16 novembre 2009 - 04H05  
- Barack Obama - Chine - Hu Jintao

À Shanghaï, Barack Obama défend les "droits universels" devant des étudiants
Dans le cadre de sa première visite officielle en Chine, le président américain a défendu la liberté d'expression, de culte et d'information devant un parterre d'étudiants triés sur le volet. Il doit rencontrer ensuite son homologue, Hu Jintao.
Par Dépêche (texte)
Sonia DRIDI (vidéo)
 

AFP - Le président américain Barack Obama a prôné lundi à Shanghai la liberté d'expression, de culte et d'information, y compris sur l'internet, avant de rejoindre Pékin pour des entretiens politiques, lors de sa première visite en Chine.

Lundi matin, dans la capitale économique et financière, M. Obama a d'emblée évoqué les droits de l'homme, en réponse à des questions d'étudiants triés sur le volet ou à celles d'internautes.

Un format tranchant avec le protocole chinois et une formule inédite pour un chef d'Etat étranger, même si l'intervention de M. Obama n'a pas été retransmise par la télévision nationale CCTV -- seulement par celle de Shanghai.

"Les libertés d'expression et de culte, d'accès à l'information et de participation politique, sont, nous le pensons, des droits universels", a dit M. Obama.

"La Chine et les États-Unis n'ont pas à être des adversaires", a déclaré Barack Obama lors d'un dialogue avec des étudiants de Shanghaï triés sur le volet. Le président américain a également salué l'apaisement des relations entre la Chine et Taïwan : "Mon administration soutient pleinement la politique d'une seule Chine."(AFP)
Lors de sa première visite en Asie en tant que chef d'État, Barack Obama a également répondu à nombre d’internautes. L’occasion pour lui d'aborder la censure sur Internet. "J'ai toujours été un fervent partisan d'Internet. Je suis un partisan farouche de l'absence de censure, a expliqué Obama. Je pense que plus les flux d'information sont libres, plus une société se fortifie."(DR)
Son discours n'a cependant pas été retransmis à la télévision nationale, contrairement à ceux de ses prédécesseurs. Seule la télévision de Shanghaï a proposé de voir son allocution avec un léger décalage. L'agence officielle Chine Nouvelle propose un compte-rendu écrit sur son site Internet.(AFP)
Barack Obama est accompagné de sa secrétaire d'État, Hillary Clinton. Elle a insisté pour que les États-Unis soient présents à l'Exposition universelle prévue à Shanghaï en 2010, pour "renforcer la coopération et le partenariat entre les peuples américain et chinois".(AFP)
L'Obamania a gagné la Chine. Les sacs et les T-shirts "Obamao" (superposition de Mao Zedong et de Barack Obama) se vendent comme des petits pains. Plus de 140 000 Chinois ont acheté l'un des livres du président des États-Unis, "L'audace de l'espoir".(DR)
Obama, cette fois en cire. Le mannequin, exposé au musée Madame Thussauds à Shanghaï, est l'attraction du moment.(AFP)
À Shanghaï, la sécurité était très stricte, ce lundi, et le quartier de l'hôtel du président Obama a été bouclé. Arrivé à Pékin dans la matinée, Barack Obama doit assister à une cérémonie d'accueil puis doit s'entretenir avec son homologue Hu Jintao.(DR)
    "Ils devraient être accessibles à tous, y compris aux minorités ethniques et religieuses, que ce soit aux Etats-Unis, en Chine, ou ailleurs", a-t-il ajouté, prenant soin toutefois de ne pas trop heurter ses hôtes en ne mentionnant ni le Tibet ni le Xinjiang, régions secouées par des émeutes sanglantes en 2008 et en juillet dernier.

    Le journal du soir de CCTV a seulement rendu compte de l'arrivée d'Obama à Pékin, presque à la fin de son édition, sans évoquer la réunion de Shanghai.

    Le site internet de l'agence officielle Chine Nouvelle s'est contenté d'un compte-rendu écrit, mais n'a apparemment pas été censuré, ce qui n'a pas été le cas de tous les portails chinois.

    A Shanghai, le président américain a d'ailleurs plaidé pour un internet libre, alors que la Chine maintient une vigilance extrême sur la Toile, censurant Facebook ou Twitter.

    "J'ai toujours été un partisan fervent de l'internet. Je suis un partisan farouche de l'absence de censure", a-t-il expliqué, répondant à une question d'un internaute.

    Arrivé tard dimanche à Shanghai -- vitrine de la fabuleuse croissance économique chinoise -- pour une visite jusqu'à mercredi en Chine dans le cadre d'une tournée asiatique, M. Obama a également rendu hommage à ce pays "majestueux".

    La "Chine et les Etats-Unis n'ont pas à être des adversaires", a-t-il ajouté, expliquant que des bonnes relations bilatérales pourraient apporter la "prospérité et la paix dans le monde".

    M. Obama avait déjà insisté samedi sur le fait que Washington était non pas le rival

    mais le partenaire d'une Chine à la puissance de plus en plus affirmée.

    Avant sa visite, certains observateurs ou organisations avaient redouté qu'il ne sacrifie la défense des droits de l'homme sur l'autel des grands dossiers comme le réchauffement climatique ou la lutte contre la crise économique, pour lesquels les deux puissances sont de plus en plus interdépendantes.

    La visite d'Etat du président américain est entourée de mesures de sécurité drastiques et le quartier du centre de Pékin où il doit passer deux nuits a été hermétiquement bouclé. Dès son arrivée, la circulation y était paralysée.

    Mais de nombreux Pékinois ne désespéraient pas d'apercevoir Barack Obama, qui jouit en Chine d'une forte popularité, surtout parmi la jeunesse.

    Son voyage en Chine est perçu comme le point fort de sa tournée d'une semaine qui l'aura conduit de Tokyo à Singapour (sommet du Forum Asie-Pacifique), Shanghai, Pékin, avant Séoul.

    Dans la soirée, Barack Obama est allé retrouver son homologue Hu Jintao, pour un dîner.

    Il était accompagné des membres de son administration, comme la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, le secrétaire au Commerce Gary Locke ou celui à l'Energie Steven Chu.

    Ses discussions à Pékin devraient porter sur des grands dossiers complexes et parfois de contentieux: climat avant la conférence de Copenhague, différends commerciaux, niveau du yuan, prolifération nucléaire en Corée du Nord et Iran, droits de l'Homme.
     

    Commentaires (1)

    Une honte

    Que le Président Américain se mette à genoux en acceptant que son discours passe à la télé de Shanghaï au lieu d'une chaîne nationale passe encore, mais qu'il ait accepté que la chaîne de Shanghaï diffuse son discours en différé de quelques secondes au cas où il aurait fallu le censurer, ça fait pitié. Pourquoi avez vous "oublié" de le dire ? La Chine serait-elle propriétaire de France 24 ?!!!

    Réagir à cet article

    To prevent automated spam submissions leave this field empty.

    Sur le même sujet

    FRANCE - l'actualité française relatant les faits marquants de la politique, l'économie, et la société en France
    RÉGIONALES
    Un sondage donne Georges Frêche largement vainqueur en Languedoc-Roussillon
    Malgré la liste officiellement investie par le PS pour "tourner la page Georges Frêche", un sondage paru dans la presse locale place le président sortant de Languedoc-Roussillon en tête dans tous les cas de figure, le 14 comme le 21 mars.
    Fermer