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Planète

France et Brésil font cause commune en vue de la conférence de Copenhague

Vidéo par Damien COQUET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/11/2009

À un mois de la conférence pour le climat de Copenhague, la France et le Brésil ont adopté un texte commun, qualifié de "bible climatique". Il a été dévoilé à l'issue d'un entretien entre Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva.

AFP - A un mois de la conférence de Copenhague, la France et le Brésil ont engagé samedi une course contre la montre pour tenter d'arracher un accord "ambitieux" sur le climat en présentant un texte commun que leurs deux présidents veulent "vendre" au reste du monde.

Dévoilé à l'issue d'un entretien d'une heure entre Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva, ce document, qualifié de "bible climatique" par le chef de l'Etat brésilien, détaille les grandes lignes minimales de l'accord qu'ils souhaitent à Copenhague, sans entrer dans les détails, notamment chiffrés, sur lesquels renâclent notamment les Etats-Unis et la Chine.

Les deux pays ne rappellent que l'objectif final d'une "réduction mondiale d'au moins 50% d'ici à 2050 par rapport à 1990" des réductions des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais avec, pour les pays développés, des "objectifs ambitieux de réduction à moyen terme".

Les pays en développement doivent eux "contribuer activement à l'effort mondial par une déviation substantielle de leurs émissions par rapport au scénario +business as usual+", mais "dans un cadre juste, global et robuste pour l'adaptation" qui doit inclure "un soutien financier nouveau et substantiel" pour les plus pauvres.

Paris et Brasilia s'accordent enfin sur la création d'une Organisation mondiale de l'environnement, qui pourrait être mise en place dès 2012.

"Nous rendons public aujourd'hui un texte brésilien-français parce que le Brésil et la France nous voulons que Copenhague soit un succès (...) nous n'accepterons pas un accord au rabais", a menacé samedi Nicolas Sarkozy.

"C'est un document historique (...) j'espère qu'il pourra servir de paradigme pour encadrer les discussions que les chefs d'Etat et de gouvernement devront avoir à Copenhague", a renchéri Lula.

Pour y parvenir, les deux chefs d'Etat ont annoncé qu'ils allaient sans tarder multiplier les contacts pour tenter de rallier un maximum de partenaires autour de leur texte. "Désormais, avec le président Lula, nous allons tout faire pour rassembler le plus grand nombre", a promis Nicolas Sarkozy.

Le président français a détaillé un programme de contacts et de visites qui débutera jeudi soir à Bruxelles, avant le sommet européen qui doit attribuer les nouveaux postes européens prévus par le traité de Lisbonne, par un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.

Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait le 26 novembre à Manaus (Brésil), où doivent se réunir dix pays amazoniens, puis au sommet des pays du Commonwealth prévu les 27 et 28 novembre à Trinidad et Tobago, auquel participeront la Grande-Bretagne, l'Inde, le Canada ou l'Australie, et enfin en Afrique, sans autre précision.

Le président Lula a pour sa part indiqué qu'il téléphonerait, probablement lundi, au président américain Barack Obama, qu'il a clairement présenté avec son homologue chinois Hu Jintao comme les principaux freins aux discussions. Les deux dirigeants doivent se rencontrer mardi à Pékin.

"Il ne faut pas permettre à Obama et Hu Jintao de célébrer un accord qui prenne pour base les seules réalités économiques de leurs deux pays", a-t-il lancé, fustigeant un "G2 aux intérêts très particuliers". "Il faut qu'Obama et la Chine aient un peu plus d'audace", a-t-il insisté.

"Il faut prendre des engagements politiques contraignants, précis", a souligné Nicolas Sarkozy, "on se bat pour que le monde soit à la hauteur de sa responsabilité historique". "Nous n'exigeons pas l'impossible, nous voulons faire seulement ce qui est raisonnable", a pour sa part conclu Lula.

Première publication : 14/11/2009

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