REUTERS - La Chambre américaine des représentants a voté samedi à une courte majorité en faveur de la réforme du système de santé voulue par Barack Obama, qui s'est dit convaincu de son adoption au Sénat.
Le texte a été approuvé par 220 voix contre 215. Ce résultat constitue un succès politique majeur pour le président des Etats-Unis, qui a fait de cette réforme l'un des grands objectifs de son mandat.
Une majorité de 218 voix était requise pour valider le projet, qui propose un bouleversement sans précédent pour la couverture médicale aux Etats-Unis depuis l'introduction du programme Medicare en faveur des personnes âgées en 1965.
La bataille parlementaire va désormais se poursuivre au Sénat qui débat de sa propre version du texte.
Les négociations sont menées par le chef de la majorité démocrate Harry Reid, qui s'efforce de trouver un compromis pour recueillir les voix de 60 sénateurs et éviter ainsi les manoeuvres d'obstruction des républicains.
Les textes des deux chambres du Congrès devront ensuite faire l'objet d'un compromis avant un nouveau vote et la promulgation par Barack Obama.
Joe Liberman, sénateur sans étiquette qui vote d'ordinaire avec les démocrates, a rappelé qu'il se prononcerait contre le projet si l'"option publique", une couverture maladie concurrente des offres privées, était maintenue.
"Le projet de loi de la Chambre est mort en arrivant au Sénat", a quant à lui affirmé son collègue républicain Lindsey Graham, jugeant le texte "écrit par la gauche pour la gauche". Sarah Palin, colistière de John McCain à la présidentielle de 2008, a par ailleurs promis des représailles aux élus qui voteront pour.
Le président, qui s'est rendu en personne au Capitole pour exhorter les représentants à "se montrer à la hauteur" de l'événement, s'est toutefois dit convaincu de son adoption à la chambre haute.
Amendement anti-avortement
"Merci à la Chambre pour ce travail difficile, nous ne sommes plus qu'à deux étapes de l'achèvement de la réforme de l'assurance santé en Amérique", a commenté Obama dans un communiqué écrit après l'adoption du projet par les représentants.
"Le Sénat des Etats-Unis doit maintenant suivre sur cette voie et adopter sa version de la législation. Je suis absolument sûr qu'il le fera."
Le Parti démocrate dispose certes d'une large majorité de 258 représentants, mais une trentaine d'entre eux avaient déclaré publiquement qu'ils voteraient contre.
Au final, 39 démocrates se sont rangés dans l'opposition aux côtés des républicains, alors qu'un élu républicain a voté pour.
Ces démocrates dits modérés s'inquiètent notamment du coût de la réforme, estimée à 1.100 milliards de dollars sur dix ans, et de son impact potentiel sur les déficits budgétaires.
L'avortement était aussi au centre du débat qui agite les rangs démocrates. Dans la nuit de vendredi à samedi, des discussions se sont déroulées à ce sujet dans le bureau de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et ont abouti à un compromis permettant aux parlementaires inquiets, qui menaçaient de rejeter le projet de loi, de défendre un amendement restreignant l'usage de fonds fédéraux à des fins d'IVG.
L'amendement a été adopté par 240 voix contre 194, des républicains s'étant joints aux démocrates anti-avortement.
La contre-proposition de réforme de la santé présentée par les républicains, d'ampleur bien plus limitée que le plan démocrate, a été rejetée par 258 voix contre 176.
En s'attaquant à ce chantier, que Bill Clinton avait ouvert au début de son premier mandat en 1993 avant de devoir jeter l'éponge, Barack Obama entend réduire les coûts de la santé, qui ont représenté 16% du PIB en 2007, un taux sans équivalent parmi les pays de l'OCDE.
Il veut aussi étendre l'assurance maladie à ceux qui en sont actuellement privés et modifier les pratiques des compagnies d'assurance en leur interdisant notamment de refuser de couvrir des personnes à risque.
















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