11 novembre 2009 - 18H35  

Renforts en Afghanistan: Obama passe quatre stratégies à la loupe
Le président américain Barack Obama entre ce mercredi dans une phase cruciale avant de décider d'envoyer ou pas des dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan, en examinant pour la première fois quatre options précises avec son conseil de guerre.
Le président américain Barack Obama entre ce mercredi dans une phase cruciale avant de décider d'envoyer ou pas des dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan, en examinant pour la première fois quatre options précises avec son conseil de guerre.

AFP - Le président américain Barack Obama entre ce mercredi dans une phase cruciale avant de décider d'envoyer ou pas des dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan, en examinant pour la première fois quatre options précises avec son conseil de guerre.

Il faudra encore attendre des semaines avant que M. Obama ne prenne l'une des décisions les plus importantes de sa présidence, dit son porte-parole Robert Gibbs. M. Obama s'envole jeudi pour une tournée d'une semaine en Asie.

Mais il aura devant soi quatre hypothèses quand il réunira son vice-président et ses principaux ministres, généraux et conseillers à 14H30 (19H30 GMT), et pour environ deux heures selon la présidence, dans la salle ultra-sophistiquée de gestion des crises sous la Maison Blanche.

Selon le New York Times, l'une d'elles accède à la recommandation du commandant américain sur le terrain, le général Stanley McChrystal. Celui-ci demanderait environ 40.000 soldats en plus des 68.000 déjà déployés. Une autre préconise 30.000 soldats supplémentaires, une autre encore entre 20 et 25.000, dit le journal. Une quatrième, non chiffrée, aurait vu le jour récemment.

Des personnages aussi influents que le secrétaire à la Défense Robert Gates mais aussi la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et le chef d'état-major, l'amiral Michael Mullen, sont d'accord pour l'envoi de 30.000 hommes ou plus, rapporte le journal.

Un responsable de la Maison Blanche s'est contenté de répéter que M. Obama n'avait toujours pas tranché, malgré la prolifération des informations sur ses préférences.

Jusqu'alors, la Maison Blanche a seulement signifié qu'une réduction des effectifs ne faisait pas partie des scénarios envisageables. L'idée d'envoyer des renforts paraît s'imposer. La question est de savoir combien.

Des parties prenantes aux consultations comme le vice-président Joe Biden passent pour réticents à des renforts.

L'opposition va grandissant chez les Américains à une guerre que leur président juge nécessaire mais qui a déjà coûté la vie de plus de 800 soldats américains. Non seulement la guerre n'offre aucune perspective de sortie après plus de huit ans, mais elle s'intensifie, et octobre a été le mois le plus meurtrier depuis 2001 pour les Américains en Afghanistan.

Selon un sondage pour la chaîne CNN, 56% des Américains sont contre l'envoi de renforts. Paradoxalement, 52% pensent que M. Obama doit suivre l'avis de ses généraux, peut-être parce que beaucoup ignorent les recommandations du commandant américain en Afghanistan.

La décision de M. Obama a été compliquée par la fraude qui a entaché la réélection du président afghan Hamid Karzaï et la crainte, chez les Américains, d'engager davantage de soldats auprès d'un gouvernement qui ne serait pas digne de confiance.

M. Obama a dit lundi à la chaîne ABC qu'il s'assurerait que l'Afghanistan a un "gouvernement qui fonctionne" et combat la corruption, et que le voisin pakistanais est un partenaire "efficace".

M. Obama a dit qu'il gardait à l'esprit le coût humain de la guerre. Mais, "au bout du compte, quand je prendrai ma décision, elle sera fondée sur une vision globale de la sécurité nationale américaine", a-t-il dit.

Cependant, pour les Etats-Unis, "un protectorat permanent en Afghanistan (...) serait, je crois, intenable", a-t-il dit.

Le conseil de guerre de mercredi, jour où les Américains honorent leurs anciens combattants, sera le huitième réuni par M. Obama depuis août.

Un responsable de l'administration n'a pas écarté la possibilité que ce soit le dernier. Mais il n'a pas exclu non plus qu'il y en ait d'autres.

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