24 novembre 2009 - 20H05  

Belgique: Yves Leterme assuré de redevenir Premier ministre
Onze mois après avoir démissionné, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme est assuré de retrouver mercredi son fauteuil de Premier ministre de Belgique en remplacement de Herman Van Rompuy, malgré les craintes qu'il suscite dans la communauté francophone.
Onze mois après avoir démissionné, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme est assuré de retrouver mercredi son fauteuil de Premier ministre de Belgique en remplacement de Herman Van Rompuy, malgré les craintes qu'il suscite dans la communauté francophone.

AFP - Onze mois après avoir démissionné, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme est assuré de retrouver mercredi son fauteuil de Premier ministre de Belgique en remplacement de Herman Van Rompuy, malgré les craintes qu'il suscite dans la communauté francophone.

"Il a maintenant une deuxième chance. Il a tous les éléments pour prouver qu'il est un bon Premier ministre. J'espère pour lui et pour la Belgique" qu'il va réussir, a déclaré à la chaîne de télévision RTL-TVI , a déclaré M. Van Rompuy, qui part présider le Conseil européen.

Ce dernier devrait présenter sa démission de son poste de Premier ministre au roi Albert II mercredi matin. Il doit partir après avoir été choisi la semaine dernière pour présider, à partir du 1er janvier, le Conseil européen.

Wilfried Martens, un ancien chef de gouvernement de 73 ans qui avait été nommé nommé vendredi pour s'occuper de la période transition, a également confirmé qu'Yves Leterme, dont le nom circule depuis plusieurs jours, retrouverait le fauteuil de Premier ministre mercredi.

Yves Leterme devrait prêter serment vers 10H00, puis l'ensemble de ses ministres --pratiquement la même équipe que celle d'Herman Van Rompuy-- vers 13H00. Il fera ensuite faire une déclaration gouvernementale devant le Parlement autour de 17H00.

M. Leterme, 49 ans, qui appartient au même parti que M. Van Rompuy, a déjà dirigé le gouvernement belge de mars à décembre 2008. Il avait dû démissionner après avoir été accusé de pressions sur la justice dans le cadre du démantèlement de la banque Fortis, mais a été depuis blanchi.

Son retour suscite des inquiétudes dans la communauté francophone car il passe pour être un Flamand plus radical que Van Rompuy concernant les demandes d'autonomie pour sa région néerlandophone.

Ancien ministre-président de la Flandre, il avait remporté les élections de juin 2007 sur un programme réclamant un transfert de nouvelles compétences vers les régions.

Mais il avait mis neuf mois pour former son gouvernement, les partis francophones ne voulant pas s'engager dans une réforme dont ils craignaient qu'elle ne préfigure l'éclatement du pays.

Finalement devenu Premier ministre en mars 2008, Yves Leterme, fort peu diplomate, s'était mis à dos les francophones.

Après sa démission, Herman Van Rompuy avait pris la tête du gouvernement et réussi en quelques mois à ramener de la sérénité en Belgique par son sens aigu du compromis.

Cette performance lui a en grande partie ouvert les portes de l'UE, mais elle a obligé la Belgique à se trouver un nouveau Premier ministre.

Devenu ministre des Affaires étrangères en juillet, Yves Leterme s'est posé en successeur naturel.

Echaudés par son premier mandat, les partis de la majorité, y compris au sein de sa propre formation le CD&V, ont toutefois décidé de l'encadrer cette fois. "Je pense qu'il a mûri", a assuré mardi soir Wilfried Martens, se disant persuadé que sa traversée du désert "lui a été profitable".

Le roi a donc confié mardi à Jean-Luc Dehaene, un autre ancien Premier ministre chrétien-démocrate flamand, qui pour sa part jouit d'un bon niveau de confiance chez les francophones, de préparer une "proposition de fond" pour résoudre les questions "institutionnelles".

La question la plus urgente est celle des droits électoraux et judiciaires spéciaux dont bénéficient les francophones vivant dans la banlieue flamande de Bruxelles, que les partis néerlandophones veulent supprimer.

"Il y a une volonté des deux côtés d'arriver à une solution négociée. Les esprits ont évolué", a encore assuré Wilfried Martens.

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