Dernière modification : 02/11/2009 

- Espagne - ONU - Réchauffement climatique


Ouverture du dernier sommet préparatoire à la conférence de Copenhague

Ouverture du dernier sommet préparatoire à la conférence de Copenhague

Quelque 4 000 délégués de 175 pays sont réunis à Barcelone pour préparer la conférence de l'ONU sur le climat. Objectif : surmonter leurs différends pour parvenir à un accord au Danemark, le mois prochain.

Par Dépêche (texte)
 

REUTERS - Le temps presse pour tenter de sortir de l'impasse avant la conférence internationale sur le climat de Copenhague en décembre, ont prévenu lundi les Nations unies et le Danemark à l'occasion du dernier sommet préparatoire réunissant 175 pays à Barcelone.

Les quelque 4.000 délégués rassemblés jusqu'à vendredi tenteront de surmonter les différends sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et le financement de l'aide aux pays les plus pauvres, qui divisent pays riches d'une part, pays émergents et en développement d'autre part.

"Le compte à rebours est presque terminé", a déclaré Yvo de Boer, directeur de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, en ouverture de la réunion de Barcelone.

Bien que les pourparlers s'annoncent difficiles lors de cette ultime session avant la conférence de Copenhague (7 au 18 décembre), Yvo de Boer a dit sentir un "immense désir" de réussite.

Le ministre danois de l'Energie et du Climat, Connie Hedegaard, a elle aussi exhorté les délégués à trouver un accord sans attendre.

"Certains demandent: 'Pourquoi Copenhague? Pourquoi ne pas attendre?' Je réponds: parce que le monde ne peut pas attendre plus longtemps", a-t-elle déclaré. "Je sais que parvenir à un accord maintenant n'est pas chose aisée. Mais pensez-vous que cela sera plus facile (...) l'an prochain ou l'année d'après?"

"Nous ne réglerons pas tous les détails à Copenhague. Mais Copenhague doit déboucher sur une réponse cohérente, ambitieuse, immédiate pour le court et le long terme au défi (du réchauffement climatique). L'échec est la seule chose que l'on ne peut pas se permettre", a-t-elle ajouté.

La crise financière qui a éclaté l'année dernière a détourné l'attention des gouvernements de cette question si bien que l'Onu et de nombreux pays jugent désormais impossible de parvenir à un traité contraignant dans la capitale danoise, où doit être défini l'accord succédant au protocole de Kyoto, lequel expire en 2012.

 

MANIFESTATION À BARCELONE
Yvo de Boer juge toutefois possible de parvenir à un accord politique qui doit, selon lui, porter sur quatre points: les objectifs de réduction des émissions de GES des pays riches, des actes des pays émergents pour limiter leurs pollutions, de nouvelles aides financières et techniques pour les plus pauvres et un système de supervision du financement de la lutte.

Une avancée a été observée vendredi avec l'annonce d'un accord au sein de l'Union européenne sur les efforts financiers à consentir pour aider les pays émergents, qui auront besoin, selon l'UE, de 100 milliards d'euros par an d'ici 2020 pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique.

De son côté, la France a mis sur pied un plan "justice-climat" visant à proposer un programme d'aide massive aux pays les moins développés et un front commun entre ces pays et l'UE (pour plus de détails [ID:nL1164670]).

Tous les participants s'accordent à dire que les discussions n'ont pas assez progressé depuis leur ouverture en 2007, date à laquelle le Groupe d'experts intergouvernementaux sur le climat (Giec) a défini l'année 2015 comme date butoir de hausse des GES pour éviter les pires scénarios pour la planète.

Devant le centre de conférence de Barcelone, des manifestants ont aligné des centaines de réveils, symbolisant le temps qui presse avant la signature d'un accord international.

"Nous appelons les délégués à mettre fin aux rumeurs selon lesquelles l'accord pourrait être repoussé", a déclaré Kim Carstensen, responsable climat du Fonds mondial pour la protection de la nature (WWF).

"Après tous ces mois de négociations, nous ne pouvons pas sortir et dire que tout cela n'était que des discussions informelles", a-t-il ajouté.

Dans le sillage de Pékin et New Delhi, les pays émergents et en développement souhaitent, eux, que les plus riches réduisent leurs GES de 40% d'ici 2020 par rapport à l'année de référence 1990.

Les propositions de grands pays industriels équivalent pour l'heure à une réduction de 11% à 15%. Ces derniers demandent en outre aux principales économies émergentes de limiter leurs émissions. La Chine et l'Inde sont, aux côtés de la Russie et des Etats-Unis, les plus gros émetteurs de carbone au monde.

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