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FRANCE

Le marathon judiciaire de Pasqua ne s'arrête pas avec l'Angolagate

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 28/10/2009

La condamnation de Charles Pasqua dans l'affaire de l'Angolagate ne marque pas la fin de ces ennuis judiciaires. La Cour de justice de la République doit encore l'entendre dans trois autres dossiers.

Outre l'Angolate, Charles Pasqua traîne trois autres casseroles judiciaires qui remontent à l’époque où il était ministre de l’Intérieur sous Edouard Balladur (1993-1995). La Cour de justice de la République, seule juridiction habilité à statuer sur des infractions commises par des ministres alors qu’ils étaient en fonction, se penchera ainsi sur son implication dans les affaires du siège de GEC-Alsthom Transport, de la Sofremi et du casino d'Annemasse.

La Cour de cassation a définitivement scellé le sort de Charles Pasqua par une décision du 17 juillet 2009 qui rejette les pourvois de l'homme politique dans les trois cas. Charles Pasqua continue de clamer son innocence.

 

- Affaire du siège de GEC-Alsthom Transport : En 1994, la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR) permet le déménagement d’une partie de GEC-Alsthom à Saint-Ouen. Cet agrément donne lieu au versement d’une commission occulte de 5,2 millions de francs (790 000 euros) à un proche de Charles Pasqua, Etienne Leandri, aujourd'hui décédé. A l’époque, la DATAR était dirigée par Pierre-Henri Maillet et supervisée par Charles Pasqua en tant que ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire. Ce dernier est accusé de complicité et recel d'abus de biens sociaux.

 

- Affaire du casino d’Annemasse : En 1994, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua accorde l’exploitation du casino d’Annemasse à Robert Feliciaggi, un homme d’affaires corse. Il s’était vu refusé par trois fois le droit de diriger ce casino car il avait été condamné en 1976 pour détournement de fonds. En 1999, Charles Pasqua, alors candidat à la présidence, reçoit via Marthe Mondolini, dirigeante du PMU du Gabon (PMUG), 7,5 millions de francs (1,143 million d'euros) pour financer sa campagne. Cette dernière est la fille d’un des plus proches associés de Robert Feliciaggi. Un coup de pouce financier qui vaut aujourd’hui à Charles Pasqua de comparaître pour corruption passive.

 

- Affaire de la Sofremi : Entre 1993 et 1995, la Sofremi verse des commissions occultes à plusieurs proches de Charles Pasqua. Cette société de vente de matériel de sécurité arrose notamment deux figures connues de la galaxie Pasqua, Pierre Falcone (15 millions de francs soit plus de 2 millions d'euros ) et Étienne Léandri (21 millions de francs soit  plus de 3 millions d'euros). En outre, la Sofremi dépend directement du ministère de l’Intérieur. Une conjonction de fait qui aboutit à une mise en accusation de Charles Pasqua pour complicité et recel d’abus de bien sociaux.

Première publication : 28/10/2009

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