Dernière modification : 27/10/2009 

- Angola - Angolagate - France - Justice


Les 42 prévenus de l'Angolagate fixés sur leur sort ce mardi

Le jugement du procès de l’Angolagate, affaire de commerce d’armes vers l’Angola où nombre de personnalités françaises sont incriminées, est attendu ce mardi. La décision pourrait affecter les relations entre Paris et Luanda.

Par Sonia DRIDI (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

C’est un jugement très attendu que doit rendre le tribunal correctionnel de Paris ce mardi après-midi. L’homme d’affaires français Pierre Falcone, le milliardaire israélien Arcadi Gaydamak, Jean-Christophe Mitterrand - le fils du défunt président -, l’ancien ministre Charles Pasqua, l’écrivain Paul-Loup Sullitzer... Les 42 prévenus de l’Angolagate devraient enfin être fixés sur leur sort, plus de 15 ans après leur implication présumée dans cette affaire de trafic d’armes vers l’Angola.
 
Durant le procès qui s’est tenu d’octobre 2008 à mars 2009, six ans de prison ont été requis contre les deux principaux accusés, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, accusés d’avoir mis sur pied un trafic de 790 millions de dollars. Le premier a invoqué l’immunité diplomatique - il est représentant permanent de l’Angola à l’Unesco - le second, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, ne s’est pas présenté au procès.

Pots-de-vin
 
Les 40 autres prévenus sont accusés soit d’avoir participé à l’organisation de ce commerce, soit d’avoir usé de leur influence pour faciliter ce trafic, en échange de pots-de-vin de la part des deux associés. Tous ont plaidé non coupable. L’accusation n’a plaidé la relaxe que pour l’ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, soupçonné d’avoir usé de son influence pour régler un redressement fiscal dont faisait l’objet la société de Pierre Falcone.
 
Le sénateur français Charles Pasqua et l’ancien préfet du Var Jean-Charles Marchiani sont accusés d’avoir reçu plusieurs centaines de milliers de dollars pour réaliser du lobbying en faveur des intérêts congolais. Jean-Christophe Mitterrand aurait servi d’intermédiaire en échange de 2,6 millions de dollars.

Le jugement, s’il est sévère, pourrait "envenimer les relations entre la France et l’Angola", alors que les deux Etats se sont récemment rapprochés, explique Philomé Robert, spécialiste justice à FRANCE 24. Le journaliste rappelle que la France a des intérêts économiques dans ce pays d’Afrique en pleine reconstruction après 27 ans de guerre civile. "L’Angola est le premier producteur de brut en Afrique et la France est devenu son sixième partenaire commercial", souligne-t-il.

Guerre civile angolaise
 
A l'ouverture du procès, l’Angola avait demandé le retrait des pièces incriminantes, prônant le "respect du secret défense d'un pays étranger". Luanda estimait qu’il ne fallait pas discuter publiquement "dans une enceinte de justice étrangère" d’éléments relevant de "ses prérogatives de puissance publique touchant ses intérêts d'Etat et de défense".

Les faits se sont déroulés pendant la guerre civile angolaise. En 1993, la France refuse de vendre des armes au président José Eduardo Do Santos, qui lutte contre les rebelles de l’Unita. L’accusation reproche à l’homme d’affaires français Pierre Falcone et au milliardaire israélien d’origine russe Arcadi Gaydamak d’avoir alors fourni au pays 420 chars, 150 000 obus, 12 hélicoptères, 6 navires de guerre et 170 000 mines antipersonnel.

Les deux associés reconnaissent avoir livré ce matériel, à l’exception des mines, mais estiment qu’ils n’avaient pas besoin de l’accord de Paris car ces armes provenaient de l’ancien bloc soviétique, qu’elles ne sont pas passées par la France et que la société qui les a vendues, ZTS Osos, était basée en Slovaquie.

Commentaires (2)

Nous le Angolais

Nous Voulons que Ms Dos Santos soi arete e condane como se alier
merci.

Angolagate

Vive la justice Francaise, qui, malgrè tant de manoeuvres de déviation, vient de braquer les princes de la mort: oh cette France-Afrique !
Aujourd'hui c'était l'Angola, demain ce devrait être le Rwanda avec les mêmes acteurs ou presque!
Bravo les gars !

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer