AFP - Nidal Malik Hasan, le militaire musulman soupçonné d'avoir ouvert le feu à Fort Hood (Texas, sud) tuant 13 personnes, a agi seul et ne faisait pas partie d'un groupe terroriste, selon les enquêteurs, qui n'écartent toutefois pas la piste de l'attentat suicide.
"Tous les éléments jusqu'à maintenant montrent que le suspect semble avoir agi seul", a déclaré sur place samedi soir le porte-parole de l'équipe d'enquêteurs de l'armée, Chris Grey. L'information a été confirmée sous couvert d'anonymat dans le New York Times dimanche par les enquêteurs, selon lesquels le psychiatre militaire a agi de son propre chef et sans complicité.
Mais, ont-ils assuré au quotidien, la possibilité que ce psychiatre de l'armée de terre de 39 ans qui devait être prochainement déployé en Afghanistan, apparemment contre son gré, ait voulu perpétrer un attentat suicide n'est pas exclue pour autant.
L'analyse poussée de son ordinateur aurait en effet attesté le fait qu'il avait consulté des sites internet se réclamant de la mouvance islamiste et qu'il avait échangé des courriels avec des personnes appartenant à cette mouvance, selon le journal.
Les enquêteurs n'ont cependant pas confirmé que l'homme se soit lancé dans la rédaction de brûlots encensant les attentats-suicide qu'il entendait mettre en ligne.
Dimanche, le chef d'état major de l'armée de terre américaine, le général George Casey, a prévenu qu'il ne fallait "pas tirer des conclusions hâtives fondées sur des bribes d'informations", citant les différentes hypothèses qui circulent dans les médias sur les mobiles de la tuerie.
"Nous encourageons les soldats et les responsables qui pourraient savoir quelque chose sur lui à fournir ces informations aux enquêteurs", a-t-il déclaré sur CNN.
Le service d'enquêtes criminelles de l'armée a par ailleurs diffusé dimanche un message appelant les civils et les militaires qui étaient présents sur les lieux du drame à lui remettre tout "élément matériel qui pourrait être utilisé" pour parfaire l'enquête balistique et l'analyse de la scène.
Le commandant Hasan était dans un état stationnaire, sans l'aide d'un respirateur artificiel depuis samedi, mais les enquêteurs n'ont pas précisé quand ils allaient l'interroger ou s'ils l'avaient déjà fait.
Plusieurs offices religieux étaient organisés dimanche à Fort Hood. Un des aumôniers chargés d'en animer un, le colonel Frank Jackson, a rencontré le commandant Hasan il y a deux mois.
"Je lui ai demandé si je pouvais faire quelque chose pour la communauté musulmane, il m'a répondu que tout allait très bien", a-t-il assuré à l'AFP.
Plusieurs témoignages rapportent que l'homme était ouvertement contre les guerres en Irak et en Afghanistan. Il venait, selon sa famille aux Etats-Unis, d'apprendre son prochain déploiement sur le terrain et se sentait harcelé par ses collègues en raison de ses origines palestiniennes.
En tirant jeudi à plus de cent reprises avec l'aide de deux armes de poing, il a, selon des témoins, crié "Allah Akbar" ("Dieu est grand", en arabe).
Mardi, le président américain Barack Obama doit se rendre à Fort Hood pour assister à une cérémonie en hommage aux treize morts, dix hommes et trois femmes, dont une future maman de 21 ans, Francheska Velez, et un jeune homme de 19 ans Aaron Nemelka.
Sur les 28 personnes qui ont été blessées, 17 étaient toujours en outre hospitalisés samedi soir, selon le colonel John Rossi, vice-commandant de la base.















