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FRANCE

Critiques et soupçons de favoritisme autour de la campagne de vaccination en France

©

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/10/2009

Alors que le gouvernement français a dépensé plus d'un milliard d'euros pour acquérir 94 millions de vaccins, les médias pointent le double rôle joué par certains experts, financés par l'industrie pharmaceutique.

AFP - Le dispositif gouvernemental contre la grippe H1N1, avec 94 millions de vaccins commandés ferme, essuie des critiques tous azimuts telles que manque de transparence, influence disproportionnée de l'industrie pharmaceutique, mauvaise anticipation dans les hôpitaux.

Cet été, les autorités sanitaires, se souvenant du manque d'anticipation lors de la canicule de 2003, avaient signé des contrats avec des laboratoires pour 94 millions de doses de vaccins.

Des contrats, selon l'hebdomadaire Le Point, signés "dans la plus grande opacité". Avec, comme l'avait indiqué en septembre la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, des écarts de prix conséquents : 6,25 euros la dose chez Sanofi-Pasteur, 7 euros chez GlaxoSmithKline, 9,34 euros chez Novartis et 10 euros chez Baxter -qui utilise la technique de production cellulaire, plus coûteuse.

Saisie par Le Point, la Commission d'accès aux documents administratifs a statué que ces contrats étaient "des documents administratifs soumis au droit d'accès" et que de telles informations "ont vocation à être portées à la connaissance de tous dans le cadre d'une politique de santé publique transparente".

Le ministère de la Santé, assurant avoir mené sur les vaccins "une communication publique, régulière, détaillée et exhaustive", a obtempéré et indiqué que les contrats "seront transmis à toute personne morale en faisant formellement la demande". Venu les chercher jeudi après-midi au ministère, le député PS Gérard Bapt, rapporteur spécial du budget de la Sécurité sociale, est cependant revenu bredouille.

Compte tenu des 10% de doses qui devraient aller aux pays en développement, 84 millions de doses seront disponibles pour les Français. Même s'il faut deux doses (ce qui n'est pas sûr), cela représente un taux de couverture vaccinale de quelque 65%.

"Cette campagne est un gigantesque bide", assurait jeudi le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen, pour qui il est totalement exagéré de vouloir vacciner tout le monde. Il note qu'une mauvaise communication des autorités de santé a développé la "méfiance" et la sous-vaccination des personnels les plus à risque, ce qui est "tout à fait préoccupant" et "dangereux pour la santé publique".

Selon un sondage Ifop de dimanche, seulement 17% des Français envisagent de se faire vacciner.

En a-t-on trop fait ? Jeudi, le Parisien soulignait la manne que représente pour les laboratoires pharmaceutiques cette campagne vaccinale, relevant les "liaisons parfois dangereuses entre les firmes pharmaceutiques et les pouvoirs publics".

Le quotidien citait le Groupe d'expertise et d'information sur la grippe (Geig) dont le Pr Bruno Lina, qui conseille régulièrement le ministère de la Santé, est président du comité scientifique. Or, note le journal, ce groupe est "financé à 100% par les laboratoires producteurs du vaccin contre la grippe", ce qu'a confirmé jeudi un porte-parole de Sanofi-Pasteur à l'AFP.

Une autre critique s'est fait entendre par la voix de Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes, pour qui il y a eu "un problème d'anticipation".

"Il y a une surfréquentation des services d'urgence, on est en pleine épidémie et les hôpitaux ne sont pas prêts, des lits ne sont pas ouverts car il n'y a pas de personnel", a-t-il affirmé.

Selon le Pr Gérard Chéron, de l'hôpital Necker, les vacances scolaires devraient être le vecteur de diffusion de la grippe vers les régions.

"Le vaccin, c'est la seule façon de se prémunir contre la grippe", souligne-t-il. Pour lui, "nous n'en sommes qu'à la première vague, une deuxième vague suivra, courant 2010".

Première publication : 30/10/2009

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