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Moyen-orient

Accord entre des clans chiites rivaux de la vallée de la Bekaa

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 28/10/2009

Les chefs de clans rivaux de la vallée de la Bekaa ont signé un pacte qui devrait mettre fin aux vendettas sanglantes qui caractérisent cette région où le Hezbollah est très influent.

Un pacte, parrainé par le Hezbollah, a été conclu entre les différents clans qui règnent sur la vallée de la Bekaa, à l’est du Liban. Cet accord devrait mettre fin aux sanglantes vendettas qui opposent, selon une tradition ancestrale, la centaine de clans qui peuplent la région. Ces vengeances ont le plus souvent pour mobile des histoires de femmes, d’alliances compromises ou des mésententes sur les terrains. Mais tout désaccord peut donner lieu à un conflit de grande ampleur.

Moflih Allaw appartient à l’un des clans les plus puissants de la région et a participé à l'élaboration du pacte. "Nos coutumes datent de la période pré-islamique", explique-t-il à l'AFP. "Si un membre d'un clan est tué, quelqu'un du clan rival doit mourir, c'est la tradition", ajoute-t-il.

Le pacte a été élaboré par les chefs de clans au début du mois après qu’une banale dispute entre automobilistes se soit soldée par la mort d'une personne à Hermel, près de la frontière avec la Syrie. Mais cette fois-ci, contrairement à la coutume séculaire, les anciens des clans de confession chiite ont décidé de remettre aux autorités le meurtrier, qui appartenait à un clan rival de celui de la victime.

Trafic de drogue et contrebande

Selon cheikh Jaafar, membre d’un autre clan, "le pacte est un message: désormais personne n'est au-dessus de la loi et les clans ne couvriront plus les criminels".

Boutros Labaki, sociologue, économiste et enseignant à l’université Saint-Joseph à Beyrouth, considère que la portée historique de ce pacte de réconciliation est moins dans le pacte en lui-même que dans le fait qu’il soir parrainé par le Hezbollah. "Le pacte fait partie d'un changement historique qui va affaiblir les tribus", analyse-t-il pour FRANCE 24. Selon lui, la société libanaise "est passée progressivement d’une société tribale à une société communautaire, et ce genre d’accord fait partie du processus".

La région, dont la partie orientale est un fief du Hezbollah, est connue pour être une plaque-tournante du trafic de drogue, de la contrebande et du vol de voitures. Autant d’activités qui profitent notamment à ces clans.

Après avoir longtemps fermé les yeux sur les règlements de compte et les divers trafics dans la région, l’Etat et les partis cherchent aujourd’hui à s’impliquer davantage, notamment en servant de médiateurs dans les conflits.

 

Première publication : 28/10/2009

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