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EUROPE

Des milliers d'agriculteurs ont envahi les rues de Madrid pour dénoncer la crise du secteur

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/11/2009

Le revenu des agriculteurs s'est réduit de 26 % entre 2003 et 2008 tandis que les coûts de production progressaient de 34% sur la même période, selon les organisations syndicales qui estiment à 124 000 le nombre de paysans poussés au chômage.

AFP - Des milliers d'agriculteurs et d'éleveurs espagnols ont manifesté samedi à Madrid pour protester contre la crise profonde traversée par leur secteur, menacé de "ruine", selon eux, et réclamer l'aide du gouvernement.
   
Défilant sous le thème "la campagne va à la ruine, mobilise-toi", il ont paralysé le centre de la capitale espagnole, dénonçant les prix trop bas de leurs produits et demandant au gouvernement d'agir rapidement pour soutenir leur activité.
   
"Il faut maintenir les prix. Produire un kilo d'olives me coûte trois fois plus cher que le prix de vente", a affirmé à l'AFP Antonio Sanchez, producteur d'olives en Estrémadure (sud-ouest).
   
Les trois organisations agricoles à l'origine de la manifestation, Asaja, Coag et Upa, dénoncent le manque de "rentabilité" du secteur et affirment que les revenus agricoles réels ont baissé de 26% en Espagne entre 2003 et 2008, tandis que 124.000 emplois étaient perdus.
   
Dans le même temps, les coûts de production ont augmenté de 34%, selon ces organisations, qui dénoncent les pratiques "oligopolistiques" de la chaîne de distribution alimentaires et les prix élevés aux consommateurs.
   
"Le chou-fleur que je vends 30 centimes est revendu 1,5 euro" dans les supermarchés, "il faut partager, c'est une injustice", explique Fernando Ambros Carpi, responsable d'une coopérative de produits maraîchers à Arco de la Frontera (sud).
   
Selon lui, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero "doit faire ce qu'a fait (le président français Nicolas) Sarkozy", qui a annoncé récemment des aides et prêts bonifiés totalisant 1,6 milliard d'euros pour l'agriculture française.
   
Outre des "prix justes" et une "régulation" des marchés, les trois organisations agricoles réclament un plan de "financement" de leur secteur et une fiscalité adaptée.
   
La ministre de l'Agriculture Elena Espinosa a déclaré que Madrid continuerait à faire pression pour le maintien du soutien financier à l'agriculture dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) quand l'Espagne aura la présidence de l'UE au premier semestre 2010.
   
"Nous voulons que l'agriculture et l'élevage continuent à être des secteurs stratégiques pour notre pays", a-t-elle souligné sur la radio publique RNE.
   
L'agriculture représente environ 3% du Produit intérieur brut (PIB) espagnol.

 

Première publication : 21/11/2009

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