Dernière modification : 27/10/2009 

- Éric Besson - Immigration - Politique française


"L'identité nationale est un mythe"

Qu’est-ce qu’être Français ? Telle est la question qui sera au centre du débat que lancera le ministre français de l'Immigration, le 2 novembre. Pour l’anthropologue Régis Meyran toutefois, la notion d'identité nationale n'est qu'un mythe. Interview.

Par FRANCE 24 (texte)
 

Le ministre français de l’Immigration, Éric Besson, l’a annoncé lundi : le débat sur l’identité nationale sera lancé le 2 novembre, pour s'achever le 28 février. Parmi les questions qui y seront soulevées : "Qu’est-ce qu’être Français ?" et "Comment mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale auprès des ressortissants étrangers ?" Dans les "100 préfectures de département et [les] 350 sous-préfectures d’arrondissement" du pays, des réunions seront organisées avec "l’ensemble des forces vives de la nation", indique le ministère sur son site Internet.

Pour Éric Besson, ce débat vise à "réaffirmer les valeurs de l'identité nationale". L'opposition dénonce, elle, un coup électoraliste. Afin d'y voir plus clair, FRANCE 24 a interviewé Régis Meyran, chercheur associé au Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture. Il est aussi l’auteur d'un ouvrage intitulé "Le mythe de l’identité nationale"*.

 

FRANCE 24 : Peut-on définir une identité nationale, l’identité française par exemple ?

Régis Meyran : L’identité nationale n’existe pas. Il faut plutôt parler "des" identités à l’intérieur de la nation. En outre, les identités ne sont pas fixes, elles évoluent constamment. L’identité nationale, unique et immuable, est une illusion. La France a depuis toujours été alimentée par les migrations - Gaulois, Romains, barbares, Italiens, Polonais, etc. L'identité nationale est un discours construit, un mythe.
  

Quelles en sont les origines ?

Un mythe est un récit fondateur qui se transmet de génération en génération. En France, l’idée qu’il existe un "pur Français" présentant des traits caractéristiques et une mentalité propre depuis la nuit des temps a commencé à circuler à la fin du XIXe siècle. Elle est liée à l’idéologie de la IIIe République, à celle d'une suprématie du peuple français de laquelle découlerait sa mission civilisatrice dans les colonies de l'Hexagone. À l'époque, on cherchait des caractéristiques physiques et des traits psychologiques communs aux Français. Par exemple, on mesurait les crânes de la population, afin de  montrer qu’il y avait une homogénéité du crâne français.
 

Pourquoi le concept d'identité nationale resurgit-il aujourd’hui ?

Il réapparaît souvent en période de crise économique, et est toujours lié à la question de l’immigration. L’idée qu’il existe un "vrai Français" est forcément dirigée contre l’Autre, elle est opposée à la figure menaçante de l’étranger. La recherche d’un socle commun dans lequel tout le monde peut se reconnaître est un exercice périlleux car on peut facilement tomber dans l’idéologie. Souvent, la réactivation de ce concept a été suivie de flambées de violence et de racisme.

 

Est-ce un concept davantage utilisé par certains partis ?

Il dépasse le cadre des partis. Dans les années 1930 par exemple, même les gens de gauche, anti-racistes et anti-fascistes, se sont engouffrés dans le mythe de l’identité nationale et s’intéressaient à la pureté de la race française. Ce mythe a atteint son apogée avec le régime de Vichy. Après les horreurs de la guerre, il est devenu moins visible, plus diffus, avant de réapparaître au sein des partis d’extrême droite, dans les années 1980. Aujourd'hui, avec la réactivation de ce concept par le gouvernement, on assiste à un changement notable. Il en fait un usage politique, car ce concept parle aux électeurs.
 

*Le mythe de l'identité nationale, Régis Meyran, Berg International, avril 2009.

 

Commentaires (6)

l'identité nationale

Je termine en ce moment-même un ouvrage qui s'intitule "banlieue au pays des merveilles : de l'ethnicisation des problèmes sociaux aux pièges de l'identité nationale". Concernant cette dernière, je soutiens l'idée que l'immigration est encore otage de la communication politicienne du moment et que les discours des partis politiques, au-delà des stratégies qu'ils engagent, relèvent de la représentation qui s'affirme comme vérité absolue. Les représentations se croisent dans un système idéologique global dont il faut aujourd'hui repenser le substrat sur lequel il repose. l'identité nationale est une invention, elle repose comme un patrimoine ré-inventé.

identité nationale

si c'était le seul problème de la France, nous serions tous heureux ; malheureusement trouvez du travail aux Français ; redonnez l'emploi à tous.

L'identité nationale est un mythe

drole ce sujet, cela me rappelle un certain Adolf...qui ne voulait que de vrais ariens......

C'est un problème économique

Régis Meyran est engagé politiquement à gauche et, stupidement, il est donc d’accord pour ouvrir les frontières de notre pays à toute la « misère du monde » Il ignore volontairement le coût de l’immigration. Il déplace le problème économique sur celui du racisme et c’est intellectuellement malhonnête. Comme tous les gens protégés économiquement ( il est fonctionnaire ) il ne veut pas comprendre que la « régularisation » des demandeurs est à la charge du pays. Financer, loger, former, des gens issus de cultures très différentes est très coûteux. Avec la crise économique et le taux de chômage français, il est tout a fait irresponsable d’accepter tous ceux qui veulent entrer. D’ailleurs Régis Meyran, cette belle âme, accepterait-elle d’héberger, un demandeur d’asile congolais ou afghan afin de le nourrir et le former ?
Il me semble que le débat qui va être organisé sur l’identité nationale a pour but de fixer ENFIN les règles pour pouvoir rentrer en France.

Josiane Colette Ely

mes origines biologiques, les origines biologiques de mes parents sont françaises, toutefois je porte un nom adoptif qui n'est pas Français,et mon Grand-Père naturel n'est pas le père biologique de mon géniteur qui aurait préféré ne pas être adopté et continuer à porter le nom de ma Grand-mère Moisset, née Buttoudin,qui a accouchée de mon père au domicile de sa grand-tante Césarine Buttudin, et dont le père est inconnu...pourtant au village, on dit que tout le monde connait le "père" de mon père, qu'il s'est "occupé" de l'enfant jusqu'à 3 mois...après il l'a laissé à ma grand-mère qui l'a laissé à Césarine...Ma grand-mère est allée à Toulon, elle a fait sa vie, un enfant décédée en bas age, une demi-soeur avec une autre inconnu...un concubinage notoire ave un certain prénommée Elie(dont personne dans nos vallées n'a jamais connu le nom, pourtant, il est venu en vacances..quand mon géniteur a eu 14 ans environ, Berthe Moisset ma vraie Grand-mère paternelle s'est mariée légalement avec Pierre Yves Ely, pupille de la Nation, et qui a eu l'idée folle de légitimer les batards de ma grand-mère...Lui, Pierre Ely, Marin de la Marine Nationale, n"a pas fait d'enfant à ma connaissance...il m'a appris à marcher sur les Quais du Port de Toulon, à différencier les eaux de Vittl et d'Evian avant mes 2 ans...il a toujours été gentil avec moi...et ca dérange mes géniteurs que je dise du bien de mon Grand-Père Ely...Je peux continuer la saga familiale longtemps...les 1000 et une sagas..

Maréchal, te revoilà

Cette tentative de débat a des relents de paitinisme rampant. Le dernier discours de Nicolas Sarkozy adressé aux agriculteurs sur le thême de la terre a un goût idéologique de "révolution nationale". Monsieur Besson serait-il le nouveau Marcel Déat au service du petit caporal ?

Marc, de Lyon

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