOERTH.- D'abord ils les ont souvent baissés mais ils ont oublié cette période. Et, évidemment, la réponse française pour avoir plus de croissance, c'est à un moment donné de libérer notamment les entreprises de charges trop importantes. Parce que, à ce moment-là, elles créent plus d'emplois.
Roselyne FEBVRE.- Justement. Sur le bouclier fiscal, qui exonère d'impôts tout ce qui dépasse 50 %, on commence à entendre des voix discordantes à droite, dont le député Varsman, qui veut finalement amender ce bouclier fiscal parce que beaucoup de gens considèrent qu'il est injuste. J'ai envie de vous donner un exemple. Ceux qui ont des gros revenus crèvent le plafond des 50 %, ils bénéficient du bouclier. Par exemple, un pêcheur de l'île de Ré qui gagne le Smic, s'il a un patrimoine, une maison, il ne va pas en bénéficier et il va payer l'ISF parce qu'il a un patrimoine. Est-ce que ça, c'est pas inique, franchement ?
Eric WOERTH.- En fait, il va en bénéficier aussi parce qu'il aura un petit revenu, il aura un patrimoine qui vaudra beaucoup d'argent et donc il aura un ISF et donc il est probable que son impôt dépassera 50 % de ses revenus. D'ailleurs...
Roselyne FEBVRE.- Il faut abolir l'ISF ou pas ? Est-ce qu'il faut l'abolir ?
Eric WOERTH.- Non, il ne faut pas changer ce qu'on a fait. Il faut en rester là. Nous avons créé un bouclier qui, en réalité, est une sorte de plafond fiscal de dire : "Au-delà de 50 % de fiscalité par rapport à vos revenus...
Roselyne FEBVRE.- Et c'est pas une bêtise avec le recul ?
Eric WOERTH.- Au-delà de cela, ça devient de la surimposition, de la surpression fiscale. Dans tous les Etats du monde, c'est comme ça. Nous, on a un bouclier. D'autres Etats ont moins d'impôts. Nous, on a beaucoup d'impôts, donc il faut bien admettre à un moment donné qu'il faut se dire : "Beaucoup d'impôts, quand on les cumule tous, il faut que ça s'arrête à 50 %." Alors je sais bien que c'est un débat dans la majorité. Parce que souvent la majorité, quelques éléments dans la majorité disent : "Ah oui mais, en temps de crise, il faut pouvoir payer plus."
Roselyne FEBVRE.- Donc il est pas injuste, d'après vous ?
Eric WOERTH.- Je ne crois pas qu'il faille faire ça. Parce qu'un principe, c'est fait pour être respecté. Si vous ne respectez pas le principe et que vous commencez à l'écorner, il y a plus de principe.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais il est pas interdit de changer d'avis quand on voit qu'on s'est trompé peut-être.
Eric WOERTH.- Non mais il n'est pas interdit non plus d'avoir de la suite dans les idées. Et c'est équitable. C'est normal de ne pas aller au-delà de 50 %. C'est normal. Et la personne dont on dit : "Au-dessus de 50 % elle devrait pouvoir continuer à financer la CSG ou la CRDS" même en temps de crise, au fond, elle paie bien 50 %. Et quand ce n'est pas la crise, elle paie bien toujours 50 %. Et si on veut que tous les Français s'en aillent, si on veut qu'ils partent ailleurs et qu'ils aillent mettre leur argent ailleurs, et Dieu sait que je lutte contre la fraude, alors il faut continuer comme ça.
Roselyne FEBVRE.- Avec la crise, le capitalisme a mauvaise presse. Dans le centre d'affaires qu'est la Défense, près de Paris, les grosses entreprises comme Total ou la Société Générale ont leur siège social. Est-ce que confier la gestion de l'Epad à Jean Sarkozy va contribuer à restaurer la confiance des Français et des investisseurs étrangers ?
Eric WOERTH.- Ecoutez, c'est une polémique qui, je trouve, est un peu ridicule. Jean Sarkozy est un élu. C'est un élu ! Avant d'être le fils du Président de la République, c'est d'abord un élu. C'est Jean. Voilà. Il est élu comme d'autres sont élus, comme 3 000 conseillers généraux en France. Il est élu au Conseil général, donc les conseillers...
Roselyne FEBVRE.- Oui mais ça... On nous a servi cet argument.
Eric WOERTH.- Oui mais il est élu ! Non mais... Oui mais on nous sert la question, on peut servir la réponse aussi. Il est élu. A partir du moment...
Roselyne FEBVRE.- On lit dans "Le Canard enchaîné" que Fillon, le Premier ministre, trouve ça désastreux pour l'image...
Eric WOERTH.- Non mais j'en sais rien. "Le Canard enchaîné" n'est pas toujours si bien informé que cela. Donc il est élu...
Roselyne FEBVRE.- Vous, ça ne vous choque pas ?
Eric WOERTH.- Non, ça ne me choque pas. Il est élu. A partir de ce moment-là, le Conseil général désigne des représentants dans cet organisme, si important soit-il. Mais enfin, vous savez, les conseillers généraux, ils siègent dans plein d'organismes importants en France. Et, à partir de ce moment-là, il peut être président de cet organisme puisque c'est souvent... En fait, la présidence est souvent confiée à un conseiller général. Et puis il y a une équipe. Le président, il représente le Conseil général, il représente les élus, il oriente. Et de l'autre...
Roselyne FEBVRE.- Il ne va pas trop vite ? A vingt-trois ans, ce n'est pas trop vite ?
Eric WOERTH.- Mais écoutez, on dit toujours que les gens, en France, il faut attendre d'avoir des cheveux blancs ou plus de cheveux pour réussir. C'est une erreur, il montre le contraire. Ça ne me choque pas. On verra. Si c'est un bon président de l'Epad, eh bien on sera très contents que ce soit un bon président de l'Epad. Pourquoi au départ absolument essayer de plomber quelqu'un ? Donc, en fait, c'est pas lui qu'on veut plomber, c'est le président de la République qu'on veut plomber.
Roselyne FEBVRE.- Justement. Beaucoup sont montés au créneau.
Eric WOERTH.- Celui qu'on vise, c'est Nicolas Sarkozy, ce n'est pas Jean Sarkozy.
Roselyne FEBVRE.- Alors vous êtes partisan du fameux complot médiatique contre Nicolas Sarkozy ? C'est quoi ? C'est le groupe Lagardère ? Bouygues ?
Eric WOERTH.- Non, non. Moi, je ne dis pas qu'il y a un complot. Je dis que celles et ceux qui emploient souvent cet argument et qui en rajoutent, on peut poser des questions mais qui en rajoutent parce que, franchement, on en rajoute beaucoup sur le sujet, et notamment à gauche, c'est des gens qui effectivement ne cherchent pas à viser Jean Sarkozy mais essaient de viser Nicolas Sarkozy, le président de la République. Comme ils n'arrivent pas à le déstabiliser sur la politique elle-même... Et qu'ils essaient, hein ! Ils allument des trucs, ils s'arrêtent tout de suite. Bon, eh bien ils essaient de le faire par d'autres moyens. Je pense que la France mérite mieux que ce type de polémique.
Roselyne FEBVRE.- Il y a le procès Clearstream. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé dix-huit mois avec sursis et 45 000 euros d'amende pour Dominique de Villepin. C'est un tarif spécial pour l'ancien Premier ministre ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Eric WOERTH.- C'est la justice. C'est la justice en France. Elle est totalement indépendante. Elle fait son métier. Le procès est en cours. Donc, évidemment, je ne vais pas le commenter. Il est en cours. Il y aura, je crois... Les avocats doivent être en train de préparer...
Roselyne FEBVRE.- Il est cuit politiquement, Dominique de Villepin, ou il va remonter sur son cheval ?
Eric WOERTH.- Ecoutez, je n'en sais rien. Je pense que... Franchement, je n'en sais rien. On attendra le verdict et puis... Je ne sais pas.
Roselyne FEBVRE.- Vous me faites de la belle langue de bois, là !
Eric WOERTH.- Oui, sûrement. Non mais je ne sais pas. Est-ce qu'il sera condamné en janvier ? Je n'en sais...
Roselyne FEBVRE.- Oui, c'est gênant pour vous, je comprends.
Eric WOERTH.- Non, ce n'est pas gênant pour moi du tout. C'est un prévenu, il est devant un tribunal, on lui reproche...
Roselyne FEBVRE.- Non mais c'est une affaire politique, tout le monde le sait.
Eric WOERTH.- Non mais ce n'est pas une affaire politique, c'est une affaire de barbouzes, c'est pas autre chose. Donc, après, la justice dit s'il y a des coupables ou pas. La justice le dira. Et puis, après, les coupables seront condamnés ou ne seront pas condamnés. On verra. Je ne sais pas.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que la complicité de dénonciation calomnieuse par abstention volontaire, est-ce que ce n'est pas un peu alambiqué comme affaire ?
Eric WOERTH.- Mais il y a une justice. La justice, ce n'est pas sur les plateaux de télé. La justice, c'est dans les prétoires et elle est rendue en France sérieusement et de façon indépendante. Donc il y a une formule consacrée : "Je fais confiance à la justice." Donc la justice dira... Mais comment voulez-vous commenter une décision de justice qui n'a pas encore été prise ? La décision de justice, c'est au mois de janvier !
Roselyne FEBVRE.- Mais tout le monde commente, c'est...
Eric WOERTH.- Mais non. Mais personne ne commente. Et certainement pas moi. On verra au mois de janvier. On verra au mois de janvier.
Roselyne FEBVRE.- Attendons, soyons patients, peut-être récolterons-nous vos confidences. Mais vous redirez la même chose : que vous ne commentez pas un verdict.
Eric WOERTH.- Quand le procès sera terminé, on pourra commenter, on pourra se poser des questions. Mais, pour moi, l'avenir politique du pays, c'est Nicolas Sarkozy.
Roselyne FEBVRE.- Merci beaucoup, Eric Woerth. Merci d'être venu sur France 24. Tout de suite les infos. On se retrouve plus tard. Merci.


























Commentaires (1)
Retraite
Monsieur,
Serait'il possible de proposé le planning suivant :
65 Ans 164 Trimestres
64 Ans 166 Trimestres
63 Ans 168 Trimestres
62 Ans 170 Trimestres
61 Ans 172 Trimestres
60 Ans 174 Trimestres
Par contre 59 Ans 178 Trimestres
58 Ans 182 Trimestres
Je vous laisse faire la règle de 3
Cordialement Claude BOULANT
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