AFP - La calotte glaciaire de la partie orientale du continent antarctique n'est plus épargnée par la fonte qui affectait déjà la partie ouest de ce continent, selon une étude parue dimanche dans la revue spécialisée Nature Geoscience.
Les calottes glaciaires retiennent d'énormes quantités d'eau sous forme de glace. La fonte totale de la calotte du Groenland entraînerait une hausse du niveau des mers d'environ 7 mètres, et la disparition de la calotte antarctique une hausse de plus de 70 mètres.
"Nos résultats montrent que la calotte glaciaire de l'ouest du continent antarctique perd de la glace à un rythme accéléré depuis 2005 ou 2006, tandis que l'est du continent donne des signes allant dans le même sens pour cette période", selon l'étude.
"Ces changements sont attribués à un accroissement de la perte de glace dans les régions côtières de l'est du continent antarctique", précisent les auteurs.
Avant de parvenir à ce résultat qui implique une hausse plus forte que prévue du niveau des mers dans un avenir proche, les chercheurs autour de Jianli Chen, de l'Université du Texas à Austin (Etats-Unis), ont analysé sept ans de données transmises par les deux satellites GRACE entre avril 2002 et avril 2009.
Pour l'ouest de l'Antarctique, la perte annuelle est évaluée 132 gigatonnes par an, avec une incertitude de plus ou moins 26 gigatonnes; pour la partie orientale du continent, elle est de moins 57 gigatonnes par an, avec toutefois une forte incertitude de plus ou moins 52 gigatonnes.
Jusqu'à présent, la partie orientale de la calotte antarctique était considérée comme étant à l'équilibre, voire en légère augmentation.
"L'Antarctique pourrait bientôt contribuer significativement davantage à la montée du niveau de mers", affirment les auteurs.
Selon une autre étude publiée la semaine dernière dans Nature, les températures en Antarctique auraient dépassé de 6 degrés les niveaux actuels durant la dernière période interglaciaire, il y a 128.000 ans, soit 3 degrés de plus que ce qu'avaient établi de précédentes estimations.
La fonte partielle des calottes glaciaires avait alors eu pour conséquence un niveau des mers supérieur de 4 à 6 mètres à celui d'aujourd'hui.






