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EUROPE

En cinq jours, près de 8 000 musulmans sont massacrés à Srebrenica

©

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 31/12/2009

Le massacre de Srebrenica en juillet 1995 a été la pire tuerie qui s'est déroulée en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est accusé devant le TPIY d'en être l'instigateur.

Radovan Karadzic ne s’est pas présenté à l’ouverture de son procès à La Haye, mais le souvenir du massacre de Srebrenica devrait, lui, y être omniprésent. Près de 8 000 musulmans bosniaques ont été tués en juillet 1995. L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie est accusé d’être l’instigateur de cette tuerie, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. 

"La population de Srebrenica est au cimetière, il n’y a plus personne en ville, c’est une ville morte", affirme à FRANCE 24 Fazila Efendic, une survivante du massacre. Pourtant, en 1993, en pleine guerre de Yougoslavie, Srebrenica est inscrite par le Conseil de sécurité de l’ONU à la liste des "zones sûres", sous contrôle des forces de l’Otan. Six cents soldats hollandais doivent assurer la sécurité de la population de cette ville à majorité musulmane. Un contingent qui va se révéler incapable d’arrêter l’entreprise "d’épuration ethnique" des Serbes de Bosnie. 

En mars 1995, Radovan Karadzic, alors président de la République autoproclamée des Serbes de Bosnie, va, dans un document connu sous le nom de "directive 7", ordonner le siège de l’enclave afin de créer une "situation d’insécurité totale qui ne laisse aucune chance de vie ou de survie aux habitants de Srebrenica".

Massacre programmé

Des mots que le bras armé de Karadzic, le général Radko Mladic, va traduire en acte en juillet 1995. L’assaut final commence le 6 juillet 1995 alors que la ville, où se terrent plusieurs dizaines de milliers de personnes, est coupée du reste du monde depuis le mois de mai. En quelques jours, Mladic et ses hommes prennent possession des lieux. Personne sur place ne semble alors douter de l’issue de cette opération. Les humanitaires envoient des télégrammes désespérés pour avertir l’extérieur d’un massacre programmé. Les combattants bosniaques à Srebrenica avaient, en outre, remis leurs armes aux forces de l’Otan et étaient donc sans défense.

L'assaut commence le 12 juillet. En 30 heures, les forces serbes de Bosnie isolent 23 000 femmes et enfants de moins de 12 ans qu’ils font déporter. Selon les récits de témoins, les premiers massacres ont lieu le 13 juillet dans un entrepôt du village voisin de Kravica.

Seulement 3 000 corps identifiés

En 5 jours, près de 8 000 civils musulmans seront tués sans que la communauté internationale ne réagissent vraiment. Les forces hollandaises avaient bien demandé un soutien aérien à l’Otan. Il se matérialisera par deux frappes aériennes, bien trop peu pour stopper l’opération des Serbes de Bosnie.

Depuis la fin de la guerre, seuls 3 000 corps ont été identifiés. La Commission internationale pour les personnes disparues dépense en ex-Yougoslavie 3 millions d’euros par an pour mettre à jour tous les restes et donner un nom à tous les corps déterrés. Si Radovan Karadzic, entre autres charges, doit répondre de la responsabilité politique de ce drame, l’homme sur le terrain qui a supervisé le massacre, Radko Mladic court toujours.

Première publication : 26/10/2009

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