URGENT
Facebook
Partager :
Souscrire :
Twitter
Partager :
Souscrire :
Dernière modification : 19/11/2009 

- France - Justice - Total


La justice met Total hors de cause et relaxe la société propriétaire du site

Au procès AZF, la justice a mis hors de cause le groupe Total et son ex-PDG Thierry Desmarets et a relaxé la société Grande Paroisse - à laquelle appartenait le site - ainsi que son directeur. La catastrophe avait coûté la vie à 31 personnes.

Par Karim YAHIAOUI / Pierrick LEURENT (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

Coup de théâtre au procès AZF. Le Tribunal correctionnel de Toulouse a relaxé la société "Grande Paroisse", à laquelle appartenait l’usine AZF, ainsi que son ancien directeur, Serge Biechelin. On est bien loin des réquisitions du procureur, qui avait demandé, à la fin du mois de juin, des "peines maximales" : c'est-à-dire trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende à l’encontre de Serge Biechelin et une amende de 225 000 euros pour Grande Paroisse. À présent, le parquet dispose de dix jours pour faire appel.

La justice a relaxé les prévenus au bénéfice du doute. Le tribunal estime en effet qu'il est impossible de conclure avec certitude que l'explosion du 21 septembre 2001, à l’origine de 31 morts et de milliers de blessés, soit imputable au problème de stockage relevé par l'enquête. Pour rappel, l’explosion avait occasionné quelque 20 000 dommages corporels et des dégâts matériels estimés à 4 milliards d’euros. La société Total a déjà versé 2 milliards d'euros d'indemnités.

Christophe Bockman, correspondant de France 24 à Toulouse, rapporte que le juge a indiqué : "Il y a de nombreuses preuves de négligence, mais personne ne peut être clairement désigné comme responsable, et donc condamné. Je comprends que ce verdict provoque la colère des familles de victimes…Ce verdict ne peut satisfaire personne en réalité."

Le site Internet du quotidien régional La Dépêche indique : "La décision a été accueillie par des applaudissements du côté des anciens salariés, proche de la défense. "C'est honteux", ont estimé des parties civiles."

Le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen regrette l'absence d'un "signal qui aurait permis au Toulousains de dire que cette catastrophe a un responsable. Ce non-lieu pèsera lourd dans l'atmosphère de la ville", a -t-il ajouté.

Pierre Cohen, maire (PS) de Toulouse : "On avait besoin d'un signal pour cicatriser doucement"
Par Karim YAHIAOUI, correspondant à Toulouse

Quatre ans pour une simulation plausible de l’accident

L’accident industriel était la thèse retenue par l’accusation et la plupart des 3 000 parties civiles, qui s’étaient appuyées sur les conclusions des experts judiciaires. Les expertises attribuent la catastrophe au déversement accidentel de quelques kilos d’un produit chloré (le DCCNa) sur un tas de nitrate d’ammonium (engrais ou explosif industriel).

Les nitrates d’ammonium, entreposés dans le hangar 221 de l’usine, seraient entrés en contact avec le DCCNa en provenance du hangar 335, où sont récupérés et nettoyés les sacs de produits chimiques. Cette erreur est attribuée au salarié d’une entreprise sous-traitante, Gilles Fauré.

Le débat entre scientifiques de l’accusation et de la défense a fait rage, notamment sur la quantité de DCCNa nécessaire pour provoquer une telle explosion. Il aura fallu quatre ans pour réaliser une simulation plausible de l’explosion. Le Tribunal a jugé que les éléments apportés par ces travaux étaient insuffisants pour prononcer une condamnation des prévenus.

Les citations de Total et de son ex-PDG irrecevables

Plus tôt, la justice a mis hors de cause la compagnie Total et son ex-PDG Thierry Desmarest, que les parties civiles considéraient comme les "donneurs d’ordres" auprès d'AZF. Le Tribunal de Toulouse a, cette fois-ci, suivi le ministère public qui avait jugé irrecevable, dès le début du procès, leur citation directe conduisant à leur comparution au procès.

Pendant les six années d'instruction, Total et M. Desmarest n'ont pas été mis en examen. Seuls Serge Biechelin et Grande Paroisse étaient poursuivis à l'ouverture du procès, le 23 février, notamment pour homicides et blessures involontaires.

 

Commentaires (1)

AZF, responsabilités

Certes l'indignation des parties civiles est compréhensible dans un monde où il faut un coupable pour tout. Focaliser sur Total, parce qu'il peut payer, est un peu facile. C'est oublier qu'une installation comme l'usine AZF de Toulouse est, sur le plan de la sécurité, cogérée par l'exploitant, les pouvoirs publics (DRIRE qui inspecte et recommande) et les élus locaux qui gèrent l'espace environnant par le biais des permis de construire. Or l'usine AZF a été construite au début du 20ème siècle à la campagne, justement pour des raisons de sécurité. Qui a rapproché les habitations de l'usine jusqu'à les faire quasiment jouxter la clôture?. Ces messieurs les élus crient d'autant plus fort que c'est aussi leur responsabilité. Toutes les inspections de la DRIRE depuis de nombreuses années n'ont par ailleurs suscité aucune remarque quant à la manière dont la sécurité de l'usine était opérée, alors où est l'erreur?. Le tribunal a pris une décision qui arrange tout le monde en jetant un voile pudique sur ces responsabilités conjointes que personne ne souhaite voir discutées en public. Et on ne parle pas de la piste terroriste soigneusement étouffée sur ordre par les enquêteurs.

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer